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LES CONTES MERVEILLEUX DE RAY HARRYHAUSEN, POUR LA 1ÈRE FOIS AU CINÉMA

LES CONTES MERVEILLEUX DE RAY HARRYHAUSEN, POUR LA 1ÈRE FOIS AU CINÉMA

Le 28 novembre 2018, grâce à un partenariat entre Carlotta Films et la Fondation Ray & Diana Harryhausen, les contes et fables de Ray Harryhausen seront visibles au cinéma pour la première fois en France. Découvrez cette oeuvre majeure dans l’histoire de l’animation, réalisée par une légende du 7e Art qui inspirera "Star Wars", "Le Seigneur des Anneaux", "Harry Potter", "Pirates des Caraïbes" et "Avatar".

 

"Il existe des différences notables entre les contes d’origine et les versions de Ray Harryhausen, souvent pour des raisons d’autocensure. Il est possible que dans le contexte très anxiogène du début de la Guerre Froide, l’artiste ait voulu atténuer la noirceur des récits de Charles Perrault et des frères Grimm. Le procédé n’est toutefois pas nouveau: à la fin du XVIIe siècle, Perrault édulcorait certains contes, les versions précédentes étant bien plus violentes, pour ne pas dire sanglantes. Dans la version initiale du Petit Chaperon rouge, le loup dévore une partie de la grand-mère et garde quelques restes pour plus tard. Lorsque la petite-fille arrive dans la chaumière, le loup lui fait manger la chair et boire le sang de son aïeule. Si Perrault laisse l’horreur graphique de côté, il conclut son adaptation de façon impitoyable: après avoir avalé la grand-mère, le loup tend un piège au Petit Chaperon rouge et finit par le manger. Point final. Les frères Grimm sont un peu plus optimistes : après que le loup a mangé la grand-mère et la petite fille, un chasseur vient ouvrir le ventre de la bête pour les sauver. Dans Le Petit Chaperon rouge de Ray Harryhausen, le loup ne dévore plus la grand-mère, mais la chasse de sa propre maison. Cette dernière revient en compagnie d’un chasseur pour porter secours à sa petite-fille sans défense."

 

Textes d’Alexandre Poncet, coréalisateur du Complexe de Frankenstein et producteur de "Ray Harryhausen: Le Titan des effets spéciaux".

LES CONTES MERVEILLEUX DE RAY HARRYHAUSEN, POUR LA 1ÈRE FOIS AU CINÉMA
LES CONTES MERVEILLEUX DE RAY HARRYHAUSEN, POUR LA 1ÈRE FOIS AU CINÉMA

Les contes de Ray Harryhausen sont réalisés en « stop-motion ». La stop-motion est un procédé d’animation « en volume », inventé à la fin du XIXe siècle. Dans un dessin animé classique, il faut réaliser 24 dessins différents pour obtenir une seconde de film. Une seconde de stop-motion se compose quant à elle de 24 photographies successives, mettant en scène des marionnettes ou des objets en trois dimensions. Avant de prendre une nouvelle photographie, l’animateur doit bouger très légèrement son personnage, puis sortir du champ de la caméra. L’enchaînement des images fixes donnera au final l’illusion du mouvement.

Les contes de Harryhausen sont réalisés à l’aide de marionnettes articulées, rappelant les pantins de Guignol (Ray a d’ailleurs fabriqué de nombreux pantins durant sa jeunesse, dans sa chambre). À l’intérieur de chaque marionnette de stop-motion, une armature en acier fait office de squelette. Cette armature comporte de nombreuses articulations, identiques à celles du corps humain: aux poignets, aux genoux, aux hanches, aux épaules, aux coudes, etc. Grâce à ces articulations, Harryhausen peut « poser » ses personnages, et modifier ces poses à chaque nouvelle prise de vue; l’enchaînement des poses donnera l’illusion du mouvement. D’autres types de personnages existent dans le domaine de la stop- motion. Les personnages de Wallace & Gromit ou Shaun le mouton, créés par le studio Aardman au Royaume-Uni, sont par exemple fabriqués en pâte à modeler. Appelée plasticine, cette matière est légèrement différente de la pâte à modeler grand public de type « Play-Doh », mais cette dernière est elle aussi utilisée par de nombreux amateurs de stop-motion. Faire appel à la pâte à modeler ou aux marionnettes « solides » dépend finalement de la volonté de l’animateur et du réalisateur. Chacune de ces approches offre une esthétique particulière, mais aussi des « défauts » bien spécifiques, qui ajoutent au charme de l’ensemble. Par exemple, il est courant d’apercevoir les empreintes digitales des animateurs sur une figurine en plasticine, tandis que la fourrure des personnages moulés en latex a tendance à frétiller à l’écran, révélant les allers et retours de l’animateur entre chaque image.

Un processus de création toujours d'actualité, puisque Guillermo Del Toro l'utilisera pour sa prochaine réalisation, le "Pinocchio" de Netflix.

Courtesy of Carlotta Films

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