Planète Cinéphile

Cette semaine

@ L'AFFICHE, "PADDINGTON"

@ L'AFFICHE, "PADDINGTON"

Qui dit nouvelle semaine, dit nouvelles sorties cinématographiques. Cette semaine à l'affiche, nous retrouvons dans les salles obscures: "Mr. Turner" de Mike Leigh (adoré à Cannes), "La French" de Cédric Jimenez, "White God" de Kornel Mundruczo, "Les Héritiers" de Marie-Castille Mention-Schaar, "God Help The Girl" de Stuart Murdoch, "Retour à Ithaque" de Laurent Cantet, le diptyque documentaire "Les Ascensions De Werner Herzog", la resortie en version restaurée du "Cabinet Du Docteur Caligari" de Robert Wiene ainsi que "Paddington" de Paul King.

 

Critique:

 

"L’Ours Paddington est né en 1958 sous la plume de Michael Bond dans Un Ours nommé Paddington. Le livre a donné naissance à la série L’Ours Paddington, vendue à plus de 35 millions d’exemplaires et traduite dans 40 langues. Les aventures de ce petit ours originaire de la jungle du Pérou, dont les excellentes manières et les bonnes intentions sont souvent à l’origine de situations comiques et chaotiques, ont conquis le cœur des lecteurs du monde entier et sont aujourd’hui considérées comme des classiques de la littérature jeunesse. Il aura fallu plus de 50 ans pour que cet adorable personnage devienne le héros d’un film sur grand écran. S’il est apparu à plusieurs reprises à la télévision – notamment dans une série télévisée britannique à succès de 56 épisodes mélangeant dessins et marionnette animée en image par image diffusée à partir de 1975, conçue et réalisée par Ivor Wood pour FilmFair et narrée par Michael Hordern –, Paddington est le premier long métrage à obtenir l’approbation de Michael Bond."

 

Avant de débuter, il est important d'expliquer dans quel contexte "Paddington" sort en salle ces jours-ci. Si vous ne le savez pas encore, ce mois de Décembre 2014 ne sera pas couronné du traditionnel Disney de Noël qui sort habituellement pour les fêtes de fin d'année (rappelez-vous, "La Reine Des Neiges" l'an dernier). Pourtant, ce long métrage d'animation attendu des studios Disney.Pixar existe bel et bien puisqu'il s'intitule "Les Nouveaux Héros" et qu'il est déjà sorti aux Etats-Unis (7 Novembre), sauf que la date de sortie française a été repoussée au 11 Février prochain ! Du coup, les familles françaises se rabbattent sur ce qu'elles trouvent à l'affiche... "Paddington" cartonne au Royaume-Uni, depuis sa sortie la semaine dernière, autant qu'"Astérix, Le Domaine Des Dieux" rencontre un vrai succès en France. L'une des principales raisons s'expliquant par le fait qu'il s'agit, avant tout, d'adaptations cinématographiques issues d'héros/contes populaires, et par conséquent, à forts potentiels dans leurs pays de création originel. Il est beaucoup moins évident que "Paddington" fonctionne aussi bien en France, et vice versa. Cette situation n'est pas sans rappeler la sortie du premier volet de la franchise "Tintin", adapté par Steven Spielberg, plus célèbre dans la culture francophone qu'anglo-saxonne (le film fut d'ailleurs devancé aux Etats-Unis par "Mission Impossible 4 : Protocole Fantôme" & "Sherlock Holmes 2"). Les box-offices nous le démontreront dans les semaines à venir...

 

Si vous nous suivez régulièrement sur "Planète Cinéphile", vous n'êtes pas sans savoir que "Paddington" ne nous a pas réellement enthousiasmé lors de sa projection presse. Alors il est évident que le film est, dans un premier temps, destiné à un public jeune et que celui-ci sera très certainement satisfait mais objectivement on en ressort plutôt déçus. Alors qu'est-ce qui ne fonctionne pas, selon nous ?

 

Débutons par le scénario qui au fur et à mesure de sa découverte, nous livre ni plus ni moins qu'un assemblage de sketchs. Le film se serait appeler: "Un Ours Dans La Ville" que cela aurait été du pareil au même - il manque une narration des caractéristiques de Paddington. Le fil rouge qui relie tous ces sketchs les uns aux autres n'est ni à la hauteur du protagoniste, ni à la hauteur de l'attachement que le petit ours est censé susciter ("E.T."). À la limite, en sortant de la projection, on se souvient davantage d'une situation, d'une image, que du petit ours alors que le film s'appelle bien... "Paddington". Toujours par rapport au script, certains gags ne fonctionnent pas bien à l'image. Lorsque l'on ne devine pas à l'avance ce qu'il va se passer, ça tappe complètement à côté. Un exemple concret, les plans-inserts avec les pigeons ça passe la première fois, la seconde fois c'est non (en plus, le plan est monté trop 'cut). On reste également sceptique quant aux choix du casting incarnant le film - alchimie de la famille peu éloquente, Nicole Kidman pas dans ce qu'elle sait faire de mieux.

 

La bande originale surprend, mais dans le mauvais sens du terme. Étrange effectivement que cette rythmique jazzy mêlée aux cordes et cuivres d'un orchestre aux tonalités plus classiques qui décrédibilisent les scènes de suspens. Et que dire du "I Feel Good" de James Brown, inattendu par rapport au style de la bande originale et tellement cliché. Wait... Les producteurs viennent de faire appel à Pharrell Williams & Gwen Stefani pour intégrer "Shine" à la BO du film, lors de sa sortie américaine (en Février prochain). No comment.

 

Dernier point, "Paddington" passe complètement à côté de la thématique de Noël (excepté la toute dernière séquence de fin) et c'est plutôt regrettable dans le sens où la magie associée à cette période de fin d'année contribue grandement à l'atmosphère de ce genre de cinéma (essayez "Les Gremlins" en Juin, vous verrez... c'est autre chose). Disons que le film serait sorti en Été que ça ne changeait pas grand chose à l'univers revendiqué - en cela, on peut dire qu'il est intelligemment vendu au jeune public, en le faisant passé pour LE film de Noël, ce qui n'est pas totalement vrai. En découle un réel manque de parti pris.

 

L'unique point positif du film réside dans ses effets spéciaux car il faut reconnaître que l'ours Paddington et sa famille sont très bien recréés en image de synthèse. En particulier, la première partie qui se situe dans la jungle - un savant mélange de malice et de chaleur. Techniquement, il n'y a rien à redire sur ce point et c'est peut-être, finalement, l'unique raison qui justifie son adaptation sur grand écran.

 

Note:  (2-2,5/5)

 

Courtesy of StudioCanal

 

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