Planète Cinéphile

Cette semaine

#DEAUVILLE2015: JOURS 3 & 4 ("EXPERIMENTATION")

#DEAUVILLE2015: JOURS 3 & 4 ("EXPERIMENTATION")
#DEAUVILLE2015: JOURS 3 & 4 ("EXPERIMENTATION")

Chèrs Amoureux du Cinéma,

 

Nous devons vous avouer que la sélection 2015 est très variée; passant du thriller psychologique au film d’horreur, puis à la comédie romantique américaine par excellence, jusqu’au documentaire sur Altman. Il y en a vraiment pour tous les goûts et de quoi satisfaire chacun. Aujourd’hui, nos choix cinématographiques se sont portés sur "Cop Car" de Jon Watts, "Jamais Entre Amis" de Leslye Headland et "Experimenter" de Michael Almereyda. Sans plus attendre, voici ce que nous en avons pensé.

 

"Jamais Entre Amis" réalisé par Leslye Headland nous est apparu comme un vent de fraîcheur après "The Green Inferno". Bien que la salle se vidait à vue d’œil – le public affuté de l’auditorium de Deauville ne comprenait pas pourquoi une comédie à l’eau de rose pouvait être montrée en avant-première d’un Festival célébrant le cinéma indépendant Américain – nous avons tout de même passé un bon moment à regarder Alison Brie et Jason Sudeikis faisant face à leur destin. Évidemment, il ne faut pas s’attendre à du Shakespeare en allant voir ce film. Ceci dit, il n’y a pas de surprise, nous connaissons la fin avant même d’avoir commencé le film mais voilà, la bonne humeur de son duo d’acteurs fait que ce film est agréable à regarder. Cette comédie respecte les règles hollywoodiennes jusqu’à la dernière seconde en passant du rire aux larmes… Juste avant la projection du film, Alison Brie a fait une entrée fracassante dans l’auditorium en clamant que le public français aimerait ce film et qu’elle espérait qu’à la fin le spectateur tomberait amoureux, ou au moins entamerait une belle et folle nuit de débauche. Elle est à l’image de son personnage dans le film, simple, enjouée et naturelle. (Note : 3/5 – après tout il n’y a rien de nouveau !) - Actuellement au cinéma.

 

"Cop Car" de Jon Watts (Kevin Bacon, James Freedson-Jackson, Shea Whigham, Hays Wellford, James Freedson-Jackson). Nous assistons pour la première fois du Festival de Deauville à la projection d’un film en compétition. Sans apporter de grande nouveauté c’est un polar bien mené qui nous tient en haleine jusqu’au clap final. Sans qu’on en connaisse la raison, deux enfants de dix ans sont en fugue dans le fin fond des Etats-Unis. Le shérif cruel et corrompu d’une toute petite ville se met à leur poursuite lorsqu’il découvre que ces derniers lui ont volé sa voiture. Le scénario réaliste fonctionne et réussit le pari de maintenir la tension tout au long du film avec peu de moyens. Dès le début, le réalisateur parvient à poser l’intrigue avec brio en entremêlant les parcours des personnages avec un effet de retour en arrière surprenant. Dans ce huit-clos intimiste, où le manque d’informations, le décor lunaire du désert américain qui renforce l’isolement des personnages sans autre échappatoire, la tension monte crescendo. Le rythme est satisfaisant, entendons par là que les effets dramatiques s’enchaînent correctement, malgré un manque de rebondissements en fin de première partie, voire un léger temps mort au niveau de l’intrigue, plombée par le réalisme et le sens du détail du réalisateur. Le parti pris minimaliste représente à la fois une force et une faiblesse. Malgré des situations parfois absurdes et drôles, la mise en scène n’apporte aucune nouveauté, tout comme les personnages qui sont légèrement stéréotypés. On aurait également souhaité voir une plus grande implication ou une arrivée un peu plus tôt, des personnages secondaires dans le cours de l’histoire. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles, certains enjeux dramatiques resteront sans réponses. Le manque d’engagement fait cruellement défaut au film qui aurait pu avoir un véritable message. Toutefois le réalisateur peut se vanter de pouvoir recréer des situations angoissantes avec peu d’effets spéciaux, des acteurs bien dirigés, et une image solaire. En sondant un peu plus le film on pourrait y voir une satire du port des armes aux Etats-Unis, mais en insistant sur ce thème on risquerait de lui donner une portée qu’il n'atteint malheureusement pas. (Note : 3/5) - Sortie (France): Décembre 2015.

 

"Experimenter" (attention spoiler!), réalisé par Michael Almereyda, nous a surpris. Effectivement, l’action se déroule à l’Université de Yale dans les années 60. Un scientifique, le Dr. Stanley Milgram, interprété par Peter Sarsgaard, conduit une étude montrant le comportement de personnes lambda face à l’autorité et les choses qu’elles sont capables de faire juste parce qu’on leur ordonne de le faire. Plus de 1000 personnes ont été soumises à l’expérience du Dr. Milgram. Il leur était demandé d’administrer des décharges électriques à une tierce personne (celle qui jouait le rôle de l’élève et qui en fait était de mèche avec le Dr. Milgram) à la suite de chaque mauvaise réponse. Sur ces 1000 personnes, toutes ont continué l’expérience jusqu’à atteindre une décharge de 450 volts malgré les hurlements de « l’élève ». Toutes ont continué. Dans notre société actuelle on se pose régulièrement la question de savoir « qu’aurions-nous fait pendant la Seconde Guerre Mondiale ? », on aime à penser qu’on se serait opposé aux Nazis, on veut se convaincre qu’on aurait pris la bonne décision. Mais voilà, ce film et l’expérience conduite par le Dr. Milgram nous prouvent qu’une fois en situation, on fait ce qu’on nous dit de faire, on rentre dans les rangs; peu importe si on est gentil, méchant… À la fin de l’expérience, tout le monde est semblable. Ce film nous pousse à réfléchir sur la nature humaine. Malgré un manque de rythme et une lenteur ressentie tout au long du métrage, nous vous recommandons ce film. (Note : 4/5) - Sortie (France): 18 Novembre 2015.

 

On se retrouve Vendredi pour un ultime point critique, avant le palmarès qui sera dévoilé Samedi soir.

 

Courtesy of Festival du Cinéma Américain Deauville

 

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