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"AU ROYAUME DES SINGES", INTERVIEW DE L'ÉQUIPE DU FILM

"AU ROYAUME DES SINGES", INTERVIEW DE L'ÉQUIPE DU FILM
"AU ROYAUME DES SINGES", INTERVIEW DE L'ÉQUIPE DU FILM
"AU ROYAUME DES SINGES", INTERVIEW DE L'ÉQUIPE DU FILM

A la suite de la projection du film "Au Royaume Des Singes" (voir notre critique), nous avons eu l'honneur d’assister à la Masterclass exceptionnelle du film en compagnie de Mark Linfield, le réalisateur, Claire Keim, la narratrice du film et Emmanuelle Grundmann, primatologue. Mark Linfield, qui avait spécialement fait le déplacement de Bristol en Angleterre, a partagé avec nous ses passions: son amour de la nature et du cinéma.

Comment en êtes-vous arrivé là ?

Mark Linfield: "Tout simplement parce que je pense que le cinéma est une maison naturelle et que j'aime l’idée de faire voyager les gens, leur montrer une nature magnifique qu’ils n’auront peut-être jamais la chance de découvrir par eux-mêmes. Un jour Disney m'a demandé si j'avais une idée pour un nouveau projet. Je savais exactement ce que je devais faire. En 25 ans de carrière, je n’avais jamais vu d’aussi bons personnages que les singes. Tout simplement parce qu’il est facile de se retrouver en eux et qu’ils ne mentent jamais. C’est ce qui en fait la force de ce film. Ils ont chacun une personnalité qui est très reconnaissable."

Pourquoi le Sri Lanka ?

M.L.: "Pour la diversité des lieux: la jungle, la ville, une cité ancienne en plein cœur de la forêt… Ce fut une évidence pour moi. J'avais eu l'occasion d'y voyager et depuis je rêvais d'y retourner."

Comment avez-vous fait pour choisir les singes ?

M.L.: "Avec l’aide de Jane Goodall et Wolfgang Dittus, tous deux célèbres primatologues, nous avons pu choisir nos « héros » parmi la trentaine de tribus qui se trouvent au Sri Lanka. Cette recherche a pris plusieurs mois. Ces scientifiques ont également pu nous guider lors des tournages pour faire en sorte de ne pas manquer les « moments importants et essentiels » de la vie de ces singes. Evidemment, ayant pris des animaux rien ne pouvait être scénarisé, ce qui parfois n’était pas évident et c’est pourquoi nous devions être prêts à agir à tous moments. Pour Maya c'était différent. Filmer une jeune mère relève presque de l’impossible. Elles sont tellement effrayées à l’idée qu’on leur prenne ou tue leur nouveau-né, qu’elles ne se laissent pas approcher facilement. La raison pour laquelle nous en avons été capable est simple: Gavin Thurston,  le directeur de la photographie. Il connaissait Maya depuis sa naissance et elle avait donc une entière confiance en lui ce qui a permis de l’approcher avec son nouveau-né dans les bras. En plus de son lien avec Maya, Thurston est l’un des meilleurs dans son domaine."

"AU ROYAUME DES SINGES", INTERVIEW DE L'ÉQUIPE DU FILM

Comment se définissent les castes parmi les tribus ?

Emmanuelle Grundmann: "Cette question reste l’une des plus posées aujourd'hui. Et bien cela reste flou. En effet, nous avons compris que cela se définissait à la naissance mais l’origine de ce phénomène reste encore inconnue. Ceci dit, les femelles singes mais surtout les femelles babouins sont trompeuses et manipulatrices. Pour sortir de leur rang, elles n’hésitent pas à s’accoupler avec le mâle dominant, mais seulement après s’être accouplées avec celui qu’elles aimaient avant, pour lui faire croire que le nouveau-né à venir était de lui et, par conséquent, monter dans l’échelle sociale et assurer la protection de leurs petits."

A votre avis, pourquoi le choix du narrateur s'est porté sur vous ?

Claire Keim: "A vrai dire, je ne sais pas trop. Peut-être parce que l'héroïne du film est une femelle et que la narratrice Américaine (Tina Fey) est une femme, les producteurs et réalisateurs souhaitaient sûrement une femme pour la France. En plus de cela, je travaille avec La Fondation Nicolas Hulot qui est liée au film. Peut-être que cela a penché en ma faveur."

Comment avez-vous préparé ce film ?

C.K.: "J'avais un trac pas possible. Je n'ai pas eu beaucoup d'information sur le film. Je suis arrivée au studio et en un jour on a enregistré ma voix. J'ai découvert le projet en le faisant. J'ai beaucoup aimé travailler comme ça parce que, du coup, mes réactions étaient vraies et spontanées. Je ne voulais vraiment pas abimer le projet, je voulais être au service des réalisateurs et de l'histoire. En général, j'essaye toujours d’éviter l’anthropomorphisme quand je m’attaque à un rôle mais avec les macaques à toque, c'était impossible de ne pas se projeter. Dans ce cas particulier, il reste utile de se projeter parce qu’il permet directement de se reconnecter avec les singes. C’est un combat pour la vie et pour y être sensible, on se met à leur place et on a peur pour eux."

Courtesy of The Walt Disney Company France

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