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CRITIQUE: "PAN"

CRITIQUE: "PAN"

Synopsis: "Proposant un nouveau regard sur l'origine des personnages légendaires créés par J.M. Barrie, le film s'attache à l'histoire d'un orphelin enlevé au Pays Imaginaire. Là-bas, il vivra une aventure palpitante et bravera maints dangers, tout en découvrant son destin: devenir le héros connu dans le monde entier sous le nom de Peter Pan."

Sortie (France - 3D): 21 Octobre 2015

 

Critique

Projet d'envergure doté d'un budget de 150 Millions de dollars et placé dans notre TOP 50 des films les plus attendus de l'année, "Pan" est la dernière superproduction en date distribuée par Warner Bros. Pictures. Mis en scène par Joe Wright, à qui l'on doit les déjà so british "Orgueil Et Préjugés" (2005) & "Reviens-Moi" (2007), ce long métrage fantastique de 111 minutes est principalement interprété par Levi Miller, Hugh Jackman, Rooney Mara, Garrett Hedlund & Amanda Seyfried.

Bien plus qu'une énième adaptation cinématographique du célèbre roman anglais ("Les Aventures De Peter Pan" de 1953, "Hook Ou La Revanche Du Capitaine Crochet" de 1991 ou même l'adaptation BD de Loisel par Niko Duval), "Pan" est une réinterprétation inédite des origines des personnages légendaires imaginés par l'auteur écossais J.M. Barrie. Même si le personnage a été créé il y a plus d’un siècle, il s'agit ici du Peter Pan de 2015 - comme l'explique le réalisateur - "dont l'histoire est totalement inédite et différente de celle qu’on connaît et qu’on aime. Elle parle des origines de Peter et de la quête de ce jeune héros dans un monde extraordinaire et magnifique où tout est possible". Contrairement aux précédentes adaptations, ce nouveau long métrage part du postulat suivant: "Parfois, pour bien comprendre comment l'histoire se termine, il faut d'abord découvrir comment elle a commencé..."

Au fur et à mesure que l'intrigue progresse, on se rend bien compte que ce "Pan" sort des sentiers battus, en empruntant à de nombreuses références de la littérature anglaise, dont une première partie très Charles Dickens ("Oliver Twist" de Roman Polanski). On pense également à Lewis Carroll ("Les Aventures d'Alice Au Pays Des Merveilles"), Carlo Collodi ("Pinocchio") et Jules Vernes ("L'Île Mystérieuse"). Puis, l'imaginaire s'installant, viennent alors s'ajouter d'autres références davantage cinéphiles: "Mary Poppins", "Indiana Jones", "Superman"... En s'inspirant du conte classique, Joe Wright dit avoir également épousé "son sens de l’étrangeté. Car ce livre est très étrange. Il ne sous-estime pas l’intelligence des enfants, il n’y a pas de 'bons' ni de 'méchants', personne n’est parfait, pas même Peter".

Une construction scénaristique pertinente et une allure originale, pour la première fois en relief, qui repose principalement sur une maîtrise des différents univers, des diverses ambiances traitées dans l'histoire. Au cinéma, cette maîtrise formelle passe par l'ensemble des choix techniques et moyens artistiques mis à disposition pour le film. À commencer par l'excellente composition musicale signée John Powell, avec certains arpèges qui se révèlent être de véritables bouffées d'oxygène; l'ensemble des effets spéciaux et notamment ceux en rapport direct avec la 3D; les créations scéniques de la talentueuse chef décoratrice de Jean-Pierre Jeunet, Aline Bonetto; les formidables maquillages associés au savant mélange ancien/contemporain des costumes de Jacqueline Durran; le tout sous la lumière et photographie de deux chefs opérateurs Seamus McGarvey & John Mathieson (assez rare pour être mentionné). En revanche, on est resté quelque peu perplexe quant à certains choix de casting, mais peut-être que nous n'avons rien à y dire puisque comme nous l'a déjà précisé Cédric Klapisch: "Il aurait fallu pour cela que vous le réalisassiez..." ? Blague à part et outre la controverse raciale qui a explosée autour du choix de Rooney Mara pour interpréter Lily La Tigresse (bêtise), le choix est étrange, inattendu, et quelque chose ne fonctionne pas totalement à notre goût. Entre une interprétation de Rooney Mara et le personnage de Lily La Tigresse, il y a un monde quand même. Quant à la scène avec les sirènes, et ce n'est pas peu dire qu'on l'attendait cette séquence de l'ordre du magique. Et bien, devinez qui sort sa tête de l'eau... Cara Delevingne. Et bien, on a juste envie de dire: Non. En l'espace d'un instant, on a toutes les dernières références, pubs, clips, mode, actu people qui nous reviennent à l'esprit et qui nous font passer de la fiction à la réalité ! Comment ça se passe exactement, elle a un super agent qui essaye de la placer à chaque fois, sur tous les coups ? Ça devient vraiment usant à force, limite facepalm. On craint le pire pour le prochain Luc Besson ("Valérian") et pourtant on attend le projet ciné de pied ferme. Dernier bémol, sur la longeur de l'avant fin, lors du dénouement final sur le Jolly Roger. La dernière partie du film aurait gagné en clarté et dynamisme (montage), s'il avait su être moins bavard et tumultueux.

En nous rendant à la projection privée de "Pan", nous cherchions à comprendre le mauvais score de cette relecture hollywoodienne lors de son démarrage au box-office nord américain (15,5 Millions de dollars le premier week-end de sa sortie), qui reste pourtant incompréhensible et qui n'a fichtrement rien a envier aux précédentes adaptations. On vous encourage à découvrir cette merveilleuse aventure épique en famille, durant ces congés scolaires et avec vos paires de lunettes 3D chaussées sur vos petits nez. Aux rêves !

 

Note:  (3,5/5)

 

 

Courtesy of Warner Bros. France

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