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CRITIQUE: "ANGE ET GABRIELLE"

CRITIQUE: "ANGE ET GABRIELLE"

Synopsis: "Gabrielle élève seule sa fille Claire. À 17 ans celle-ci est enceinte de Simon qui refuse de se voir imposer ce bébé. Gabrielle prend les choses en main et décide de demander de l’aide au père de Simon. Elle débarque donc dans le bureau d’Ange, mais celui-ci, célibataire endurci et grand séducteur, n’a jamais assumé sa paternité et n’a aucune intention de le faire. C’est une première rencontre explosive mais Gabrielle ne manque ni de charme, ni de détermination."

Sortie (France): 11 Novembre 2015

 

Critique

Dans "Ange et Gabrielle" - et c’est déjà là un premier trait d’humour de la réalisatrice - Ange (Patrick Bruel) ne porte pas si bien son nom. Car malgré une belle gueule de séducteur, et sur ce point le casting est idéal, ce vieux célibataire de quarante-six ans empêtré dans sa routine n’est pas un homme parfait. De l’autre côté, Simon (Thomas Soliveres), étudiant à la Sorbonne et âgé de vingt-ans vient de découvrir sa paternité et refuse d’assumer ses responsabilités de futur père. Bien que, Claire, la mère de son enfant à venir, ait seize ans, c’est la plus adulte des deux. Elle décide d'accoucher avant son bac. C'est une battante comme sa mère (Isabelle Carré). Cette dernière met justement tout en oeuvre pour que sa future petite-fille ait deux parents, jusqu’à trouver Ange, le père supposé de Simon pour le convaincre d’aller parler au jeune homme. Cela est plutôt clair, les femmes sont le centre du film d'Anne Giafferi, tandis que les hommes restent en marge de l'intrigue. Elles sont tendres, et ce malgré le fait que leurs comportements ne soient pas toujours en raccord avec la norme. Claire (Alice de Lencquesaing déjà aperçue dans "Polisse") 16 ans, veut avoir un bébé pour simplement pimenter sa vie. Lorsque sa mère lui demande pourquoi elle a choisie de tomber enceinte, elle avoue modestement : “je ne sais pas, parce que je voulais un truc à moi”. Sans tomber dans une litanie de tirades sentimentales sur fond de violons, Anne Giafferi ne cible pas le politiquement correct. De son côté, sa mère, Gabrielle, bien qu'elle soit le stéréotype de la femme divorcée et célibataire depuis longtemps, est plus déterminée à maintenir l'unité de son foyer familial qu'à l'idée de batifoler avec Ange.  Elle l'envoie même balader, et ce dernier voit sa stratégie de séduction échouer lamentablement. La réalisatrice raconte avoir insisté pour qu’Isabelle Carré teinte ses cheveux en brun afin d’ajouter plus de caractère à son personnage. Résultat, sa coiffure bombée au style très "sixities", nous fait irrémédiablement penser à Françoise Dorléac. La manière dont elle filme des femmes déterminées et ambitieuses malgré leurs fragilités, est très appréciable. A un moment de l'histoire, les personnages rencontrent – forcément - quelques embûches. Claire, qui vivait une maternité un bien trop sereine, change d’avis une fois que le bébé arrive, signe déclencheur pour Gabrielle, qui repart à la charge en se servant d’Ange pour forcer Simon à s’investir…. Sauf qu'indépendantes, les femmes ne le sont que dans la première partie car, l'histoire de romance entre les personnages noie légèrement son propos.

CRITIQUE: "ANGE ET GABRIELLE"

On est plongé dans une sorte d'histoire d'amour double : celle d’Ange et Gabrielle dans un premier temps, puis de Claire et Simon, dans un deuxième.  Le rythme est jusque-là tenu et efficace, les gags de situation fonctionnent très bien, mêlant aussi des comiques de répétition. On ressent qu’Anne Giafferi qui a travaillé pendant de nombreuses années pour la télévision en tant que scénariste, maîtrise son sujet. Sauf que pour servir son histoire amoureuse de fond, elle fait l’erreur de vouloir à tout prix, faire rentrer ses personnages dans le rang tandis que dès le début elle allait à l’encontre d’une idée pré-établie: la famille parfaite existe. Ce qui n’est pas forcément le cas, puisque les évolutions sociologiques contemporaines dont l'indépendance des femmes, ont remodelé l’institution "couple".

CRITIQUE: "ANGE ET GABRIELLE"

Avec le parti pris de vouloir rester sur le créneau d'un film de famille pour les fêtes de fin d’année, on resent très nettement qu’à partir de la deuxième partie, le film commence une course contre la montre pour terminer son intrigue dans les règles classiques du “happy end” et obéir à une morale bien pensante. Bâclant certaines résolutions dramatiques dans les dernières minutes, la réalisatrice a même reccourt au "système D" de la transition (un simple flash permettant parfois de passer certaines périodes sous ellipse). On aurait aimé une fin un peu moins troublante de bons sentiments, avec un dénouement moins raccourci. Dommage.

 

Note:  (4/5)

 

Courtesy of UGC Distribution

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