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CRITIQUE: "EARLY WINTER"

CRITIQUE: "EARLY WINTER"

Synopsis: "David, 40 ans, sa femme Maya, d'origine russe, et leurs deux enfants semblent mener une vie tranquille dans une petite ville au Canada. Afin de combler matériellement son épouse, David travaille jour et nuit comme homme à tout faire dans une maison de retraite. Quand David soupçonne Maya de le tromper, c’est toute son existence qui vacille. Le passé refait surface et menace de tout emporter sur son passage..."

Sortie (France): 6 Janvier 2015

 

Critique

Le réalisateur et scénariste australien frappe encore plus les esprits car il s'agit de son premier film en anglais, lui qui avait fait du Mexique son pays d’adoption, et avait beaucoup dirigé ses acteurs en espagnol. Comme souvent Michael Rowe explore la question d'une union ("Année Bissextile") et les personnages traînent derrière eux un lourd passé avec lequel il leur faut composer... "Early Winter" ? C'est sur la vie d'un couple formé entre un homme et une jeune femme d'origine russe émigrée, et qui vivent avec leurs enfants dans une maison au Canada. L'extrême hostilité du climat environnant, ne les aide pas à sortir de leur quotidien. Ce n'est pas un hasard, s'ils se trouvent la plupart du temps, enfermés: Maya recroquevillée chez elle sur son canapé, et David sans cesse au travail. Lorsqu'ils sont confrontés l'un à l'autre, le couple tente de rétablir une communication, parasitée par le téléphone incessant de la jeune femme, même dans leurs plus strictes moments d'intimité. Une des forces du film est son pouvoir de réflection, entre l'austérité de leurs relations et la dureté du climat, puisque la neige enveloppe ce monde comme un linceul. David est d'ailleurs sans cesse confronté à la mort, qui survient régulièrement à la maison de retraite dans laquelle il travaille. Dans une interview, le réalisateur rappellait aussi, l’importance des saisons sur le comportement et l’humeur des gens. Pesanteur qui se ressent également à travers les cadrages très resserrés et fixes, qui représentent très bien à chaque scène, l'impossible émancipation des personnages. Toujours est-il que ce parti pris d’opprimer ces personnages est peut-être un peu trop assumé par le réalisateur, car cet endurcissement frappe aussi le spectateur, et l’engage parfois dans une forme de "léthargie filmique" au cours d'une heure trente de film.

CRITIQUE: "EARLY WINTER"

Accablés par l'insipide existence qu'ils mènent, le couple est aussi troublé par la diversité des sentiments qui les traversent. Maya, interprétée avec justesse par Suzanne Clément, et David, essayent de surmonter un problème survenu quelques années plus tôt. En bref, c'est une surprise de traiter le sentiment amoureux d'après la cohabitation. Michael Roxe filme le “vivre ensemble”. Faut-il y voir, par cette prude routine filmée sans ménagements, la vraie représentation de l’amour ? David est silencieux, travailleur, et possessif. Maya, est légère,inconstante... Si les personnages, acceptaient leurs défauts, s'ils arrivaient à aimer leurs différences, ce serait la victoire de l’amour sur l’amour propre.

 

Note:  2,5/5

 

Courtesy of Pyramide Distribution

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