Planète Cinéphile

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CRITIQUE: "LES SAISONS"

CRITIQUE: "LES SAISONS"

Synopsis: "L’hiver durait depuis 80 000 ans lorsque, en un temps très bref, une forêt immense recouvre tout le continent. Une nouvelle configuration planétaire et tout est bouleversé. Le cycle des saisons se met en place, le paysage se métamorphose, la faune et la flore évoluent. L’histoire commence… À un interminable âge de glace succède une forêt profonde et riche puis, sous l’impulsion d’hommes nouveaux, une campagne riante.
Les Saisons est une épopée sensible et inédite qui relate la longue et tumultueuse histoire commune qui lie l’homme aux animaux."

Sortie (France): 27 Janvier 2016

Critique

Depuis "Le Peuple Migrateur" (2001), "La Planète Bleue" (2003), "Océans" (2010), Jacques Perrin s'est fait la spécialité de la réalisation de films documentaires. Avec sa voix si particulière, il tend à nous éveiller une conscience écologique au cours d'une heure trente de film. Mais sa démarche va au-delà du réquisitoire contre l'influence malsaine de l'homme sur son environnement... qu'on pourrait lui attribuer trop facilement. 

D'abord, il renouvelle le genre "docu" en créant une proximité qu'on avait jamais ressenti jusqu'à alors. Comme à peu près dans ses derniers films, il s'entoure de la meilleure équipe pour livrer les images les plus percutantes. Alors que beaucoup de cameramans se contenteraient de filmer depuis le champ de vision de l'oeil humain, Jacques Perrin essaye de saisir des instants de vie à l'échelle des animaux, à même le sol. La technologie la plus moderne est au service de son oeil de réalisateur et sa passion lui permet d'obtenir des plans de qualité d'une image léchée. Pari réussi, nous sommes frappés par tant de réalisme, si bien que la caméra peut tout autant suivre une course de loups affamés poursuivant un sanglier, que s'insérer dans un tronc d'arbre à travers un trou minuscule pour voir ce qu'il s'y cache à l'intérieur, ou encore effectuer un long plan séquence dans lequel elle précède l'envol d'un scarabé à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Autre exemple, lorsqu'on s'arrête sur la vie des insectes, le moindre détail est perçu dans le tachement des ailes... Jacques Perrin est passé maître dans l'art des films tableaux renversants, ce qui prouve, une fois encore, que la 3D n'est pas inéluctable pour asseoir le spectateur au coeur d'un film. Mais ce n'est pas le plus surprenant, car ils insufflent une dose de fiction qui muscle un peu le film, et s'attardent parfois sur le parcours de certains gibiers... Et plus qu'un réel film environnemental c'est une réelle histoire sur des bêtes qui sont considérés comme des personnages. L'Homme apparaît furtivement. Jacques Perrin a donc voulu inverser les rôles. Par-dessus ses images qu'il commente très légèrement, la musique prend une place prépondérante et c'est finalement elle, qui annote les scènes. 

CRITIQUE: "LES SAISONS"

Le synchronisme entre les changements d'ambiance, par exemple des percusions plus graves pour annoncer un danger, ou plus légères, lorsqu'il s'agit de résolutions d'enjeux, confortent les animaux dans leurs places centrales. Son film c'est une fresque historique sur notre continent européen, mais pas du point de vu des Hommes : depuis les débuts de l'ère glaciaire avec l'époque des grandes forêts "primaires" dans lesquelles vivaient des animaux exotiques, précédant l'installation des tribus humaines sédentaires qui ont progressivement conduit à la lente dérofestation et à la disparition de certaines espèces, paroxysme atteint avec les grandes Révolutions Industrielles des siècles plus tard... En préambule, Jacques Perrin rappelle les dramatiques conséquences de l'activité humaine sur le réchauffement climatique et ses bouleversements sur l'éco-système. Mais il est encore possible de vivre avec ses partenaires de planète. Car Jacques Perrin est avant-tout un homme d'action, bien ancré dans les réalités. Certes, il a fait le pari de filmer la vie d'animaux qui ont disparu depuis bien longtemps, mais pas question pour lui de recourir à des effets spéciaux. Son équipe s'est rendue aux confins de l'Europe, à Bélovej, à la limite de la Pologne, où on trouve une des dernières forêts "primitives" de l'ère glaciaire, mais également en Scandinavie...

Le synchronisme entre les changements d'ambiance, par exemple des percusions plus graves pour annoncer un danger, ou plus légères, lorsqu'il s'agit de résolutions d'enjeux, confortent les animaux dans leurs places centrales. Son film c'est une fresque historique sur notre continent européen, mais pas du point de vu des Hommes : depuis les débuts de l'ère glaciaire avec l'époque des grandes forêts "primaires" dans lesquelles vivaient des animaux exotiques, précédant l'installation des tribus humaines sédentaires qui ont progressivement conduit à la lente dérofestation et à la disparition de certaines espèces, paroxysme atteint avec les grandes Révolutions Industrielles des siècles plus tard... En préambule, Jacques Perrin rappelle les dramatiques conséquences de l'activité humaine sur le réchauffement climatique et ses bouleversements sur l'éco-système. Mais il est encore possible de vivre avec ses partenaires de planète. Car Jacques Perrin est avant-tout un homme d'action, bien ancré dans les réalités. Certes, il a fait le pari de filmer la vie d'animaux qui ont disparu depuis bien longtemps, mais pas question pour lui de recourir à des effets spéciaux. Son équipe s'est rendue aux confins de l'Europe, à Bélovej, à la limite de la Pologne, où on trouve une des dernières forêts "primitives" de l'ère glaciaire, mais également en Scandinavie...
CRITIQUE: "LES SAISONS"

Ce grand monsieur a le souci du réalisme et le sens des réalités. Il participe positivement à retourner les mentalités en faveur d'une protection de l'environnement, à laisser croire qu'un autre avenir est possible, et il le défend bien en citant notamment l'ensemble des associations et fondations, celle de la Principauté de Monaco par exemple, qui le soutiennent dans sa démarche, ainsi que les projets possibles en devenir : re-peuplement des forêts, protection des espèces, mise en place d'un développement durable... Mais pas question de se lancer en politique, seul son regard d'artiste compte. Et c'est bien son rôle que de tracer l'avenir grâce à sa vision et sans se soucier des contraintes, qui peuvent entraver sa liberté. "Il faut faire des films politiques sur la nature" comme il le rappelle à la fin de la projection.

Note:  (4/5)

Courtesy of Pathé Distribution

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