Planète Cinéphile

Cette semaine

GRAND ANGLE... QUENTIN TARANTINO

GRAND ANGLE... QUENTIN TARANTINO

Quentin Tarantino est un réalisateur américain né le 27 mars 1963, à Knoxville dans le Tennessee. Son huitième film nommé "Les 8 Salopards" est sorti dans nos salles ce 6 Janvier 2016, on s'est donc penché sur le style singulier qui le caractérise. Une carrière riche de plus de vingt ans. 

Amoureux du cinéma dès son plus jeune âge, il n'était pas très doué pour les études et après trois années dans le secondaire, il décide de tout abandonner pour faire des petits boulots. Il se retrouve projectionniste dans un cinéma pornographique. Quentin s'inscrit dans une école d'art la James Best, mais il ne se sentait pas à sa place alors il suivit des cours d'art dramatique avec Allen Garfield. Tous les deux avec une petite bande d'amis, ils rejouaient des scènes de films cultes et c'est là que Quentin prit conscience de ses talents de scénariste. Enchaînant toujours les petits jobs, c'est en 1983 alors qu'il travaille dans un vidéo-club qu'il découvre le cinéma étranger comme Jean-Luc Godard ou encore Jhon Woo pour ne citer qu'eux. Après cinq ans à travailler là il quitte son poste avec un bagage cinéphile. 

GRAND ANGLE... QUENTIN TARANTINO

Quentin Tarantino a scénarisé "True Romance" réalisé par Tony Scott et "Tueurs s" réalisé lui par Oliver Stone, mais c'est en 1992 qu'il sort enfin son premier film à savoir "Reservoir Dogs" écrit en à peine trois semaines et demie. Il part faire la tournée des festivals pour montrer ce film et grâce à cela, il réalise "Plup Fiction" qui obtient la plame d'or, en 1994, à Cannes. Lors de la remise du prix la salle était furieuse et il répondit par un doigt d'honneur. 

Il est désormais reconu par la profession et il peut donc faire ce que bon lui semble. Un style provocateur qui va se ressentir dans toute sa carrière, soit on aime soit, on déteste. Ce qui est intéressant chez lui, c'est qu'étant un cinéphile, il pioche dans ses connaissances tout en les remettant à son goût. De la pop cinématographique, car dans chaque film, on reconnaît inconsciemment ou non une référence pour au final donner un résultat atypique. Tout d'abord, il faut noter qu'il fait ses films par rapport à la musique qu'il veut. Il écrit en pensant à une mélodie bien spécifique et non l'histoire. Un procédé créatif original qui fonctionne dans ses productions. Jouer avec les codes et les remanier à sa sauce, c'est ce qu'il aime par-dessus tout. On va donc retrouver pléthore de clins d'oeil ou de gimmicks tout au long de ses oeuvres. Étant scénariste à la base il est donc normal que les dialogues aient une place toute particulière dans le long-métrage, ils occupent une grande partie du récit. C'est un condensé de tout ceci qui parsème ses films. 

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La scène d'ouverture de "Reservoir Dogs" est l'exemple parfait pour comprendre ce qu'il va suivre plus tard dans toutes ses intrigues. On a un long plan-séquence avec tous nos protagonistes qui discutent de tout et de rien  dans un café à Los Angeles. Durant toute cette scène, on voit la personnalité de chacun et les relations qu'ils ont entre eux. En une ouverture, on a déjà tout, alors oui la suite du film va permettre d'approfondir le passé de ces hommes, mais grâce à cette unique scène, on a tous les éléments pour comprendre l'histoire. La suite des événements n'est qu'un prétexte pour raconter un braquage raté. Persque tous ses films sont découpés en chapitres, c'est pour mieux segmenter l'histoire afin de pouvoir faire des allers-retours sans perdre le spectateur. "Jackie Brown" à l'une des chronologies les plus simplistes et même là il arrive à faire un tour de passe-passe pour montrer l'arnaque. Différents points de vue pour une scène, ce qui permet de comprendre comment le coup est réussi et pour que la surprise soit totale dans la suite du récit.  

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Les références sont si nombreuses qu'il serait trop long de toutes vous les donner. Quentin Tarantino aime rendre hommage ou prendre ce qu'il aime et l'introduire dans son film. Oui, Black Mamba dans "Kill Bill", c'est Bruce Lee et il y en a partout tout le temps. Sans que cela paraisse grossier, toutes ces influences et citations s'initient parfaitement dans ce qu'il expose à l'écran.  Si vous avez un minimum de culture dans le cinéma, alors vous allez vous dire que vous avez déjà vu cela quelque part. Normalement à ce moment précis un petit sourire va pointer le bout de son nez. QT est fan de Western, c'est ce qu'il préfère, il a donc tout naturellement après 7 films ou il y incorpore plus ou moins des codes liés au genre, rendu hommage à ses héros d'antan. C'est évident, quand il réalise son premier du genre "Django Unchainedqui est un remake de "Django", un film de 1966 du réalisateur Sergio Cobucci qui était à l'époque considérée comme le Western le plus violent, il fait apparaître avec élégance le temps d'une discussion l'acteur Franco Nero l'interprète original de Django.

Avec "Inglorious Basterd", il s'est amusé à prendre la Seconde Guerre mondiale et à réécrire l'histoire et cela marche, c'est avec un cynisme tout particulier que l'on voit la chute du troisième Reich. Comme la cerise sur le gâteau. Ce film est une bombe à retardement pour exploser dans un final magistral et savoureux.

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Plus tôt on vous parlait des musiques et c'est un point à ne pas omettre, c'est comme une respiration au milieu de toute cette violence, car oui c'est assez dur et rouge un film de Tarantino. L'éclectisme est au rendez-vous et l'on écoute aussi bien de la musique des années 50s que du Rap, une signature qui donne le ton durant la scène. C'est avec surprise que l'on se met à vaciller de gauche à droite quand on voit Ummah Turman danser sur Girl You'll Be A Women Soon "Pulp Fiction". La musique d'introduction donne tout son sens à "Kill Bill Vol.2" et la longue scène finale fait ressurgir la mélodie qui colle parfaitement avec le moment. 

Le film le plus spécial est sans aucun doute "Boulvard De La Mort" vu que c'est un diptyque avec un autre film "Planète Terror" réalisé lui par Robert Rodriguez. Ces deux films sont un hommage aux road-movies des années 70, appelé Grindhouse.

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Les têtes que l'on voit de manière générale ne sont pas si connues et cela pousse à ne pas catégoriser le personnage dans un registre. Quentin a ses habitués comme tous cinéastes et c'est avec plaisir que Samuel L. Jackson parcourt cet univers et se retrouve dans quasiment tous les longs-métrages. C'est sûrement le plus connu de cette petite troupe qui se renouvelle à chaque film tout en revoyant certains. Un acteur comme David Carradine a joué dans pas mal de séries B surtout dans un feuilleton de Kung-fu, c'est donc normal de le voir dans "Kill Bill" tout comme Pam Grier qui interprète Jackie dans "Jackie Brown", il les remet sur le devant de la scène parce qu'il adore ces gens. Le plus notable reste Jhon Travolta qui était au placard dans les années 1990 et "Plulp Fiction" a donné un second souffle dans sa carrière. Il y a beaucoup de cas comme ceux-ci, c'est humble de sa part de remettre des talents oubliés dans sa filmographie. 

GRAND ANGLE... QUENTIN TARANTINO

On n'a pas parlé de son premier court-métrage intitulé "My Best Friend's Birthday", car le film qui durait à l'origine soixante-neuf minutes à été en partie brûlé dans le laboratoire, il n'en reste que trente-quatre et on pense qu'une oeuvre doit être analysée dans son intégralité. Cependant, si cela vous intéresse, il est trouvable sur internet, vous pourrez vous faire votre propre avis.

 En plus de ses propres productions QT a réalisé une partie de "Four Rooms" et "Sin City", il a également joué dans quelques films, il a même réalisé un épisode de la série "Urgence" et "Les Experts". Un homme qui est passionné par ce média et qui a déjà évoqué mainte et mainte fois le désir de s'arrêter après dix longs-métrages. Un cinéphile qui tente de revisiter le cinéma à sa manière pour transcender cet art. 

 

Courtesy of Metropolitan Filmexport, BAC Films, Miramax Films, TFM Distribution, Pan Européenne, Universal Pitures, The Weinstein Company, Sony Pictures Releasing France, SND

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