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CRITIQUE: "CE SENTIMENT DE L'ETE"

CRITIQUE: "CE SENTIMENT DE L'ETE"

Synopsis: "Au milieu de l'été, Sasha, 30 ans, décède soudainement. Alors qu'ils se connaissent peu, son compagnon Lawrence et sa sœur Zoé se rapprochent. Ils partagent comme ils peuvent la peine et le poids de l'absence, entre Berlin, Paris et New York. Trois étés, trois villes, le temps de leur retour à la lumière, portés par le souvenir de celle qu'ils ont aimée."

 

Critique:

 "Ce Sentiment De L'Eté" : notre coup de coeur de ce début d'année! Ne passez surtout pas à côté de sa brise euphorique! Nouveauté en termes de narration, une bande-originale euphorisante, et un duo d'acteurs épatant : dont Judith Chemla ("Camille redouble") qui explose l'écran de son naturel déconcertant. D'autres mérites sont à attribuer au réalisateur. D'abord, une mise en scène qui n'écrase pas ses personnages et qui retranscrit une ambiance intimiste au plus proche de leurs émotions. Toujours caméra à l'épaule, il les suit évoluer en totale liberté, de Berlin à Paris, d'une banale soirée entre amis à un concert underground new-yorkais, effacant entièrement sa présence, avec un montage de la transparence, et même s'il se concentre sur le point de vue de l'un ou de l'autre, cela n'est jamais mécanique ni agaçant, puisque le hors-champ continue à vivre... Le film se compose en "chapitres" d'été, sur Lawrence, puis sur Zoé. De fait, le point de vue narratif n'est pas omniscient et l'histoire se déroule, à partir d'un évènement majeur : le décès si brutal de Sasha laisse son petit ami et sa soeur dans un état de vide émotionnel. 

CRITIQUE: "CE SENTIMENT DE L'ETE"CRITIQUE: "CE SENTIMENT DE L'ETE"

 Zoé et Lawrence refusent de s'abandonner à une éprouvante nostalgie :  "J'ai l'impression que je ne vais jamais y arriver, comment tu fais, toi?". "Ce sentiment de l'été" se démarque pour sa curiosité, car il esquive tous les clichés du genre. L'amour est là, mais on évite les codes trop connus de la comédie romantique, et ce n'est pas d'une attraction sexuelle, corporelle, dont il est question. Enfin, film nostalgique, évidemment, il n'est pas non plus pesant de mélancolie. Le réalisateur opère un joli rapport de force, entre le drame intérieur que les personnages éprouvent, et cette saison permanente qu'est l'été, période de tous les possibles, associée à la spontanéité, marquée par une image chaude et légère, qui les appelle à (re)vivre. On insistera sur la bande-originale rythmée et joyeuse composée par David Sztanke (Tahiti Boy), à laquelle le réalisateur a ajouté des morceaux rock comme ceux de Mac DeMarco, Aline, Ben Watt, qui apportent un très joli souffle. De la même manière que ces longues séquences de soleil couchant, que le ciel borde d'un coin de l'écran, on aimerait que le film ne se termine jamais, signe d'un été éternel, d'une simplicité pérenne... A voir à tout prix!

Note:  (4/5)

Courtesy of Pyramide Distribution

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