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CRITIQUE: "FREE LOVE"

CRITIQUE: "FREE LOVE"

Synopsis: "Années 2000. Laurel, est une brillante inspecteur du New Jersey. Sa vie bascule le jour où elle rencontre la jeune Stacie. Leur nouvelle vie s’effondre quand Laurel découvre qu’elle est atteinte d’un cancer en phase terminale. Laurel a un dernier souhait : elle veut que sa pension revienne à la femme qu’elle aime, mais la hiérarchie policière refuse catégoriquement. Laurel et Stacie vont se battre jusqu’au bout pour faire triompher leurs droits."

Sortie (France): 10 février 2016

Critique

Laurel Hester est inspecteur de police dans l'état du New Jersey dans les années 2000. Attirée par la gent féminine, elle fait la connaissance de Stacy, bien plus jeune qu'elle. Leur histoire s'avère devenir de plus en plus sérieuse. Or, Laurel, conditionnée jusque là par le milieu professionnel très fermé dans lequel elle évoluait, s'interdisait d'afficher publiquement son homosexualité. Mais Stacy, la fait peu à peu céder, et on comprend que cette rencontre ne sera pas une histoire ordinaire pour Laurel... Sauf qu'à mi-parcous du film, on lui diagnostique un cancer des poumons très avancé. Condamnée, elle demande à ce que sa pension de fonctionnaire puisse être remise à sa partenaire après sa disparition, bien que la législation de  l'Etat ne l'accepte que pour les couples mariés. Commence donc une longue bataille juridique pour corriger ce qu'elles considèrent comme une injustice vis à vis des couples gays et lesbiens. Telle est l'intrigue de "Free Love" (Julianne Moore, Ellen Page, Steve Carell) de Peter Sollett.

L'intention est noble d'adpater en film un fait divers qui est devenu en l'espace de quelques mois, une controverse médiatique, sociale et culturelle sur les droits des couples gays américains. Sauf que le réalisateur le traite si pauvrement que le message se parasite de tant de complaisance pour le drame. Le film s'encombre de beaucoup d'éléments de mise en scène inutiles, qui étirent l'intrigue sur des longueurs dont on ne  saisit pas l'intérêt comme dans les premières minutes, lorsqu'on suit Laurel Hester tenter de démanteler un traffic de drogues, associé à un meurtre, sans qu'il n'y ait aucune concordance avec son histoire d'amour naissante, et l'engagement militant dans lequel elle va être entraînée par la suite pour défendre les droits homosexuels dans l'état du New Jersey... Certes, ces scènes doivent convaincre le spectateur pour la suite, lors du noeud dramatique majeur pour nous rappeler que Laurel a longtemps apporté la justice, et que dorénavant c'est justement la justice qu'on lui refuse, mais c'est le seul argument du film. 

CRITIQUE: "FREE LOVE"CRITIQUE: "FREE LOVE"
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L'histoire d'amour est rapidement expédiée. Le scénario manque d'une unité dramatique. On aurait aimé s'attacher un peu plus longtemps sur l'évolution de leur relation, puisqu'on nous en donne les bases (l'enménagement, le poids du regard des autres...). Mais Peter Sollett préfère filmer les dessous d'une affaire politico-méditatique. On ressent qu'il est le jusqu'au boutiste de l'émotion : tout est bon pour nous arracher un sanglot. On tire sur la corde sensible jusqu'au bout, spécialement lors de la bataille juridique, paroxysme atteint lorsqu'à la dernière image du film, les véritables Laurel Hester et Stacy nous apparaissent à l'écran en photos mémorielles... "Free Love" surfe ainsi sur ce paradoxe constant d'être un film libéral, seulement de part son sujet, car extrêmement conformiste dans sa mise en scène. Et pourtant, on ne boudera pas l'interprétation de ses deux actrices mais qui sont très limitées dans leur jeu : Julianne Moore, divine, et celle d'Ellen Page, qu'on n'attendait pas dans ce registre. Pour cette dernière, on espère, impétueux, l'Oscar qui ne vient toujours pas !

Note:  (2,5/5)

Courtesy of Bac Films

 

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