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CRITIQUE : "THEO & HUGO DANS LE MÊME BATEAU"

CRITIQUE : "THEO & HUGO DANS LE MÊME BATEAU"

Synopsis: "Dans un sex-club, les corps de Théo et de Hugo se rencontrent, se reconnaissent, se mêlent en une étreinte passionnée. Passé l’emportement du désir et l’exaltation de ce premier moment, les deux jeunes hommes, dégrisés, dans les rues vides du Paris nocturne, se confrontent à leur amour naissant."

Sortie (France): 27 Avril 2016

 

Critique:

Cela n’aura pas échappé à beaucoup, le nouveau film du duo de réalisateurs d’Olivier Ducastel et de Jacques Martineau est un nouveau pavé envoyé valdinguer à toute force dans la mare du cinéma français. La scène érotique de la rencontre entre Théo et Hugo est responsable de son interdiction dans les salles aux moins de 16 ans — et sûrement bientôt aux moins de 18 ans dès que l’association Promouvoir s’y sera intéressée de plus près. Cette scène inaugurale n’en demeure pas moins un moment de cinéma renversant, dans la lignée peut-être de celle de "La Vie D’Adèle" de Kechiche. Pendant près d’une demi-heure, personne ne bronche dans la salle, de peur de briser la magie qui s’opère sous nos yeux, audacieuse mise en scène superbement servie par l’ambiance électrique de la musique composée pour le film par Karell, un collectif de jeunes musiciens, troublant mélange du réalisme feint de cette sombre backroom parisienne et de la pureté hypnotique d’une rencontre des corps ultra-chorégraphiée.

A la sortie de la boîte, pour les deux amants comme pour le spectateur, c’est évidemment la gueule de bois. Théo ne s’est pas protégé, Hugo est séropositif, on appelle le Sida Info service et direction l’hôpital Saint-Louis. Dans le même bateau, pour le meilleur et pour le pire, les deux hommes vont pourtant rester soudés dans cette épreuve et transformer l’essai cinématographique d’une première fois réussie.

CRITIQUE : "THEO & HUGO DANS LE MÊME BATEAU"

Conte didactique, "Théo & Hugo Dans Le Même Bateau" joue pourtant sans cesse avec les situations convenues d’un cinéma gay engagé. Certains dialogues agacent parfois dans leur similarité avec le traditionnel discours de prévention de Sidaction (pourtant bien nécessaire). Mais porté par la mise en scène de ces déambulations urbaines en temps réel, à l’image de classiques comme "Cléo De 5 A 7" (1962) ou du plus récent "Before Sunset" (2004), le film n’est pourtant pas sans grâce. Il fourmille d’inventions scénographiques et assume pleinement la contradiction d’être à la fois moderne et désuet.

Film surprenant qui conjugue des audaces scénographiques à des schémas plus convenus du cinéma LGBT, "Théo Et Hugo" finit pourtant par conquérir le spectateur à force d’intégrité, de naïveté et de cinéma.

Note :  (3,5/5)

 

Courtesy of Epicentre Films

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