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CRITIQUE: "UN PETIT BOULOT"

CRITIQUE: "UN PETIT BOULOT"

"Un Petit Boulot" et le quatrième et dernier long-métrage du réalisateur Pascal Chaumeil (décédé en août 2015), dans lequel il retrouve Romain Duris, acteur avec qui il avait déjà travaillé en 2011 sur la comédie à succès "L'Arnacœur". "Un Petit Boulot" est l'adaptation par Michel Blanc du roman de Iain Levinson.

Synopsis: "Jacques habite une petite ville dont tous les habitants ont été mis sur la paille suite à un). licenciement boursier. L'usine a fermé, sa copine est partie et les dettes s’accumulent. Alors quand le bookmaker mafieux du coin, lui propose de tuer sa femme, Jacques accepte volontiers..."

Sortie (France): 31 Août 2016

CRITIQUE: "UN PETIT BOULOT"
CRITIQUE: "UN PETIT BOULOT"

Critique:

Un petit boulot pas comme les autres c'est bien ce qu'on peut dire sur le nouveau job de Jacques, campé par un Romain Duris des plus convaincants. En réalité, son rôle s'avère être un petit peu plus subtil que ce que l'on pourrait croire: derrière sa barbe mal taillée et sa tignasse en bataille, Jacques est en réalité un homme qui veut juste continuer de survivre. Il est souvent partagé entre sa morale et son instinct mais sans jamais devenir violent. Jacques est un Monsieur Tout Le Monde qui subit les conséquences d'une fermeture d'usine. L'acteur s'en tire parfaitement bien avec un naturel qui lui est propre, et même presque déroutant. Au final, on ne pouvait imaginer quelqu'un d'autre pour le rôle que Romain Duris, naturel et parfaitement à l'aise avec son personnage. Il porte ainsi le film, tant par son jeu que par sa voix, son timbre de voix à la fois grave et agréable se collant parfaitement à l'exercice de la voix-off, présente une bonne partie du film.

Michel Blanc s'en sort aussi bien que Duris sur un rôle un peu plus froid et plus réservé, mais qui permet un duo très efficace. On notera également la justesse des seconds rôles, comme Gustav Kervern toujours sur le même registre mais toujours aussi génial, ou encore la participation de Alex Lutz dans un rôle détestable à souhait et étonnement convaincant.

CRITIQUE: "UN PETIT BOULOT"

Michel Blanc est également, en plus d'être devant la caméra, aux commandes du scénario et propose une adaptation plutôt bien écrite. On est face à une histoire au final très crédible qui donne lieu à des scènes quelques peu absurdes et drôles. Sans jamais tomber dans le côté noir et dur comme cela pourrait être le cas étant donné le fond du film (Jacques a tout perdu et pourrait en vouloir à la terre entière), "Un Petit Boulot" oscille entre comédie et polar, offrant ainsi à Duris un joli rôle sur-mesure où l'on prend presque plaisir à le regarder se débrouiller en apprenti tueur à gages. Pascal Chaumeil voulait un mélange entre les frères Coen et Ken Loach. Alors pari réussi? Et bien oui, plutôt réussi avec ce film à la croisée des genres et des inspirations. On est dans ce types de films où les morts sont presque drôles: pas de violence, très peu de sang, beaucoup d'humour et un peu de décalage sont les solutions de ce film pour rester un bon divertissement.

 

Deux autres bons points du film: sa durée et son image. En effet, le film suit un bon rythme, pas forcément rapide, mais loin d'être lent, on ne s'ennuie pas et c'est ce qui compte. Esthétiquement le film n'est pas inintéressant non plus, sans affirmer des choix extravaguants, le film nous offre deux trois belles séquences ainsi que quelques cadrages plus symboliques que logiques.

CRITIQUE: "UN PETIT BOULOT"

Même si l'on est pas sur le film de l'année, "Un Petit Boulot" est un divertissement tout à fait honorable, un film français qui fait plaisir à voir. On rentre très facilement dedans et l'on passe un bon moment devant les aventures d'un Romain Duris en grande forme, fidèle à lui-même entourés de seconds rôles tout aussi efficaces.

 

Note:  (3,5/5)

 

Courtesy of Gaumont Distribution

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