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CRITIQUE: "WAR DOGS"

CRITIQUE: "WAR DOGS"

Synopsis: "Deux copains âgés d'une vingtaine d'années vivant à Miami Beach à l'époque de la guerre en Irak, profitent d'un dispositif méconnu du gouvernement fédéral, permettant à de petites entreprises de répondre à des appels d'offres de l'armée américaine. Si leurs débuts sont modestes, ils ne tardent pas à empocher de grosses sommes d'argent et à mener la grande vie. Mais les deux amis sont totalement dépassés par les événements lorsqu'ils décrochent un contrat de 300 millions de dollars destiné à armer les soldats afghans. Car, pour honorer leurs obligations, ils doivent entrer en contact avec des individus très peu recommandables… dont certains font partie du gouvernement américain…"

Sortie (France): 14 septembre 2016

La polémique liée au passage de Jonah Hill dans l’émission “Le Grand Journal”, qui a interrompu la campagne de promotion de l’acteur pour le film, explique la raison pour laquelle il en a expédié la présentation au Festival Américain de Deauville, mais cela n’impactera pas notre avis dessus. “War Dogs” est la dernière comédie de Todd Phillips, auteur de la très bonne trilogie des “Very Bad Trip”, et explore les méandres du lucratif marché de l’armement américain puisque deux anciens amis se retrouvent, après plusieurs années, pour fonder leur entreprise de fournisseur d’armes pour le Pentagone.

Le film se centre principalement sur ses deux acteurs stars, qui enchaînent les gaffes et les comiques de répétitions. A ce titre, l'épisode "Moyen-Oriental" est un des meilleurs passages du film. L’humour naît des énergies contraires de ce duo comique improbable, sorte de “Laurel et Hardy”, dans lequel le patibulaire Jonah Hill, révélé dans “SuperGrave” et “Le Loup de Wall Street”, est désopilant de gaieté et de gaillardise face à un candide Miles Teller ("Whiplash"). S’ajoutent au casting, Bradley Cooper, impeccable en malfrat, et Ana de Armas. Mais à force de trop vouloir forcer le trait, le réalisateur en rend l’humour indigeste au bout d’une heure trente de film, et noie son propos.

A travers la réussite de ces deux jeunes "loosers" à librement arnarquer l’administration fédérale, le film ne prend jamais une position nette sur le sujet. Au point qu’on ne sait plus si leur acte était bien moralement injustifiable ? Seul Jonah Hill passe pour le réel “bad guy”, cynique et borné. On reste en surface sans explorer les personnages. Difficile donc de ressentir la moindre empathie pour les acteurs de cette tragédie amicale, brisée par l’appât du gain. Le réalisateur ancre pourtant son film dans un réel contexte politico-économique, en situant son histoire pendant les années Bush, ce qui est hautement symbolique actuellement (commémoration du 11 septembre). Le film est inspiré d’une histoire vraie, soit, mais le système américain a t-il changé après ce fait divers ?

Quelle leçon en tirer ? Le film ne donne aucune réponse et hâte sa conclusion en restant focalisé sur ses deux têtes d'affiche. Il s'agit donc là d'un divertissement pur, sans aucun exercice de style, ni réflexion.

Note:  (3/5)

 

Courtesy of Warner Bros. France

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