Planète Cinéphile

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CRITIQUE: "JUSQU'A LA GARDE"

CRITIQUE: "JUSQU'A LA GARDE"

Premier long-métrage qui frappe au cœur avec un sujet dur et inspiré du réel. Le film commence et se termine dans la dureté, le silence de la peur, de l’angoisse. Au départ, l’angoisse de la mère de garder ses enfants et réussir à éviter la garde alterné avec un ex-mari présenté comme violent. Nous partageons le point de vue de la juge, on ne sait pas qui a raison ou à tort avant de découvrir les personnages au fur et à mesure du film. Ce métrage est la suite du court intitulé "Avant que de tout perdre", que je n’ai pas préféré regarder en amont, pour découvrir des personnages et voir le traitement des personnages dans ce long. Après avoir vu ce film, il sera intéressant de visionner le court et comparer les deux. La violence du film est majoritairement présente dans les images, les dialogues et les comportements des personnages mais le spectateur est vraiment touché grâce à la performance du petit garçon (Julien) joué par le formidable Thomas Giora qui ne veut plus voir son père mais de par son âge (11ans) est obligé d’y aller un week-end sur deux à contre cœur. Ces week-ends sont une torture pour le petit qui s’en prend plein la figure. Il divulgue des informations sur sa mère quand son père se sert de son autorité parentale et celui-ci essaye de retourner son fils contre son ex-femme pour la faire passer pour la méchante. Le père est un personnage omniprésent même quand il n’est pas à l’écran, grâce aux paroles, à son surnom « L’autre » donné par les enfants mais brille surtout par son absence. Il fait peur, il explose de colère, il menace pour arriver à ses fins. Même les spectateurs auront peur de lui.

CRITIQUE: "JUSQU'A LA GARDE"

Devant ce film, on se retrouve face à une réalité: un mari violent envers sa femme avant de passer à du harcèlement. Le sujet fait d’autant plus peur qu’il est réel et nous voyons les manières qu’a le mari de soutirer des informations, de réussir à s’infiltrer dans la vie de son ex-femme en se servant de ses enfants (qui donnent l’impression de n’être que des pions qui lui permettrons de retrouver sa femme). C’est horrible et l’on se demande comment quelqu’un est capable de faire ce genre de choses, à part l’excuse d’une maladie. Le final est l’apogée de ce que le mari est capable de faire. Tout le film dissimule des indices sur la capacité de destruction du père, tout est à l’image. Ce film est l’histoire d’un quotidien et nous montre qu’il faut agir avant d’en arriver à des conséquences plus graves. Le générique de fin se fait sans musique mais dans un silence des plus complets qui est de mise avec la narration filmique et les dernières images du film. Nous sommes face à une pure merveille cinématographique, sur une pure horreur, racontée sous forme de film à suspense voir de thriller - sans toutefois, plonger dans le côté larmoyant. L’exploit du réalisateur a été de faire ressentir aux spectateurs la peur et l’étouffement de la mère de famille. "Jusqu’à la garde" vous scotchera sur votre siège jusqu'à la fin de la séance et vous chamboulera par ce que vous venez de voir.

Note: 4,5/5

Remerciements à Justine de "Ptite Cinéphile" (http://ptitecinephile.wordpress.com)

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