Planète Cinéphile

Cette semaine

CRITIQUE: "L'HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE"

CRITIQUE: "L'HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE"

Ce film est sûrement l’œuvre d’une vie. Terry Gilliam n’a jamais lâché ce projet et il a enfin vu le jour samedi 19 mai 2018 sur nos écrans de cinéma. Essayons d’oublier l’histoire autour de ce film pour nous concentrer entièrement sur cet objet filmique.

Le film met en scène Toby (Adam Driver), un réalisateur de publicités, en tournage en Espagne qui va se rappeler de son tout premier film étudiant sur Don Quichotte (Jonathan Pryce) effectué quelques années plus tôt dans la région. Il décide de retourner dans cette région par nostalgie mais une ancienne rencontre lui attirera une succession de problème.

"L’Homme qui Tua Don Quichotte" va vous marquer en bien ou en mal, mais il restera dans vos têtes. En cause, cette ambiance à la Monty Python un peu rocambolesque, folle, décalée mais extrêmement drôle. Gilliam nous présente plusieurs niveaux de réalité et de fiction ce qui fait que le spectateur peut se retrouver submergé par autant de confusion. En réalité, Gilliam mélange le film étudiant de Toby et son Don Quichotte, le travail de publicitaire de Toby, l’aventure que vont vivre Toby et son Don Quichotte mais également les (més)aventures de Gilliam pour réaliser et sortir le film de sa vie. Ces 4 strates différentes ne sont pas tellement visibles, en effet, les ellipses ne sont pas marquées ce qui force le spectateur à se demander sans cesse où il est et quand.

CRITIQUE: "L'HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE"

"L’Homme qui Tua Don Quichotte" nous retourne, il nous faut réfléchir pendant plusieurs jours à cette œuvre hors du commun qui est très riche en information mais qui reste très rare au cinéma. C’est un objet à part, de par le traitement de l’histoire (en plusieurs points de vue qui ne nous sont pas présentés), par l’humour (qui peut paraître burlesque) mais aussi visuellement (grâce aux décadrés propres à Terry Gilliam ou aux hallucinations qui ne sont pas clairement définies). Il faut être capable de rentrer dans cet univers décalé pour mieux apprécier le film.

Tous les personnages présentés se croisent et ont leur importance dans la suite du film. Adam Driver est parfait dans le rôle de Toby, il vit le personnage qu’il interprète et ses réactions semblent plus vraies que vraies. Jonathan Pryce est majestueux dans le rôle de Don Quichotte qui l’a rendu fou. Nous pouvons juste regretter que les femmes n’aient pas de rôles « importants » puisqu’elles sont là essentiellement pour apporter l’« amour » au film et rien de plus.

La fin du film est extrêmement décalée et beaucoup moins drôle que le reste du film puisque l’on plonge dans la mélancolie. L’ensemble du film est rempli de poésie jumelé à de l’aventure, il est incroyablement dense dans les sujets traités (religion, folie, argent entre autres) et il faut sûrement plusieurs visionnages pour tout repérer. Toutefois, n’hésitez pas à aller le voir dans votre cinéma, ce film vaut largement la longue attente de 20 ans.

Note: 4,5/5

Remerciements à Justine de "Ptite Cinéphile" (http://ptitecinephile.wordpress.com)

Partager cet article