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CRITIQUE: "AUCUN HOMME NI DIEU"

CRITIQUE: "AUCUN HOMME NI DIEU"

Production originale Netflix, le nouveau film de Jeremy Saulnier ("Green Room", "Blue Ruin") est sorti le 28 septembre sur la plateforme. On peut remarquer que de plus en plus de grands réalisateurs se dirigent vers Netflix ce qui est le cas de Saulnier plutôt habitué à des réalisations horrifiques, s’adoucit ici avec "Hold The Dark" ("Aucun Homme Ni Dieu" pour le titre français) qui est un thriller mystérieux même si parfois un peu sanglant. Adapté de la nouvelle du même nom de William Giraldi.

Jeremy Saulnier a choisi un casting d’acteurs plutôt connus ce qui va rendre son œuvre plus accessible que ses films précédents. Nous retrouvons Jeffrey Wright reconnu depuis son rôle dans la série "Westworld", Alexander Skarsgard apparu dans la série de Jean-Marc Vallée "Big Little Lies", avec un rôle plus que marquant et Riley Keough lumineuse dans "Under The Silver Lake", film de David Robert Mitchell sorti cet été.

L’histoire se situe au fin fond de l’Alaska sauvage, dans un village où plusieurs enfants disparaissent. Une mère de famille; Medora Sloane (jouée par Riley Keough) engage un écrivain spécialiste des loups; Russell Core (joué par Jeffrey Wright) après la disparition de son fils. Son enquête ne va pas se dérouler aussi simplement qu’il l’avait prévu, surtout après le retour du père; Vernon Sloane (Alexander Skarsgard).

CRITIQUE: "AUCUN HOMME NI DIEU"

Il n’y a rien à dire ce film est esthétiquement magnifique. On erre dans des paysages d’Alaska où les personnages sont infiniment petits et se perdent dans la grandeur des paysages naturels. L’insécurité est au centre, ce sentiment est confirmé dans le film où des loups rôdent sans cesse autour d’eux et sont au centre de l’histoire: les personnages sont malheureux, inquiets au point de remettre en cause la vie où la noirceur s’infiltre peu à peu (en référence notamment aux jours qui sont très courts et les nuits très longues).

Malgré tout, il s'agit d'un film contemplatif et réflexif mais qui divisera de par la lenteur presque extrême du film. Les moments de discussion se succèdent avant d’être coupés par une séquence de règlement de compte mouvementée et qui va réveiller le spectateur. Par ailleurs, les dialogues ce font très rares; le réalisateur préfère fixer notre regard sur les actions des personnages, ce que leur corps dit de ce qu’ils pensent et ressentent.

De plus, le scénario n’est pas simple à comprendre. On ne voit pas où le réalisateur veut en venir et tient le mystère beaucoup trop épais jusqu’à la fin du film. L’on regarde une succession de scènes de contemplation puis d’enquête sans pour autant comprendre où cela va nous mener. Plusieurs éléments nous sont donnés mais jamais expliqués et la scène de confrontation finale nous perturbe encore plus.

Esthétiquement magnifique mais narrativement beaucoup trop mystérieux et compliqué, le film ne séduira pas tout le monde. Les acteurs sont très justes et intenses mais la lenteur du film et le peu de dialogues ne rendent pas le film inoubliable, sans compter la fin de l’histoire très ouverte et finalement peu surprenante et presque décevante.

Note: 3/5

Remerciements à Justine de "Ptite Cinéphile" (http://ptitecinephile.wordpress.com)

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