Planète Cinéphile

Cette semaine

CRITIQUE: "BLINDSPOTTING"

CRITIQUE: "BLINDSPOTTING"

Réalisé par Carlos Lopez Estrada (son premier long-métrage) sur un scénario travaillé durant 10 ans par Daveed Diggs et Rafael Casal (qui interprètent également les deux personnages principaux), "Blindspotting" est un film qui montre ce que l’on ne veut pas voir au premier abord et qui est dans des angles morts. En effet, il reste à Collin (Daveed Diggs) 3 jours avant la fin de sa liberté conditionnelle mais il va être témoin d’une bavure policière qui va lui faire remettre en question sa vie et les changements qui s’effectuent dans son quartier d’Oakland.

C’est un film qui va certainement vous faire penser au récent "BlackKklansman" de Spike Lee, puisque les sujets sérieux sont aussi tournés en dérision dans ce film. On arrive à faire rire le spectateur sur des sujets graves d’actualités avant d’être mis en face d’une séquence 'coup de poing' absolument formidable à la fin du film - au point de nous tirer des larmes devant les dures vérités que nous énumère Collin et à la frustration ressentie dans sa voix. Ici, l’humour est utilisé mais également le rap qui est une manière originale permettant aux personnages d’exprimer plus facilement leurs émotions et leurs ressentis face à certaines situations. Effectivement, l’utilisation du rap surprend suffisamment les spectateurs pour que l’on tende l’oreille à ce qu’il se dit et les scénaristes ont bien compris cela puisque tous les messages forts sont dans les lignes de rap.

CRITIQUE: "BLINDSPOTTING"

On va nous parler de la gentrification des quartiers « ghetto » et des changements qui s’opèrent avec l’arrivée des « hipsters » aisés où l’insécurité est devenue un sentiment commun (nous avons affaire à une bavure policière), spécialement pour les personnes noires comme Collin qui est dans le viseur de la police étant donné qu’il sort de prison. L’ami de Collin: Miles (joué par Rafael Casal) représente l’opposé puisqu’il profite d’un certain privilège pour les blancs malgré lui. Il y a une quête d’identité de la part des personnages qui permet au film de dénoncer certains clichés ancrés dans les mentalités.

Les personnages principaux sont attachants au point que les spectateurs ressentent l’insécurité et le malaise qui frappent Collin après avoir assisté au meurtre alors qu’il vit depuis sa jeunesse dans cette ville. Cette bavure policière marque un tournant dans le film puisque Collin réalise que sa vie tient à un fil et essaye de le faire comprendre à Miles qui est borderline. Autrement dit, il agit sans réfléchir aux conséquences de ses actes sur lui comme sur son entourage (l’achat d’une arme sur un coup de tête par exemple).

C’est un film très fort qui réussit parfaitement à faire passer les messages voulus grâce à un scénario bien construit - entremêlé d’humour, de rap et d’émotion tout en étant d’actualité. Aucune fausse note dans ce buddy movie sous des airs de rap qui nous entraîne en douceur avec une mise en scène colorée dans la dure réalité des choses.

Note: 4.5/5

Remerciements à Justine de "Ptite Cinéphile" (http://ptitecinephile.wordpress.com)

Partager cet article