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CRITIQUE: "GREEN BOOK"

CRITIQUE: "GREEN BOOK"

Père de famille écolo au volant d’un van hippie dans "Captain Fantastic", chauffeur pour une famille mafieuse d’Europe de l’Est dans Les promesses de l’ombre, Viggo Mortensen reprend la route dans "Green Book", avec le nouveau film de Peter Farrelly, basé sur la véritable histoire d’un road trip. L’acteur interprète un agent de sécurité italo-américain chargé de conduire et de protéger le musicien afro-américain Don Shirley, incarné par Mahershala Ali ("Moonlight", "L’Etrange histoire de Benjamin Button", série "House of Cards"), lors de sa tournée dans le Vieux Sud des Etats-Unis. Le film a d’ailleurs été récemment nommé cinq fois au Golden Globes.

 

La thématique raciste que "Green Book" traite a déjà été abordé et ce dès les années 1960. Dans le drame "The Defiant Ones" de Stanley Kramer en 1958, ayant été enchaîné en prison Tony Curtis et Sidney Poitier vont devoir dépasser leur préjugés racistes et coopérer s’ils veulent survivre. Dans "Driving Miss Daisy", également situé dans le sud des Etats-Unis, c’est le duo de Hoke Colburn et Daisy Werthan  (interprétés par Morgan Freeman et Jessica Tandy) qui noue une amitié au delà de leurs préjugés. Ici le sujet est abordé également mais dans un style frais, neuf et entraînant.

CRITIQUE: "GREEN BOOK"

Le film est rythmé, puissant sur le plan esthétique (costumes, décors, cadillac turquoise de Tony Lip d’époque 1962) et la bande sonore est séduisante (de nombreux morceaux de piano qui nous embarque tout de suite dans l'atmosphère jazzy typique des clubs de l’époque).

 

Mais c’est surtout sur la sincérité de son message que le film mérite toute notre attention. En effet, malgré les préjugés racistes de Tony Lip que l'on observe dès le début du film, on apprécie la sympathie du personnage et l’amitié sincère qui nait avec Don Shirley. D’ailleurs, ce décalage présent entre les deux personnages fait naître des instants cocasses que le réalisateur Peter Farrely apprécie: "Vous avez un pianiste de concert noir avec deux musiciens qui roulent pendant deux mois avec un videur italo-américain qui penche vers un côté raciste. Donc, vous allez avoir quelques moments étranges là-dedans. C’est de là que vient l’humour. C’est des personnalités, des personnages et non des blagues pour elle même." En effet, les acteurs sont rayonnants dans leur rôle et malgré la profondeur de l'histoire, Tony Lip et le Docteur Shiley restent à la fois drôles et attachants.

 

Dans "BlacKkKlansman", Spike Lee mettait en vedette Adam Driver et John David Washington, pour affronter de front le racisme institutionnel des années 70. Ici, dans "Green Book" au-delà du racisme institutionnel, Peter Farrely dénonce la violence des moeurs racistes des blancs américain des années 70. Bien plus qu'un blame, le film nous livre un appel à l’altérité, au dépassement des jugements hâtifs qui hantent nos sociétés d’hier et d’aujourd'hui. C’est un appel à l’humanité, à la fraternité. Ayant assister à l’avant-première française de ce film, je vous le recommande vivement et sans modération comme résolution de cette année 2019!

 

Note: 4/5

Remerciements à Jero de Cineflash

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