Planète Cinéphile

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CRITIQUE #AQUAMAN

CRITIQUE #AQUAMAN

Peut-on encore réellement parler de confrontation cinématographique entre Marvel et DC? Alors que Marv’ rentre dans la phase la plus charnière de son MCU avec un "Avengers: Endgame" qui devrait probablement redistribuer les cartes des premiers rôles (Chris Evans et Robert Downey Junior vont notamment quitter le navire, parmi d’autres), permettant de ce fait d’intégrer de nouveaux personnages (les X-Men ?) pour remplacer ceux sur le départ, DC peine encore à trouver son rythme de croisière.

Pourtant, le DCEU fut lancé par un "Man of Steel" en 2013, loin d’être parfait, mais spectaculaire et entraînant, malgré un rythme un peu bâtard. Mais par la suite, il fut plombé par un "Batman Vs Superman" confus (et sorti trois ans plus tard), un ridicule "Suicide Squad" tellement loin de la noirceur du comics et une "Justice League" inintéressante malgré sa galerie de personnage un peu attachant. La décision prise l’été dernier de se consacrer à l’avenir à réaliser davantage de Stand-Alone que de Crossovers semblent être le meilleur choix de DC, preuve en est du succès de "Wonder Woman". Ainsi, en cette fin d’année, DC publie son sixième chapitre, centré cette fois-ci sur un héros plutôt méconnu, "Aquaman".

Cantonné trop souvent à une imagerie plutôt kitsch (rappelez-vous le jeu "GameCube") alors qu’il possède un background plus qu’intéressant, James Wan, maître des sagas blockbusters horrifiques ("Conjuring", "Insidious" ou "Saw"), mais également déjà à l’œuvre dans le divertissant "Fast and Furious 7", réhabilite avec un certain talent le héros sous-marin, prenant le temps de lui donner de belles origines, fruit de la romance interdite entre Atlanna (Nicole Kidman), reine d’Atlantis, et Thomas Curry, gardien de phare joliment interprété par Temuera Morrison (souvenez-vous du génial Jango Fett de "Star Wars II"). Inutile de le dire, ça finira par mal tourner et tout ce beau monde devra se séparer avec pertes et fracas.

Nous étions déjà habitués à d’intenses batailles ultra-destructrices en ville et/ou dans les airs, les sempiternels combats apocalyptiques faisant toujours recette; mais toutefois ici, on s’attend à des combats sous-marins, ainsi que des décors envoutants, car quand on pense fond marin, il est vrai qu’il s’agit souvent de lieux d’une grande beauté, et il faut reconnaître le travail effectué. Les lieux visités sont somptueux et variés, témoignant d’un travail ahurissant pour mélanger réel et imaginaire, la cité d’Atlantis faisant même parfois penser à la planète tentaculaire de Coruscant. Pour ce qui est de la bagarre, il faut également reconnaître que le tout est hyper bien fichu, les combats sont extrêmement dynamiques et nous font ressentir toute la résistance de l’eau au travers de belles chorégraphies mises en place. Tout y est extrêmement lisible et énergique.

CRITIQUE #AQUAMAN

Mais au-delà de cela, nous commençons à toucher quelques petites choses qui font pester un petit peu… Déjà au niveau des personnages. Jason Momoa est parfait dans son rôle, étant avec Gal Gadot ("Wonder Woman") et Ezra Miller ("Flash") le trio de choix de DC les plus en accord avec les personnages. Notre cher Khal Drogo insuffle une vraie personnalité à l’Atlante, apparaîssant très souvent suffisant et prétentieux, parfois un brin macho, mais sachant au fur et à mesure montrer d’intenses moments plus délicats, ou bien même de doutes sur sa capacité à être un roi digne de ce nom, rappelant le développement du personnage de Thor.

Mais face à lui, il y a de la figue et du raisin. Notons un Willem Dafoe, pour une fois pas inquiétant et très convaincant campant Nuidis Volko, conseiller du roi toujours fidèle à la reine disparue jouant un habile double jeu; Patrick Wilson (déjà présent dans "Conjuring" et "Insidious" pour Wan, et en tant que Hibou dans le chef-d’œuvre "Watchmen" pour DC) excellemment charismatique sous les traits de l’antagoniste Orm (vous verrez, on finit par passer au-dessus de ses répliques over-the-top) ; Temuera Morrison très touchant formant un charmant duo avec Nicole Kidman (même si le look Atlante ne lui colle pas vraiment). Mais du côté du raisin (ou de la figue, au choix), Amber Heard est transparente dans un rôle et un physique trop proche d’une Black Widow mal rendue; Dolph Lundgren, qu’on sait peu expressif de base, fait continuellement la gueule et la palme revient à Yahia Abdul, possédant le rôle ô combien important de Black Manta mais le jouant avec un ridicule hilarant dans son jeu et surtout dans son armure qui, même en étant très proche de son modèle dans les comics, apparaît juste comme une grosse mouche en film live.

Au niveau de l’histoire, les incohérences font râler et les facilités scénaristiques pour régler les litiges sont légion. Le film donne souvent l’impression de vouloir en dire beaucoup trop avant de s’apercevoir qu’il se perd et de revenir de manière totalement forcée dans le récit dans lequel nous avons été, parfois, sortis de force. Il n’y a rien de vraiment grave toutefois et le film se veut bien plus dynamique que le blabla sans fin de "Batman Vs Superman". Non, hormis quelques costumes assez kitsch et des répliques tout droit sorties d’un "Expendables" (qui prêtent davantage à sourire qu’à souffler), DC sort la tête de l’eau (#humour) et nous livre un film extra divertissant à mettre dans son haut du panier avec la toute seule "Wonder Woman".

Et quid de la suite? Alors qu’à partir du prochain Avengers, Marvel en sera à son 22e chapitre, DC semble enfin avoir trouvé son rythme de film, les prochains projets étant légion, des plus attendus ("Wonder Woman" 1984 ou "Nightwing") à ceux insufflant d’énormes craintes ("Shazam", "Suicide Squad 2" (et tous les spin-off avec Harley ou le Joker), ou "The Batman" (avec un acteur encore inconnu malgré les rumeurs). La lumière perce doucement derrière les nuages, mais pas suffisamment pour rassurer aux vus des multiples remous dans la production des opus à venir.

Note: 4/5

Remerciements à NCo (just_an_ellipsis)

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