Planète Cinéphile

Cette semaine

CRITIQUE: "DA 5 BLOODS: FRÈRES DE SANG"

CRITIQUE: "DA 5 BLOODS: FRÈRES DE SANG"

Le cinéma de Spike Lee est toujours complexe à analyser, sa vocation de cinéaste engagé jouant très souvent à double tranchant sur notre manière d'aborder sa filmographie ("Do The Right Thing", "Malcom X"). L'année passé, il avait opté pour la génialissime comédie noire, "BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan". Cette fois-ci, pour le compte de Netflix, c'est vers le film de guerre dramatique qu'il se tourne. "Da 5 Bloods: Frères de sang" raconte le retour au Viêtnam de quatre vétérans, dont l'histoire effectue un parallèle avec l'Amérique d'aujourd'hui, notamment par l'incorporation du mouvement "Black Lives Matter", ayant pour objectif à la fois de retrouver le corps de Chadwick Boseman, leur ancien chef décédé, mais également de mettre la main sur une importante cargaison de lingot d'or. Véritable curiosité cinématographique et parfois filmée tel un documentaire, le film opérant par exemple des changements de format vidéo et de couleur lors des transitions dans le passé, ainsi que l'incrustation de personnalités afro-américaines lorsqu'elles sont citées par les protagonistes, surtout dans le premier tiers, rendant la narration parfois confuse.

 

CRITIQUE: "DA 5 BLOODS: FRÈRES DE SANG"

C'est problématique puisqu'on ressent l'envie du cinéaste de brasser une large variété de sujets, mais sans prendre véritablement le temps de les poser, les laissant souvent vacant sur le bas côté. D’autant plus frustrant que la longue durée du film ne trouve finalement qu'assez peu d'explications tant certains instants sont superflues, voir même sensiblement mous. Dans cette tiédeur sort une personnalité: Delroy Lindo, qui s'offre les faveurs de la caméra, transperçant le spectateur de monologue d'une profondeur désarmante et damnant souvent le pion à un casting passionnant, mais qui ne semble pas bénéficier du même traitement. Les scènes d'action, froides, courtes, gores et brutales, ne sont là que pour appuyer encore l'absurdité d'un affrontement constamment inutile. Encore une fois, le cinéma de Spike Lee demeure essentiel (cette cruelle introduction) pour comprendre la fureur et la nécessité de certains mouvements, mais le cinéaste se perd parfois dans une narration beaucoup trop étirée perdant un peu la puissance du message initial.

 

NOTE: ★★★☆☆ 3/5

 

Remerciements à NCo (just_an_ellipsis) & Netflix France

Partager cet article