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STRIKE CAN'T STOP ?

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   Si les négociations entre la guilde des scénaristes américains (la WGA) et l’alliance des producteurs (l’AMPTP) ont repris il y a maintenant deux semaines, l’issue de la grève reste encore incertaine alors que les deux parties sont encore loin d’être d’accord sur la résolution de la crise.

Du côté de la WGA, John F. Bowman, chef du comité de négociation déclare que « l’AMPTP est revenue vers nous avec un rejet total de nos propositions concernant la diffusion en streaming des programmes. Ils maintiennent leur offre de 250 dollars concernant la diffusion illimitée d’un programme pour une durée d’un an après une utilisation libre de six semaines. Ils maintiennent également l’idée d’un taux identique à celui du DVD pour les téléchargements. L’AMPTP demande que nous abandonnions un nombre conséquent de nos propositions, dont la valeur de marché égalitaire (qui nous protège contre le rachat autonome), l’animation, la télé réalité et enfin toute proposition qui utilise le brut des distributeurs en tant que base pour les calculs résiduels. Il faudrait ainsi que nous concédions sur toute notre offre Internet afin de pouvoir continuer les négociations. L’AMPTP voudrait ainsi faire à Internet ce qu’elle a déjà fait pour le marché de la vidéo »

Concernant l’auto acquisition, la pratique est plutôt courante aux Etats-Unis. Ainsi, une filiale d’une boite de production rachète à une autre filiale un programme à la baisse, et réduit ainsi la rémunération des ayants droits alors que le programme reste tout de même la propriété du studio. Une situation impensable pour la WGA.

Du côté des studios, ceux-ci se disent « déçus de voir que la WGA est une nouvelle fois partie de la table des négociations après avoir refusé leurs propositions. Nous avons déjà conduit de nombreuses négociations à leur terme depuis 1982 alors que les personnes en face de nous aujourd’hui n’ont jamais accompli une telle chose. » L’AMPTP déclare que leur proposition augmenterait généralement les salaires des scénaristes d’environ 230 000 dollars par an et clame avoir prouvé lors des 5 derniers mois qu’ils désirent que « les scénaristes participent aux revenus des producteurs, qu’il s’agisse de diffusions sur les grands ou petits écrans. Mais il est hors de question qu’ils participent au naufrage de l’industrie ».

« Les scénaristes ont des demandes radicales qui ont déclanché la levée de la grève » déclare l’association des producteurs. « Nous espérons que la WGA reviendra à la table des négociations avec des propositions plus réalistes afin que nous puissions résoudre cette situation de crise qui met tellement de personnes en situation de détresse ». Une déclaration qui semble puer la condescendance et la langue de bois, mais qui se voit alimentée de préoccupations pour le moins intrigantes : « La WGA demande le contrôle total sur les programmes de télé réalité et d’animation », signifiant ainsi que toute personne travaillant sur ces médias se verrait dans l’obligation de signer chez la WGA. Les studios déclarent sur ce sujet que « des milliers de personnes oeuvrant dans ces domaines ont déjà refusé de s’engager de pareille manière ». Les studios déclarent également que la guilde poserait un veto à toute diffusion de show de téléréalité ne répondant pas aux impositions de la WGA, ce qui limiterait la compétition.

Concernant la diffusion en ligne, les studios déclarent que la WGA exige des revenus « supérieurs à ce que nous touchons sur ce mode de distribution, ce qui tuerait dans l’œuf la pratique elle-même. La WGA pose ainsi des demandes irréalistes qui, de plus, vont à l’encontre non seulement de l’intérêt de ses membres, et impose un dictat aux personnes ayant refusé de faire partie de leurs membres ». La WGA affirme aujourd’hui être en mesure de proposer une contre–offre immédiatement, mais on a du mal à voir une issue rapide au conflit pour l’instant.

 

Courtesy of Dvdrama.com & David Brami

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