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CANNES 2008 - PALMARES




La France a remporté sa première Palme d'or depuis 1987 avec "Entre les murs" de Laurent Cantet, couronné à l'unanimité par le jury et salué par une émouvante ovation du public, à mille lieues des huées suscitées 21 ans plus tôt par "Sous le soleil de Satan" de Maurice Pialat.

"Le film a une écriture magique, sa générosité est magique, tout était magique", s'est enflammé Sean Penn, le président du jury.

Mi-documentaire mi-fiction, "Entre les murs" plonge dans le quotidien d'une classe de collège parisien où un jeune professeur de français s'efforce d'enseigner à ses élèves une langue différente de la "tchatche".

"Ce film a tout ce qu'on souhaitait du cinéma", a estimé l'acteur réalisateur américain.

Très enthousiaste elle aussi, la jurée Marjane Satrapi qui avait remporté le prix du jury 2007 avec "Persépolis", a déclaré que ce film "coup de coeur" va "au-delà de la banlieue et pose de vraies questions sur la démocratie".

A l'opposé de la fameuse réplique lancée en 1987 par Pialat, poing en l'air - "Si vous ne m'aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus !" -, Laurent Cantet, très ému, a reçu son prix entouré des adolescents du film, pendant une vibrante ovation debout du public.

 
"Le film devait ressembler à la société tout entière, il devait être multiple, foisonnant, complexe... il devait y avoir aussi des frictions que le film ne cherchait pas à gommer", a-t-il expliqué, sa Palme dans les mains.

"Entre les murs" s'inspire du livre éponyme d'un professeur, François Bégaudeau, héros du film tourné au terme d'ateliers d'improvisation.

Dévoilé à la veille du palmarès, le film a été très applaudi et a vivement ému les critiques, tant français qu'internationaux.

Agé de 46 ans, Cantet, fils d'instituteurs formé à l'Idhec, avait été révélé au grand public en 1999 par un premier film marquant, "Ressources humaines", troublante radiographie du monde du travail couronnée de deux César.

Le Grand prix, la plus haute distinction après la Palme d'Or, estallé à "Gomorra" de l'Italien Matteo Garrone, un puissant tableau de la mafia.

En l'absence du réalisateur, le prix a été remis à son acteur Toni Servillo, également à l'affiche d'un autre film italien, "Il Divo", sur l'homme politique controversé Giulio Andreotti, qui a remporté le Prix du jury.

Comme attendu, l'acteur américain d'origine portoricaine Benicio Del Toro, 41 ans, a obtenu le prix d'interprétation masculine pour son incarnation passionnée du révolutionnaire Ernesto Guevara dans "Che" de Steven Soderbergh.

En revanche, le prix d'interprétation féminine est une surprise.

L'actrice brésilienne Sandra Corveloni a été récompensée pour son premier rôle au cinéma, celui d'une mère de famille d'un quartier populaire dans le film "Linha de Passe" de ses compatriotes Walter Salles et Daniela Thomas. La lauréate n'a pas pu venir à Cannes car elle a perdu un bébé récemment.

Le prix du scénario a été décerné aux frères belges Jean-Pierre et Luc Dardenne pour "Le silence de Lorna", trois ans après leur deuxième Palme d'or pour "L'enfant".

Le film anglais "Hunger" de l'Anglais Steve McQueen a obtenu la Caméra d'or, qui récompense une première oeuvre présentée dans une des différentes sélections officielles ou parallèles.

Enfin, l'actrice française Catherine Deneuve et l'acteur-réalisateur américain Clint Eastwood ont reçu chacun un prix spécial du 61e Festival pour l'ensemble de leur carrière. Pourtant très appréciés, "L'échange" d'Eastwood et "Valse avec Bachir" de l'Israélien Ari Folman sont repartis bredouilles.



Courtesy of AFP

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