Planète Cinéphile

Cette semaine

LUC BESSON A PROPOS DE LA VOD




Stratégie - Le réalisateur-producteur défend une position atypique dans le milieu des professionnels du cinéma. Il plaide pour la mise à disposition des films sur Internet, deux jours après leur sortie en salles, pour un prix compris entre 25 et 35 euros.


Le projet de loi Création et Internet, issu des accords Olivennes signés en novembre 2007, fait la part belle à la lutte contre le téléchargement illégal d'oeuvres protégées par les droits d'auteurs, avec notamment le dispositif de riposte graduée et de suspension de la connexion internet des pirates. La contrepartie de ce volet « pédago-répressif » devrait être le déploiement d'une offre légale attractive, comme le réclament les fournisseurs d'accès. Ce qui signifie notamment un raccourcissement de la chronologie des médias, c'est-à-dire permettre aux films d'être distribués en vidéo à la demande (VOD) dans un délai le plus court possible après leur sortie en salle.

S'ils sont prompts à vouloir réprimer le piratage, les professionnels du cinéma sont en revanche moins pressés de bouleverser leur modèle actuel de distribution. Lors de la signature des accords Olivennes, ils se sont engagés à ce que la fenêtre de la VOD soit ramenée de 33 semaines à 6 mois, « dès que la riposte graduée fonctionnera ».


Une offre premium sur Internet


La position de Luc Besson est donc atypique. « Je suis pour l'éclatement de la chronologie des médias, déclare le réalisateur, président de la société de production et de distribution de films EuropaCorp, dans une interview aux Echos. Cela fait des années que j'essaie de convaincre le cinéma français qu'il ne faut pas aller contre l'évolution des pratiques du consommateur : il faut proposer les films sur Internet juste après la sortie en salle

Le réalisateur propose ainsi de créer une offre "premium" sur internet d'une durée de quarante-huit heures, le samedi et le dimanche qui suivent la sortie du film en salle, pour un prix de 25 à 35 euros. Quinze jours plus tard, la même offre serait de nouveau proposée mais un peu moins chère autour de 22 euros, et ainsi de suite.

Pour Luc Besson, « la lutte contre le piratage passe par un raccourcissement des délais de diffusion des films sur tous les supports. (...) A partir du moment où il y a une loi stricte - la loi création et Internet - qui condamne et punit les auteurs de délits, il est normal que le cinéma propose au public une offre légale. »

Initialement prévu en janvier 2009, l'examen à l'Assemblée nationale du projet de loi Création et Internet pourrait être repoussé à mars, selon PC Impact.



Courtesy of Zdnet.fr

Partager cet article