Planète Cinéphile

Cette semaine

CANNES QUOTIDIE - LUNDI 21

 

Au lendemain de la cérémonie des 60 ans du Festival de Cannes marquée par la projection d'un film collectif, le compétition reprend avec "Paranoid Park" de l'Américain Gus Van Sant et "Import Export" de l'Autrichien Ulrich Seidl.

Le réalisateur américain, consacré à Cannes par une Palme d'or pour "Elephant" en 2003, continue de disséquer les noirceurs et les doutes des âmes adolescentes avec ce nouveau film, avec Jake Miller, Dan Liu, Mauren McKinney, sur un jeune skater qui tue accidentellement un gardien du terrain de skate "Paranoid Park" et décide de se taire.

Gus Van Sant a choisi son comédien principal à l'issue d'un vaste casting organisé dans la région de Portland (Oregon), dont le réalisateur est originaire et où il a tourné son nouveau film.

Le film est entièrement financé par la société française MK2 et il sortira en France le 5 septembre bien avant d'être diffusé aux Etats-Unis (26 décembre).

"Import Export" de Ulrich Seidl (Autriche, 2H15) avec Paul Hofmann, Ekateryna Rak, Michael Thomas.

Les destins symétriques de deux personnes à la recherche d'un nouveau départ: une jeune infirmière ukrainienne qui s'installe en Autriche et un agent de sécurité autrichien au chômage qui déménage en Ukraine.


 Ulrich Seidl, révélé par "Dog Days", Grand prix du jury au Festival de Venise en 2001, veut montrer à quel point l'Europe est devenue une société difficile et fermée pour les populations les plus faibles.

"A mighty heart (un coeur invaincu)" de Michael Winterbottom est présenté hors compétition (sortie en France le 19 septembre), avec Angelina Jolie, Dan Futterman, Archie Panjabi.


 Le film s'inspire du livre éponyme écrit par Mariane Pearl sur l'assassinat de son mari, le journaliste américain Daniel Pearl, exécuté en janvier 2002 par des extrémistes islamistes alors qu'il enquêtait sur ces réseaux au Pakistan.

Enceinte de six mois à l'époque, Mariane Pearl a écrit ce livre comme un hommage à son mari destiné à leur fils Adam, et un appel à surmonter les haines dans le monde post 11 septembre.


 La crème des cinéastes du monde entier a dit dimanche "bon anniversaire" au festival de Cannes en envoyant de savoureux petits films regroupés dans une oeuvre collective, et en posant en soirée pour une photo de famille historique.

La fête d'anniversaire du plus grand festival de cinéma du monde dimanche a été l'occasion d'une montée des marches exceptionnelle de la part d'une trentaine des plus grands cinéastes de la planète.

Après la projection de ce film collectif, la ministre de la Culture, Christine Albanel, a lu en soirée un message du président de la République Nicolas Sarkozy adressé au président du Festival, Gilles Jacob.

Dans cette lettre, qui célèbre les 60 ans du Festival, M. Sarkozy a notamment rendu hommage à l'exception culturelle "qui a donné sa vitalité à la création contemporaine". Il a promis qu'il combattrait le "piratage de masse" vers lequel peut dériver la révolution numérique.

Pour cet anniversaire, le Festival a voulu donner la vedette aux cinéastes, qu'il a souvent révélés et qui ont à leur tour bâti sa réputation.

Le Japonais Takeshi Kitano, superbe en kimono noir, Wim Wenders, longue chevelure et redingote noire, Gus Van Sant, Michael Cimino en smoking blanc, Roman Polanski, David Cronenberg, Ken Loach, les frères Coen, Jane Campion -- la seule femme du groupe -- etc : la photo de famille, en haut des marches du Palais des Festivals, était historique.

Ont également foulé le célèbre tapis rouge des stars comme Sharon Stone, Maggie Cheung, Helen Mirren, Gérard Depardieu, Faye Dunaway. Mais c'est pour le retour sur les marches d'Alain Delon, longtemps brouillé avec le Festival -- et qui arborait au revers de son smoking un badge marqué "star"--, que la foule massée autour du Palais s'est le plus enflammée.

Les cinéastes ont ensuite découvert leur oeuvre collective, "Chacun son cinéma", à laquelle chacun n'a participé que pendant trois minutes. Au total, 35 réalisateurs ont relevé le défi lancé par Gilles Jacob: tourner dans ce laps de temps un court métrage sur un thème imposé - la salle de cinéma - avec un budget fixe de 25.000 euros.

Il est bien plus difficile de faire un film court qu'un long, a jugé l'un des auteurs, le Russe Andréi Konchalovsky, qui a ajouté : "le grand écrivain russe Pouchkine a écrit, dans une longue lettre à un ami: +Excuse-moi, je n'ai pas le temps de t'écrire une lettre courte".

Dédié au cinéaste Federico Fellini, "Chacun son cinéma", qui dure deux heures et sera bientôt distribué en DVD, est émaillé de petits bijoux d'émotion, de nostalgie et souvent, d'humour noir.

Certains y posent un regard tendrement nostalgique sur les salles de quartier aujourd'hui en déclin. Ainsi, Claude Lelouch montre la rencontre de ses parents, dans un cinéma en 1936.

Très applaudi, le film de Walter Salles met en scène deux campagnards brésiliens qui vivent "à 8.944 km de Cannes", et chantent a cappella leur vision du Festival. "C'est un petit port de pêche abandonné, et le chef du village s'appelle Gil !", lance l'un des deux en jouant du tambourin, dans un clin d'oeil à Gilles Jacob.

David Cronenberg imagine un monde apocalyptique où règne la télévision : "le dernier Juif du monde" s'y suicide en direct dans "le dernier cinéma du monde". "La forme de cinéma telle que nous l'avons connue appartient déjà au passé", a estimé devant la presse le réalisateur canadien.

Dimanche, le festival découvrait aussi "Les Psaumes", signé par le Français Raphael Nadjari, seul film de la compétition présenté au 5e jour du festival.

"Tehilim" - titre original de cette co-production franco-israélienne - scrute les effets de la disparition d'un père sur une famille juive, de nos jours à Jérusalem, au fil d'un récit épuré, d'une tension constante.

 

Courtesy of AFP

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