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GREVE SUITE + DELOCALISATION

 

Pour la première fois depuis vingt ans, les scénaristes de cinéma et télévision américains envisagent de déclencher un mouvement de grève, après l'échec mercredi des négociations avec les producteurs, qui pourrait paralyser l'industrie du cinéma et de la télévision des Etats-Unis.

Le comité de négociation du syndicat a décidé de recommander la grève à la direction de la WGA qui doit se réunir vendredi, a indiqué jeudi une porte-parole de leur syndicat (Writers Guild of America, WGA), Sherry Goldman, à l'AFP.

 Les scénaristes réclament notamment plus de droits d'auteurs quand leur oeuvre est diffusée sur les téléphones portables ou encore les baladeurs numériques. Ils souhaitent aussi un pourcentage plus élevé de leurs droits d'auteur sur les vidéos-DVD et l'extension des tarifs syndicaux et avantages sociaux aux programmes de la télé-réalité.

Ces revendications ont été rejetées par le puissant syndicat des producteurs (Alliance of Motion Picture and Television Producers, AMPTP).

En 1988, les scénaristes s'étaient mis en grève durant 22 semaines et ce conflit avait coûté environ 500 millions de dollars aux studios. Selon le maire de Los Angeles, Antonio Villaraigosa, une grève pourrait aujourd'hui coûter le double.

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Des producteurs de cinéma européens et américains s'installent de plus en plus souvent en Europe centrale et orientale pour profiter des prix compétitifs, d'une main-d'oeuvre qualifiée et de décors faits de nature vierge et de vestiges du passé communiste.

Acquéreur des studios bulgares de Boyana, dans la banlieue de Sofia, un Américain, David Varod, promet d'en faire un petit Hollywood: "L'année prochaine, ce seront les plus grands studios d'Europe". "Pas seulement en superficie, mais aussi en terme de tournages", déclare ce représentant de la maison de production hollywoodienne Nu Image/Millenium Films.

 Il envisage d'investir 30 millions d'euros en trois ans pour faire de Nu Boyana un prestataire de services du monde du cinéma. La construction d'un décor d'avenue new-yorkaise bat déjà son plein, alors qu'Antonio Banderas et Morgan Freeman y tournent "Le Code".

Tourner en Bulgarie revient six fois moins cher qu'aux Etats-Unis, 35% moins cher qu'en République tchèque et aussi bon marché qu'en Roumanie, explique-t-il.

"La bonne raison pour venir en Bulgarie, c'est l'existence de décors, soit pour des sujets historiques liés au communisme, soit pour des films dans la nature", dit le producteur français Patrick Sandrin, qui a attiré en Bulgarie une partie du tournage d'"Est-Ouest", de Régis Wargnier, avec Catherine Deneuve et Sandrine Bonnaire, ou encore "Le Lièvre de Vatanen" avec Christophe Lambert.

En Roumanie, même si des compagnies étrangères n'ont pas ouvert d'antenne, les studios accueillent de nombreux tournages comme "Jeunesse sans jeunesse" ("Youth without Youth") de Francis Ford Coppola.

"L'infrastructure de production moderne et compétitive, la qualité des techniciens, le paysage diversifié et les moindres coûts" sont les atouts roumains, estime Bogdan Moncea, responsable de Castel Film Studios, qui travaille avec des producteurs comme Paramount, Miramax Pictures et HBO. Castel revendique le plus grand studio d'Europe continentale avec 3.274 m2.

"Amen" de Costa-Gavras, "Cold Mountain" avec Nicole Kidman, "Joyeux Noël" de Christian Carion ou "Sex Traffic" de David Yates ont été tournés à Castel et à Media pro, l'autre grand groupe roumain.

Mais le coût n'est pas tout, estime Christian Dubois, un Français qui a fondé à Prague la société Blue Screen: "Prague reste un bon choix même si d'autres pays émergents comme la Bulgarie et la Roumanie font du dumping sur les coûts. Les Tchèques sont comparativement plus chers, mais plus performants sur le plan technique", affirme-t-il.

Roman Polanski, qui a tourné en 2004 "Oliver Twist" à Barrandov Studios, les a classés "parmi les meilleurs" du monde. La direction de Barrandov affirme disposer du "plus grand studio insonorisé d'Europe".

Parmi les compagnies basées en République tchèque, Stillking, fondée par un expatrié britannique, a travaillé sur "Casino Royale" avec Daniel Craig dans le rôle de James Bond et a récemment servi au tournage de "Wanted" avec Morgan Freeman et Angelina Jolie.

Parmi les autres tournages praguois figurent la série de Disney "Chroniques de Narnia" ("Chronicles of Narnia") et "Faubourg 36" du Français Christophe Barratier.

En Hongrie, une loi de 2004, prévoyant de subventionner les films à hauteur de 20% de leur coût de production, a encouragé la naissance de studios privés. Universal a choisi l'un d'eux, Korda, pour le tournage de "Hellboy-2" du réalisateur Guillermo del Toro.

En Lituanie, Lituanian Film Studio (LFS) tire 85% de ses revenus de productions étrangères. Ainsi, "Defiance", un film sur la résistance juive en Pologne, du détenteur d'Oscar Edward Zwick, avec Daniel Craig, y est en cours de tournage. En 2006, Vilnius a accueilli le tournage de "Guerre et Paix" d'après le roman de Léon Tolstoï, une coproduction de six pays.

"Les compagnies étrangères nous aident à survivre et à retenir les spécialistes qui, sinon, auraient émigré depuis longtemps", déclare le directeur du LFS, Ramunas Skikas.


 

Courtesy of AFP

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