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GREVE A HOLLYWOOD (suite)

Les scénaristes de cinéma et de télévision américains ont entamé lundi une grève illimitée qui risque de paralyser des pans entiers de l'industrie du divertissement aux Etats-Unis.

"Les discussions se poursuivent mais la grève est effective", a déclaré à l'AFP Sherry Goldman, une porte-parole du syndicat des scénaristes, la Writers Guild of America (WGA).

Elle faisait référence à des négociations de dernières minutes entamées dimanche dans un endroit tenu secret, à Los Angeles (Californie, ouest), qui n'ont pas cependant débouché sur l'annonce d'avancées.

L'arrêt de travail des scénaristes a commencé après minuit sur la côte est, les auteurs de New York étant les premiers à se mettre en grève du fait des différents fuseaux horaires aux Etats-Unis, a indiqué Sherry Goldman.

Le mot d'ordre de grève, une première en près de 20 ans, intervient à l'issue de plus de trois mois de négociations infructueuses, tandis que les contrats arrivaient à expiration jeudi. Quelque 12.000 scénaristes affiliés à la WGA sont tenus par le mot d'ordre.

Les grévistes réclament notamment davantage de droits d'auteur quand leur oeuvre est diffusée sur les téléphones portables ou encore les baladeurs numériques. Ils souhaitent aussi un pourcentage plus élevé de leurs droits d'auteur sur les vidéos-DVD et l'extension des tarifs syndicaux et avantages sociaux aux programmes de la télé-réalité.

Ces revendications ont été rejetées par le puissant syndicat des producteurs (Alliance of Motion Picture and Television Producers, AMPTP), qui a expliqué que les programmes diffusés sur l'internet n'étaient pas encore rentables.

"Tout le monde sait combien coûte un DVD et un auteur reçoit de quatre à cinq cents pour la vente d'un DVD", a dénoncé jeudi le scénariste Bryce Zabel. "Nous, on demande huit cents. Et ils disent que c'est scandaleux !"

Selon des analystes, le blocage pourrait durer plusieurs mois et les pertes potentielles pourraient se chiffrer à plus d'un milliard de dollars.

"Apocalypse Now", titrait en Une le quotidien de référence dans le milieu, Daily Variety, à la perspective de cette grève, en soulignant qu'elle risquait aussi d'entraîner des débrayages dans d'autres secteurs de l'industrie.

Les scénaristes ont reçu le soutien du syndicat des acteurs Screen Actors Guild (SAG) mais les 150.000 acteurs affiliés à ce syndicat n'ont pas prévu de se mettre en grève.

Les programmes des chaînes de télévision américaines devraient être bouleversés à très court terme par la grève des scénaristes, selon des informations de presse. Les premières productions touchées devraient être les "talk-shows" de soirée, dont les répliques sont écrites au jour le jour.

"Boom, notre émission, s'arrête purement et simplement", a ainsi déclaré Amy Poehler, membre de l'équipe qui anime l'émission "Saturday Night Live". "Il n'y a pas de scripts en réserve", a-t-elle dit au Daily Variety.

Ni les téléfilms, ni les séries, ni les films hollywoodiens ne seraient en revanche affectés dans l'immédiat, les producteurs ayant emmagasiné des dizaines de scénarios en prévision d'un éventuel conflit.

Mais la précédente grève avait duré 22 semaines et en cas de conflit aussi dur, ce seraient des pans entiers de l'industrie du divertissement qui se retrouveraient paralysés, faute de contenu.

En 1988, le long conflit des scénaristes avait coûté environ 500 millions de dollars aux studios. Selon le maire de Los Angeles, Antonio Villaraigosa, une grève pourrait aujourd'hui coûter le double.

L'industrie du divertissement rapporte environ 30 milliards de dollars par an au comté de Los Angeles, où vivent 10 millions de personnes.

 

Courtesy of AFP

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