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ALAIN RESNAIS (1922-2014)

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Le cinéaste - scénariste, réalisateur et monteur français; Alain Resnais, né le 03 Juin 1922, est mort Samedi 1er Mars, à Paris "entouré de sa famille", a annoncé son producteur Jean-Louis Livi. Il avait 91 ans.


Le réalisateur se nourrit très jeune de cinéma, de littérature, de bandes dessinées et de théâtre. Dès l'âge de treize ans, il réalise des petits films en 8 mm. Installé à Paris au début de la Seconde Guerre mondiale, il s'inscrit à l'IDHEC en 1943, où il est reçu dans la première promotion. Il se spécialise dans le montage tout en continuant à réaliser des films en 16 mm. Parmi ceux-là, des courts-métrages sur des peintres préfigurent sa carrière de cinéaste. 

 

Alain Resnais commence sa carrière dans le cinéma documentaire. Tournés en noir et blanc, Van Gogh (1948), Guernica (1950) ou Les Statues meurent aussi (1953), avec Chris Marker, sont salués par la critique pour la qualité de l'analyse esthétique et leur sensibilité. En 1955, il réalise Nuit et Brouillard (1956) en collaboration avec l'écrivain Jean Cayrol, bouleversante évocation des camps de déportés, puis deux autres films sur la Bibliothèque nationale et sur les usines Péchiney. Pour Hiroshima mon amour (1959), son premier long métrage qui lui vaut une renommée mondiale, Alain Resnais s'appuie sur un texte de Marguerite Duras, et L'Année dernière à Marienbad (1961), son deuxième film, emprunte son sujet au romancier Alain Robbe-Grillet. Ces deux oeuvres révèlent un goût de l'exercice de style au service d'une grande sincérité. Virtuosité du montage, fixation sur des lieux et des objets insolites, souplesse de la caméra contribuent au dosage savant de féerie décorative et d'étude psychologique. Les jeux de forme d'Alain Resnais, qui mélangent constamment l'imaginaire et la réalité, sont l'expression d'un style original, mais aussi d'une réflexion attentive sur la complexité de la pensée humaine. La suite de son oeuvre conduit le cinéaste vers une réflexion désenchantée sur les guerres perdues (Muriel ou le Temps d'un retour, 1962) puis à la découverte d'univers parallèles (Je t'aime, je t'aime, 1967) ou au charme discret du rétro (Stavisky, 1974). Il retrouve une veine plus personnelle avec Providence (1976) et La Vie est un roman (1982), véritables labyrinthes de la rumination littéraire, ou encore avec Mon oncle d'Amérique (1979), réflexion sur la biologie du comportement inspirée des propos du professeur Henri Laborit. Une sorte de détachement amusé se dessine et se confirme avec Mélo (1986), adaptation d'une pièce d'Henry Bernstein, où Resnais réconcilie cinéma et théâtralité. Si l'audace formelle et l'intelligence du récit demeurent dans I Want to Go Home (1988), elles sont encore plus sensibles dans le film double Smoking/No smoking (1992), série de variations sur les potentiels narratifs, interprété uniquement par Pierre Arditi et Sabine Azéma qui incarnent à eux seuls neuf personnages. Tout comme dans On connaît la chanson (1997), les situations, la psychologie et la métaphysique font la matière d'un virevoltant exercice intellectuel non dénué d'humour. C'est aussi une oeuvre caractéristique des méthodes de travail d'Alain Resnais, qui sait s'entourer d'artisans pour donner le plus grand soin aux décors, aux couleurs, à la lumière et au cadre, et à la construction du scénario. Son dernier film, Coeurs (2006), histoire de chassé-croisé entre sept personnages malades de solitude, lui vaut le Lion d'argent de la mise en scène du Festival de Venise. 

 

Prix :

  • Meilleur réalisateur, 2006 au Mostra Internazionale d'Arte Cinematografica (Venezia) pour le film : Coeurs
  • Meilleur réalisateur, 2004 au Les Lumières pour le film : Pas sur la bouche
  • Prix pour l'ensemble de la carrière, 1998 au Internationale Filmfestspiele (Berlin)
  • Prix pour l'ensemble de la carrière, 1995 au Biennale de Venise
  • Meilleur réalisateur, 1994 au Césars du Cinéma Français pour le film : Smoking/No smoking
  • Meilleur réalisateur, 1978 au Césars du Cinéma Français pour le film : Providence

 

Pour rappel, France Culture vous proposera dans les jours à venir, plusieurs hommages à Alain Resnais, parmi lesquels Soft Power ce Dimanche 02 Mars ainsi que la première partie de La Grande Table du Lundi 03 Mars. A venir ensuite, Une Nuit Avec Alain Resnais, dans la nuit du Samedi 08 au Dimanche 09 Mars. A partir des 7 grands entretiens avec Alain Resnais réalisés par Michel Ciment de 1993 à 2013, la plus importante série d'entretiens jamais accordée par le réalisateur.

 

 

 

 

 

 

 

Courtesy of Ciné-Ressources.net & France Culture

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