Planète Cinéphile

Cette semaine

BACK 2 CLASSICS: "CITIZEN KANE" (1941)

Citizen-Kane-Poster.jpg

S’il est un film qui fait figure de classique au panthéon du septième art, c’est sans doute "Citizen Kane". Longtemps classé "meilleur film de tous les temps" (par l’AFI) et détrôné il y a peu par "Vertigo", le premier long métrage d’Orson Welles est une œuvre charnière dans l’histoire du cinéma. Même si, avec les yeux d’un spectateur d’aujourd’hui, cet enthousiasme peut paraître excessif, le fait est qu’Orson Welles, avec ce film, créa des codes que des longs métrages utilisent encore de nos jours.

Par le biais d’une biographie vertigineuse, contée via différents témoins ayant chacun leur point de vue sur ce que fut ce personnage, "Citizen Kane" retrace l’existence toute entière de Charles Foster Kane, magnat de la presse et des médias, qui vient de décéder, en prononçant un mot mystérieux : "Rosebud". Que veut dire ce mot, et qui fut vraiment Kane ? Voilà ce que Thompson, un journaliste, va devoir découvrir.

Orson Welles, qui avait déjà traumatisé une nation toute entière lors de la diffusion radiophonique de "La Guerre Des Mondes", ne fait rien moins qu’inventer quelques-uns des procédés cinématographiques les plus audacieux qui soient. On pense évidemment aux multiples flash-back qui émaillent le récit, brisant les règles établies jusque là en matière de chronologie. Si ce procédé est aujourd’hui monnaie courante dans le septième art (et ailleurs), il fit sensation avec ce film.

 

Citizen-Kane-Photo.jpg

 

L’utilisation du "twist final" chère aux cinéastes de suspense et encore efficace de nos jours n’en était alors qu’à ses balbutiements, mais est, dans "Citizen Kane" plus qu’un simple artifice de narration, mais l’aboutissement de tout le film et l’un de ses ressorts essentiels.

On pourrait également citer les nombreux effets spéciaux dont Orson Welles a fait usage pour son premier film. L’apparition du personnage principal aux côtés de personnages historiques (Hitler, par exemple) fut une innovation tant technique que narrative.

D'un point de vue technique, "Citizen Kane" fait également figure de pivot dans l'histoire du Septième Art. Nombreux sont, dans ce film, les plans audacieux en plongée et contre-plongée, devenus monnaie courante depuis, et l'on pourrait faire la même observation au sujet des travellings, par exemple.

Alors, si certains des effets de style de "Citizen Kane" paraissent désuets, voire déjà vus, aux yeux des spectateurs d’aujourd’hui, il ne faut pas oublier que c’est ce film qui fut l’occasion de leur création. Le génial Orson Welles fut donc un pionnier qui posa, dès 1941, les jalons que suivent encore les cinéastes d’aujourd’hui. A ce titre, il y a, dans la grande histoire du cinéma, un "avant" et un "après"Citizen Kane".

Remerciements à Laurent avec "Deuxième Séance" (http://deuxiemeseance.over-blog.com)

Partager cet article