Planète Cinéphile

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BACK 2 CLASSICS: "LA MORT AUX TROUSSES" (1959)

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Que dire d’un classique tel que "La mort aux trousses" ("North by Northwest"), joyau dans la filmographie d’un maître du septième Art, sans doute inégalé depuis sa sortie ? Il peut paraître vain de faire les éloges d’un chef d’œuvre reconnu par tous les cinéphiles. Néanmoins, je me prête à l’exercice, pour le simple plaisir d’évoquer ce long métrage. Qui sait ? Certains lecteurs de "Planète Cinéphile" n’ont peut-être pas encore eu le bonheur de voir "La mort aux trousses", l’un des nombreux chefs d’œuvre à mettre au compte d’Alfred Hitchcock.

Roger Tornhill, travaillant dans une agence de publicité new-yorkaise, célibataire endurci et charmeur invétéré, est pris par hasard pour George Kaplan. Enlevé, malmené, poursuivi, il va chercher à mettre la main sur ce fameux Kaplan, se retrouvant malgré lui au centre d’un nid d’espions. Voilà pour un rapide résumé de ce tourbillonnant thriller empreint de glamour et d’un charme très "fifties".

Porté par une réalisation magistrale, "La mort aux trousses" accumule les scènes d’anthologie. On citera, mais la liste est loin d’être exhaustive, la scène de l’avion, passée à la postérité, ou le climax sur le mont Rushmore, ou encore la scène finale du train (remarquable plan symbolique unique dans la filmographie d’Hitchcock). Cependant, les plus attentifs des spectateurs prendront un soin particulier à observer la structure et la géométrie de certains plans (notamment ceux se déroulant à New York). Maintes études ont déjà été faites sur ce film qui continue de susciter les analystes.

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Le scénario de "La mort aux trousses" est, lui aussi, un modèle du genre. Précurseur du thriller moderne, le script alterne séquences explicatives et scènes d’action, sans baisse de rythme. Et, quand le réalisme des scènes pourrait être discutable (l’attaque de l’avion n’est pas des plus vraisemblables, si l’on y réfléchit), leur mise en scène et leur interprétation les intègre si bien dans le récit qu’elles en deviennent partie prenante.

Le casting, d’ailleurs, est un modèle du genre. Cary Grant, initialement peu enthousiaste à l’idée de faire ce film, est une nouvelle fois impérial. Eva Marie Saint est absolument délicieuse et glaciale à la fois. Quant aux seconds rôles, James Mason en tête, ils sont irréprochables.

Enfin, cerise sur le gâteau, la partition de Bernard Hermann, aussi efficace que celle de "Psychose", le diamant noir dans la carrière d’Hitchcock, est un modèle du genre. Plus de cinquante ans après sa sortie, ce film, que la patine des ans rend plus splendide encore, gagne sans cesse à être vu et revu. Etudié sous toutes les coutures dans les écoles de cinéma, "La mort aux trousses", thriller avant l’heure, mérite une place au panthéon des grands films.

Remerciements à Warner Bros. France & Laurent avec "Deuxième Séance" (http://deuxiemeseance.over-blog.com)

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