Planète Cinéphile

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BACK 2 CLASSICS : "LA PLANETE DES SINGES" (1968)

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Lorsque Franklin J. Schaffner prend les commandes de l'adaptation de "La Planète Des Singes" ("Planet Of The Apes"), roman du français Pierre Boulle, il n'est pas encore le réalisateur reconnu et oscarisé de "Patton" ou "Papillon". Pourtant, le film qu'il s'apprête à mettre en scène deviendra vite un classique de la science-fiction, donnant directement lieu à quatre suites, une série télévisée "live" et des dessins animés, sans compter le reboot (très oubliable) de Tim Burton (en 2001) ou le très réussi "La Planète Des Singes : Les Origines" (en 2011).

 

Repéré peu après sa parution par les producteurs hollywoodiens, le roman de Pierre Boulle fut confié à Schaffner sur l'insistance de Charlton Heston (Blake Edwards ayant d'abord été pressenti), la star du film. Si le travail d'adaptation se fait fortement sentir et que les différences entre le roman et le film sont nombreuses, l'esprit de l'œuvre de Pierre Boulle subsiste. Sur cette lointaine planète, les rapports entre hommes et animaux sont totalement inversés. Ceux qui dominaient toute vie sur terre sont réduits ici en esclavage et se voient infligés les traitements qu'ils réservaient aux animaux.

 

L'autre point fort du film, qui fit d'ailleurs date, est la qualité des maquillages dont furent pourvus les "singes" du film. Extrêmement réalistes, les masques simiesques étaient l'œuvre de John Chambers, récompensé à de multiples reprises pour son travail (notamment par un Oscar d'honneur).


 

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Basé sur une réflexion profonde sur la place de l'homme dans la création, le film distille ça et là quelques scènes d'action fort efficaces, comme notamment celle où un troupeau d'humains devient le gibier d'une chasse organisée par des singes à cheval. Terrifiante par ce qu'elle augure, cette scène n'est cependant qu'un aperçu de ce que le film exposera au spectateur. Inspirant plus souvent le désespoir que l'enthousiasme, "La Planète Des Singes", sorti en pleine Guerre Froide, est aussi un regard plongé vers le plus sombre des abîmes. A ce titre, ce film de science-fiction n'a rien perdu de sa pertinence, malgré les décennies écoulées.

 

Faisant figure de pionnier, "La Planète Des Singes", en plus de générer des suites plus ou moins intéressantes, initiera aussi le phénomène du "merchandising" : en effet, les admirateurs des films pourront trouver en boutique quantité de produits dérivés à l'image de leur héros préférés. Si le public d'aujourd'hui est coutumier du fait, ce fut l'une des premières fois que les producteurs eurent cette démarche.

 

Mais s'il est un point pour lequel "La Planète Des Singes" fut novateur, c'est évidemment la révélation finale qui est assénée à l'astronaute Taylor, sur la plage qu'il longe. Même si la jaquette utilisée pour la sortie Blu-Ray du film tue ce twist final dans l'œuf, la dernière scène du film continue d'impressionner ses spectateurs.

 

Film pessimiste et sombre, "La Planète Des Singes" fait partie des classiques du cinéma de science-fiction, et a sa place au panthéon du septième art.

 

 

 

 

 Remerciements à Laurent avec "Deuxième Séance" (http://deuxiemeseance.blogspot.fr)

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