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BACK 2 CLASSICS : "LE SALAIRE DE LA PEUR" (1953)

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Lorsqu'il donne le premier tour de manivelle au "Salaire De La Peur", Henri-Georges Clouzot ne sait pas encore qu'il remportera quelques mois plus tard la Palme d'Or au Festival De Cannes. Réalisateur perfectionniste au point de terroriser certains de ses acteurs, Clouzot, cinéaste pessimiste souvent qualifié de Hitchcock français, adapte pour ce film le roman de Georges Arnaud. Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, le réalisateur du "Corbeau" et de "L'Assassin Habite Au 21" a échappé de peu à la prison, suite à ses participations aux productions de la Continental, créée par Goebbels. Son interdiction d'exercer le métier de réalisateur a été levée grâce aux soutiens de nombreux autres professionnels du cinéma. Après "Quai Des Orfèvres", il entraîne le spectateur au Guatemala, où une poignée d'aventuriers se lance dans une folle épopée : convoyer deux camions emplis de nitroglycérine jusqu'à un puits de pétrole en feu. Le souffle de l'explosion de la nitroglycérine est le seul moyen, en effet, d'éteindre le violent incendie.

 

Dans les deux rôles principaux, on retrouve Yves Montand, à mille lieues de sa carrière de chanteur, dans son premier rôle marquant au cinéma, et Charles Vanel, qui reprend le rôle décliné par Jean Gabin, et qui retrouvera Clouzot dans le très grand "Les Diaboliques". Avec ces deux têtes d'affiche, qui rivalisent de talent sous l’œil acéré du grand cinéaste, "Le Salaire De La Peur" marque les esprits, par son thème et sa réalisation. Accumulant les scènes musclées, ce film fait figure de référence, pour son traitement du suspense et de l'action et pour son utilisation des personnages. Ceux-ci, désabusés et sans plus aucune illusion, ne sont pas les héros que l'on avait l'habitude de voir à l'époque au cinéma.


 

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Mais "Le Salaire De La Peur" n'est pas seulement un film d'action. Il s'agit aussi d'une attaque, à peine masquée, contre l'impérialisme américain et l'exploitation des petits pays d'Amérique du Sud et de leur pétrole. C'est d'ailleurs une version censurée du film qui sera projetée aux Etats-Unis.

 

Couvert de récompenses (Le Lion d'Or, l'Ours d'Or et la Palme d'Or), "Le Salaire De La Peur" fera l'objet de deux remakes, dont le plus connu est "Le Convoi De La Peur" (de William Friedkin). Mais force est de reconnaître que, malgré les années, l'original reste inimitable.

 

 

 

Remerciements à Laurent avec "Deuxième Séance" (http://deuxiemeseance.blogspot.fr)

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