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BACK 2 CLASSICS : "QUE LA BETE MEURE" (1969)

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Lorsque Claude Chabrol présente, en 1969, son dernier film, "Que La Bête Meure", il n'a déjà plus rien à prouver. Après avoir secoué, avec ses camarades de la Nouvelle Vague, le cinéma français, le réalisateur trace son propre sillon. Ce film sera l'occasion pour lui de se pencher sur la société française, exercice de style auquel il se livrera souvent par la suite.

L'histoire de "Que La Bête Meure" commence par un épouvantable drame. Renversé par un chauffard, un petit garçon meurt de ses blessures, tandis que son meurtrier prend la fuite. Devant l'impuissance des autorités à retrouver le coupable, le père de l'enfant, dévasté, mène sa propre enquête et finit par découvrir l'identité du conducteur. Ce dernier est un individu abject, haï et craint de tous. Le père s'interroge : sa vengeance en est-elle plus justifiée ?

A l'origine de "Que La Bête Meure", il y a un roman : «The Beast Must Die», écrit par Nicholas Blake (derrière ce pseudonyme se cache Cecil Day-Lewis, père d'un certain Daniel), qui collabora à l'adaptation cinématographique du livre. Même si l'intrigue est, à la base, digne d'un thriller, c'est aussi une plongée dans l'âme humaine qui ne laisse personne indifférent.

 

 

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Doté d'un casting remarquable (hormis Jean Yanne et Michel Duchaussoy, on notera la présence de Maurice Pialat et de Caroline Cellier), ce film est doté d'une mécanique redoutablement efficace, dont Claude Chabrol connaissait les rouages secrets. Tout au long de l'histoire, l'atmosphère lourde est palpable dans chaque image, comme si le spectateur assistait de près à la terrifiante confrontation entre les deux personnages principaux du film.

"Que La Bête Meure", au-delà du drame social et de l'enquête que mène son héros, c'est avant tout le portrait d'un homme ignoble, mais finalement assez ordinaire. Dans ce film, Claude Chabrol égratigne la petite bourgeoisie française, à laquelle il s'en prendra à de multiples reprises durant sa carrière. Porté par la magistrale interprétation d'un Jean Yanne à mille lieues de ses prestations comiques, cette œuvre majeure du cinéma français mérite d'être redécouverte.

 

 

 

Remerciements à Laurent avec "Deuxième Séance" (http://deuxiemeseance.blogspot.fr)

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