Planète Cinéphile

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CANNES 2014 : DIRECTOR'S CANNES #5

Director's Cannes 

 

Les Combattants est un premier long métrage français de Thomas Cailley, qui met en scène la rencontre d’un jeune menuisier, interprété par le déjà prometteur Kévin Azaïs, mélange de Jesse Eisenberg et Ben Stiller et d’une étudiante en macro-économie obsédée par la survie post-apocalyptique, Adèle Haenel, véritable égérie du nouveau cinéma français, déjà brillante dans L’Apollonide, de Bertrand Bonello, La Naissance des Méduse de Céline Sciamma, Suzanne, présenté l’année dernière à la Semaine de la Critique et le moins connu, mais tout aussi marquant Après le Sud de Jean-Jacques Jauffret.

 

Pour tenter de séduire la fille, qui n’en est pas vraiment une, le garçon, qui n’en est pas vraiment un, va s’engager avec elle dans dans un stage militaire. Clairement placé sous le signe de la comédie militaire façon MASH – c’est déjà, après Timbuktu la deuxième référence à MASH figurant cette année, année où il a beaucoup été reproché aux programmateurs l’absence de comédie, année pourtant placé sous le signe, si ce n’est de la comédie, du moins de l’amusement – Les Combattants est une comédie terriblement efficace, d’une fraicheur imparable, d’un humour loufoque qui fait penser aux Grandes Ondes de Lionel Bier ou à certaines comédies Apatow. Les vannes font mouche sans exception, les acteurs secondaires, comme le meilleur ami du héros (William Lebghli) ou le chef de camp (Nicolas Wanczycki) sont chacun tout bonnement hilarants et le ton ironique, qu’il porte sur l’entraînement militaire ou la théorie du genre reste fin et élégant. Les concepts de lutte, de survie, de lâcher-prise et d’endurance sont traités habilement, d’autant plus qu’ils s’habillent d’ironie.

 

Gros regret cependant : la dernière partie du film se débarrasse brutalement du versant humoristique pour tomber dans la romance rupestre. L’histoire d’amour se concrétise, le rapport de force s’inverse de manière caricaturale et le drame pointe son nez. Il est l’occasion de quelques beaux plans apocalyptiques, mais l’efficacité et la spontanéité de la première partie se retrouve comme étouffé dans l’œuf et sa disparition, parce que le déploiement du tragique n’est pas à la hauteur, nous laisse un goût amer. On attendra pourtant, à coup sûr, au tournant Thomas Cailley, qui a su nous offrir là une bonne dose de plaisir et dont on espère qu’il combattra encore longtemps.

 

 

 

Courtesy of La Quinzaine des Réalisateurs & Director's Cut

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