Planète Cinéphile

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CANNES 2014 : "À LA MERVEILLE" (LUNDI 19)

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La compétition se poursuit Dimanche 18 Mai, avec deux nouveaux films en compétition officielle, "Le Meraviglie" de Alice Rohrwacher & "The Homesman" de Tommy Lee Jones.

 

  Première compétition officielle pour la réalisatrice italienne Alice Rohrwacher, déjà sélectionnée à la Quinzaine Des Réalisateurs en 2011, avec "Corpo Celeste". "Le Meraviglie" (traduisez "Les Merveilles") revient sur l'histoire d'un village en Ombrie, à la fin de l’été. Gelsomina vit avec ses parents et ses trois jeunes sœurs, dans une ferme délabrée où ils produisent du miel. Volontairement tenues à distance du monde par leur père, qui en prédit la fin proche et prône un rapport privilégié à la nature, les filles grandissent en marge. Pourtant, les règles strictes qui tiennent la famille ensemble vont être mises à mal par l’arrivée de Martin, un jeune délinquant accueilli dans le cadre d’un programme de réinsertion, et par le tournage du « Village des Merveilles », un jeu télévisé qui envahit la région. Ce second long métrage est un film personnel, quasi biographique de la jeune cinéaste qui n'hésite pas à évoquer l'activité de son propre père, apiculteur. On apprécie la simplicité du propos et des intentions, à la fois personnelles et universelles. Une famille qui vit indépendamment de la société italienne, au sein d'une ferme, pouvant être perçue comme une sorte d'enclave située au milieu des vallée et de la campagne de l'Ombrie. Un conte contemporain qui transpire le naturalisme et retranscrit avec succès l'idée d'une liberté, associée au savoir-faire artisan. Un certain esprit d'éducation à la débrouillardise pour survivre à une crise économique dont on ne connait pas encore les conséquences directes. Aussi, l'esthètique de l'image est très spécifique à cette liberté de ton évoquée plus haut, dans l'esprit du "pris sur le vif", le tout dans une stylistique minimaliste/poétique qui fait penser à du Polaroid. Par ailleurs, on notera la remarquable performance du père, interprété par le comédien belge Sam Louwyck, sans oublier l'apparition "magique" de Monica Bellucci. La bande originale tout comme la séquence avec les abeilles sortant du nez de l'une des jeunes filles durant l'enregistrement de l'émission télévisé, n'est pas sans rappeler un certain surréalisme buñuelien. Un enchantement. (Note : 3,5/5)

 

"The Homesman", second long métrage, neuf ans après "3 Enterrements", du comédien et réalisateur américain Tommy Lee Jones. Un nouveau western qui se déroule en 1854, où trois femmes ayant perdu la raison sont confiées à Mary Bee Cuddy, une pionnière forte et indépendante originaire du Nebraska. Sur sa route vers l’Iowa, où ces femmes pourront trouver refuge, elle croise le chemin de George Briggs, un rustre vagabond qu’elle sauve d’une mort imminente. Ils décident de s'associer afin de faire face, ensemble, à la rudesse et aux dangers qui sévissent dans les vastes étendues de la Frontière. Avec "The Homesman", Tommy Lee Jones dépeint une nouvelle galerie de portraits de personnages 'haut en couleur', évoluant dans la noirceur d'un pays profondèment partagé, à l'aube de la guerre de Sécession. Au-delà l'aspect historique du film et comme tout bon western qui se respecte, les grands espaces, et en l'occurrence ici, les plaines du Nebraska (à l'Iowa) sont à l'honneur tout au long du film (et au fil des saisons) - à l'image de la séquence d'ouverture qui débute sur des plans larges de paysages, apparaissant en fondus enchaînés. Un autre aspect, analytique celui là, celui de la thématique de la frontière ou délimitation territoriale. Le fait de pouvoir établir un parallèle entre les frontières géographiques des grandes plaines du continent nord-américain, et la place qu'occupe les fous à l'intérieur de ces espaces/états (enfermés dans une roulotte et en perpétuel mouvement). Aussi, ce que l'on veut bien nous montrer, mais également nous cacher (la séquence avec les amérindiens dressés sur un flanc de colline) ... Un sujet déjà approché (en plus du thème de la folie) l'an dernier, avec "Jimmy P." d'Arnaud Desplechin. On regrettera quelques temps morts de certaines séquences (montage ?). Le duo de comédiens Hilary Swank/Tommy Lee Jones fonctionne formidablement à l'écran, une incroyable intensité de jeu. Un western poignant, bien que mineur - 3 femmes et un cowboy. (Note : 3/5) - Sortie (France) : 18 Mai 2014.


Demain, nous reviendrons sur deux films nord-américains, "Maps To The Stars" de David Cronenberg & "Foxcatcher" de Bennett Miller.

 

 

BONUS :

 

 

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Le Festival du Cinéma Américain de Deauville, observateur privilégié du cinéma outre-Atlantique, célébrera cet anniversaire autour de ceux qui ont contribué à son succès : les grands studios d'Hollywood autour d'une programmation particulière, le cinéma indépendant autour des 20 ans de la compétition, où furent révélés tant de cinéastes, et tous les talents amoureux de Deauville viendront ou reviendront fouler les planches.


Un livre témoignera de son histoire, un film réalisé par France Télévisions, partenaire officiel du Festival, incarnera son épopée. La Cinémathèque Française, également partenaire du Festival, ajustera sa programmation de rentrée autour de cette thématique.


À année exceptionnelle, jury exceptionnel : il se composera cette année, pour le plus grand plaisir des cinéphiles et du public, exclusivement d'anciens présidents qui depuis 20 ans ont honoré le Festival. Nous devions à un tel jury un homme d'exception : Costa-Gavras, cinéaste et président de la Cinémathèque Française, présidera le jury du 40e  Festival du Cinéma Américain de Deauville.

 

 

Courtesy of Le Festival de Cannes, AFP & Le Public Systeme Cinema

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