Planète Cinéphile

Cette semaine

CANNES QUOTIDIE 2013 : "HOMO SAPIENS" (JEUDI 23)

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Présentés en compétition officielle, ce Jeudi 23 Mai, "La Vie d'Adèle" d'Abdellatif Kechiche et "Nebraska" d'Alexander Payne.

 

C'est ce Jeudi qu'Abdellatif Kechiche a présenté en sélection officielle, l'adaptation cinématographique du roman graphique "Le Bleu Est Une Couleur Chaude", intitulé "La Vie d'Adèle (Part. 1 & 2)". Le film revient sur le destin d'Adèle, 15 ans. Sa vie bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir le désir et lui permettra de s'affirmer en tant que femme et adulte. Face au regard des autres Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve … Certes, ce n'est pas le cinéma que je préfère (qui ne remet rien en question d'un point de vue formel), mais il faut bien reconnaître le véritable tour de force dramaturgique signé Kechiche avec ce nouveau film, magnifié par les interprétations d'Adèle Exarchopoulos & Léa Seydoux. Comme à son habitude, Abdellatif Kechiche nous livre sa vision des choses par une mise en images dépouillée et intuitive, pas la plus sophistiquée de la sélection mais qui s'accorde logiquement avec les intentions du cinéaste. Une oeuvre troublante qui mèle astucieusement scènes d'emportements affectifs et scènes de consommation de sexe crues (explicites à l'image) qui entrent, dans un degré moindre, en résonance avec "Jeune & Jolie" de François Ozon - en rapport aux thématiques de la libération sexuelle assumée de la femme contemporaine. Plus pédagogique que cinéphile dans son approche, le scénariste et réalisateur vogue entre mouvements de peintures fauviste (Matisse) & expressioniste (Schiele) et références littéraires réaliste (Flaubert) & existentialiste (Sartre). Intéressant d'ailleurs de constater par quoi se transmet l'apprentissage de la culture pour le cinéaste, par les sens et plus particulièrement le goût et nos habitudes alimentaires. Dans l'ensemble, on regrettera un film légèrement bavard, des ellipses temporelles et narratives confuses (le passage du lycée, à la profession d'Adèle) et des coupes de montage parfois hasardeuses (séquences de dispute). Bouleversante comédie romantique française et savoureux moment de cinéma qui peut remporter la Palme d'Or  - justifié par le contexte politique actuel ("Mariage Pour Tous"). Un prix d'interprétation féminine (ex aequo) serait amplement mérité (Note : 4/5). Sortie (France) : 09 Octobre 2013.

 

Après avoir présidé la section "Un Certain Regard" en 2005, le scénariste et réalisateur américain Alexander Payne revient sur la Croisette avec son nouveau projet intitulé "Nebraska". L'histoire d'un vieil homme, persuadé qu’il a gagné le gros lot à un improbable tirage au sort par correspondance, cherche à rejoindre le Nebraska pour y recevoir son gain ... Sa famille, inquiète de ce qu’elle perçoit comme le début d’une démence sénile, envisage de le placer en maison de retraite, mais un de ses deux fils se décide finalement à emmener son père en voiture chercher ce chèque auquel personne ne croit. Pendant le voyage, le vieillard se blesse et l’équipée fait une étape forcée dans une petite ville en déclin du Nebraska. C’est là que le père est né. Épaulé par son fils, le vieil homme retrace les souvenirs de son enfance. Déception, jamais deux sans trois. Pourtant sensible à l'univers cinématographique d'Alexander Payne ("Monsieur Schmidt", "Sideways", "The Descendants") et une relative bonne introduction à son sujet, "Nebraska" ne m'a pas convaincu - pire il m'a laissé totalement indifférent ! Au bout d'une demi-heure, assoupi dans mon siège, je cherchai désespérement à comprendre ce qui clochait et savoir où le réalisateur voulait en venir. En fait, le problème de ce drame aux allures de road-movie, réside dans la démarche du réalisateur à vouloir faire du vrai (coller au plus près du réel) et nous le servir à la sauce underground. Sauf que l'on en ressent très vite les limites et surtout ne reflète en rien ce qui a fait le succès du cinéaste (jusqu'à aujourd'hui). Incompatibilité entre la forme et le fond - un film qui ne lui ressemble pas, alors qu'il s'agit de son projet le plus personnel. Pourquoi ne pas avoir réaliser un documentaire ou une reconstitution à partir d'archives de l'époque et contée par une voix off ? Mis à part quelques sourires ici ou là, c'est très "cliché" de l'Amérique profonde et franchement ennuyeux. Seul le traitement de l'image est convaincant : choix du format cinémascope, associé à l'utilisation du Noir & Blanc, avec un léger grain dans l'image. Sans intérêt - on reverra éventuellement "Une Histoire Vraie" de David Lynch, "Coffee And Cigarettes" de Jim Jarmusch ou un épisode de "Strip-Tease(Note : 2/5).

 

BONUS :

 

Palmarès de la 52ème Semaine De La Critique :

Grand Prix Nespresso : "Salvo" de Fabio Grassadonia & Antonio Piazza,

      Prix Révélation France 4 : "Salvo" de Fabio Grassadonia & Antonio Piazza,

Le Prix SACD (la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) : "Le Démantèlement" de Sébastien Pilote,

Le Prix Découverte Du Court Métrage : "Come And Play" de Daria Belov,

Prix Canal + : "Pleasure" de Ninja Thyberg.

 

Retrouvez toutes les informations sur le site officiel : http://www.semainedelacritique.com

 

 

 

Courtesy of Le Festival De Cannes & AFP

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