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CANNES QUOTIDIE 2013 : "BLING DONG" (JEUDI 16)

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Ce Jeudi 16 Mai 2013 marque le début de la Compétition Officielle de cette 66ème édition du Festival De Cannes, avec les présentations de "Jeune Et Jolie" de François Ozon & "Heli" d'Amat Escalante ainsi que de l'ouverture de la section Un Certain Regard, avec la projection de "The Bling Ring" de Sofia Coppola.

 

Quatorzième long métrage du cinéaste François Ozon qui revient en compétition 10 ans après "Swimming Pool". "Jeune Et Jolie" décrypte en quatre saisons le personnage complexe d'Isabelle, adolescente mélancolique et indifférente qui se jette dans la prostitution comme on se perd dans la drogue, dans ce qui pourrait être un remake du film de Bunuel "Belle De Jour" (1967). Réservé à un public averti, François Ozon nous livre une oeuvre à la fois élégante, sensible et énigmatique qui interroge sur la quête identitaire d'une (jeune) femme actuelle. La tonalité est juste, l'intention est belle. Un film aux références cinéphiliques post Nouvelle Vague, qui rend aussi bien hommage à Rhomer ("Contes Des 4 Saisons") qu'à Pialat ("A Nos Amours"). Une véritable réussite cinématographique, menée par la jeune comédienne Marine Vacth (prix d'interprétation féminine ?). Premier coup de coeur cannois (Note : 4/5).

 

Après "Sangre" en 2005, "Los Bastardos" en 2008, selectionné dans la section Un Certain Regard, l'auteur mexicain Amat Escalante revient, cette année en compétition officielle avec "Heli". L'histoire du film s'intéresse à la famille d’Estela, une jeune fille de 12 ans prise dans un engrenage de violence lorsque celle-ci tombe amoureuse d’un  jeune policier impliqué dans un détournement de drogue. "Heli" est le premier film choc et polémique de cette édition 2013 du Festival De Cannes : scènes crues et sauvages à la limite du supportable (quelques journalistes ont quittés la salle de projection). On appréciera pourtant une certaine authenticité dans la mise en scène (cadrage et montage) ainsi que la prise de position dans la lutte contre le narcotrafic opéré par les cartels mexicains. Ceci expliquant cela, Amat Escalante a déclaré en conférence de presse : "Je pense que nous avons eu raison dans ce film de montrer la violence d'une façon qui fasse réfléchir les gens et les amène à conclure que ça ne va pas" (Note : 3/5).

 

Projeté en ouverture de la section Un Certain Regard, hors compétition, Sofia Coppola signe son grand retour sur la Croisette avec son nouveau film intitulé, "The Bling Ring". L'histoire de ce cinquième long métrage se déroule à Los Angeles et suit un groupe d’adolescents fascinés par le people et l’univers des marques, traquant via Internet l’agenda des célébrités pour cambrioler leurs résidences. Ils subtiliseront pour plus de 3 millions de dollars d’objets de luxe : bijoux, vêtements, chaussures, etc. Parmi leurs victimes, on trouve Paris Hilton, Orlando Bloom et Rachel Bilson. Adaptation de faits réels, chronique californienne, peut-être davantage appropriée à une fiction télévisuelle qu'à une oeuvre cinématographique. Sur le papier la transposition de cette jeunesse dorée américaine (black wild cat of the night) paraît alléchante mais révèle vite ses limites dans la progression du récit, et ce malgré un rythme soutenu. Plus hype mais moins audacieux que "Spring Breakers","The Bling Ring" caresse de nombreuses thématiques (la jeunesse, l'envie, la femme, le luxe, la tribu, la naiveté ...) sans jamais s'y consacrer pleinement. On retiendra surtout la direction artistique du film : la bande originale, l'image, le montage ainsi que le casting (mention spéciale à Leslie Mann). D'ailleurs question, comment peut-on à la fois, faire jouer Kirsten Dunst dans son propre rôle et Emma Watson dans un rôle fictif ? "The Bling Ring" = La caverne d'Ali-Baba de Sofia Coppola (Note : 3/5).

 

 

 

Courtesy of Le Festival De Cannes & AFP

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