Planète Cinéphile

Cette semaine

L'AUTRE SORTIE DE LA SEMAINE : "ILO ILO"

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Rentrée cinéphile riche puisque sortiront ce Mercredi, dans les salles, une dizaine de nouveaux films dont le très efficace "White House Down" de Roland Emmerich mais également le sanguinolent "You're Next" d'Adam Wingard (dont nous vous avions déjà parlé ici), sans oublier "Ilo Ilo" d'Anthony Chen, Caméra d'or du dernier Festival De Cannes. "Planète Cinéphile" vous propose ci-dessous l'interview du réalisateur. 

 

Tout d’abord, pouvez-vous expliquer l’origine du titre "Ilo Ilo" ?


Anthony Chen : "Quand j’étais petit, ma mère avait engagé une nounou philippine pour s’occuper des enfants. Teresa est restée avec nous durant huit longues années, jusqu’à mes 12 ans. On l’appelait Tante Terrie. Ça a été très dur pour nous quand elle est rentrée chez elle. Mais on s’est peu à peu habitué à son absence et on a fini par la perdre de vue. La seule chose que j’ai retenue après toutes ces années, c’est le nom de l’endroit dont elle était originaire, Ilo Ilo, une province des Philippines. C’est de là que vient le titre du film."

 

Peut-on dire de ce film qu’il est en partie autobiographique ?


A.C. : "Non, je ne dirais pas qu’il est autobiographique. Mais Ilo Ilo s’inspire beaucoup de mon enfance - à travers des anecdotes et des moments partagés avec des proches dont les manières et les paroles sont restées encrées en moi. L’histoire a pour cadre Singapour à une époque bien particulière." 

 

Comment avez-vous vécu l’expérience de la direction d’enfants ?

 

A.C. : "Ce n’est jamais une chose facile, malheureusement. J’ai commencé à travailler avec des enfants en 2006, sur mes courts-métrages. J’aime beaucoup intégrer des enfants dans mes scénarios. J’adore les enfants, même si c’est très difficile de travailler avec eux dans mes films. Mais on m’a prévenu à plusieurs reprises qu’il était très risqué de faire porter le film à un enfant, surtout pour un premier long métrage. Pour Ilo Ilo, j’ai fait une semaine entière de répétitions avant le début du tournage. Jiale n’est pas acteur, il n’avait jamais tenu un rôle avant ça. Ce que j’ai aimé en lui, c’est son naturel, jouer semble ne lui coûter aucun effort. Le plus souvent, je me contentais de lui donner des indications générales sur ce que je voulais dans une scène. Auparavant, dans mes autres expériences de tournages avec des enfants - et tout particulièrement avec ceux qui n’étaient pas acteurs - j’étais obligé de jouer la scène avant de la tourner. Bien sûr, il y a eu des moments où il n’arrivait pas à trouver la note juste, et où ça a été un peu tendu entre nous. En fait, il y avait deux enfants sur le plateau : un devant la caméra, et un autre, assez têtu, derrière." 

 

Quelles sont vos influences, cinématographiques ou autres ?

 

A.C. : "Je n’aime pas utiliser le terme d’influence, car quand on est réalisateur on est constamment touché par le travail des autres. Mais c’est tellement inconscient qu’il est difficile de définir précisément comment. Ceci dit, je suis un grand admirateur du travail d’Hou Hsiao Hsien, d’Edward Yang, de Yasujiro Ozu, d’Hirokazu Kore-eda et plus récemment de Lee Chang Dong. J’aime aussi beaucoup Jacques Audiard, Andrea Arnold et Nuri Bilge Ceylan. Ma sensibilité est typiquement asiatique, mais comme j’ai étudié en Angleterre, je pense qu’elle s’en est trouvée un peu modifiée, qu’elle est peut-être devenue une sorte d’hybride entre l’Orient et l’Occident que j’ai du mal à définir vraiment. Ang Lee est un cinéaste que j’admire beaucoup. Je suis toujours surpris par sa polyvalence, la sincérité dont il fait preuve envers son métier et son intérêt pour la condition humaine."

 

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« Grâce à la délicatesse et à l’intelligence du cinéaste, de l’auteur cinéaste ;

les rapports de ces personnages évoquent des thèmes essentiels qui nous

concernent et qui nous ont touchés : l’enfance, l’immigration, les rapports de

classe, la crise économique. C’est donc au premier tour et à l’unanimité que

nous avons choisi de primer Anthony Chen pour ILO ILO »

Agnès Varda, avec le jury de la Caméra d’or.

 

Synopsis : "A Singapour, Jiale, jeune garçon turbulent vit avec ses parents. Les rapports familiaux sont tendus et la mère, dépassée par son fils, décide d’embaucher Teresa, une jeune Philippine. Teresa est vite confrontée à l’indomptable Jiale, et la crise financière asiatique de 1997 commence à sévir dans toute la région …"

 

Sortie (France) : 04 Septembre 2013

 

 

 

Courtesy of Epicentre Films

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