Planète Cinéphile

Cette semaine

L'AUTRE SORTIE DE LA SEMAINE : "JACK ET LA MECANIQUE DU COEUR"

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Tous les genres cinématographiques sont représentés cette semaine dans les salles françaises, tant et si bien que l'on ne sait pas vraiment où donner de la tête, le moins que l'on puisse dire c'est que nous avons le choix ! "American Bluff" de David O. Russell, "Robocop" revu et corrigé par José Padhila, "Un Beau Dimanche" de Nicole Garcia, "L'Ile des Miam-nimaux : Tempête De Boulettes Géantes 2" de Cody Cameron & Kris Pearn, "Mea Culpa" de Fred Cavayé, "La Voleuse de Livres" de Brian Percival, "Viva La Libertà" de Roberto Ando, "Les Rayures Du Zèbre" de Benoît Mariage, "Goltzius Et La Compagnie Du Pélican" de Peter Greenaway ainsi que "Jack Et La Mécanique Du Coeur" de Stéphane Berla & Mathias Malzieu. "Planète Cinéphile" a décidé de vous proposer les notes d'intention de ce dernier, suivi d'une mini interview en compagnie du co-réalisateur Stéphane Berla, le tout agrémenté de making-of personnages exceptionnels !

 

 


 

"Après avoir écrit 'Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi', j’ai voulu conserver le personnage de GIANT JACK. Je me suis penché sur ses origines et j’ai imaginé qu’il pourrait être né en Écosse le jour le plus froid du monde, si bien que son cœur aurait gelé. Ce personnage avait une horloge dépassant de sa poitrine et souffrait d'une fragilité : il ne pouvait pas tomber amoureux. Il avait été sauvé mais il lui était impossible d'éprouver des sensations fortes. C'est l'histoire de Jack. C'est ce qui m'a permis d'aborder tout ce dont je voulais parler dans le livre, à savoir la passion amoureuse et le rapport à la différence." 

 

"Je souhaitais parler de la passion amoureuse et du rapport à la différence qui sont deux thèmes très forts, derrière lesquels se cache l’idée de l’aventure. J’avais envie de me rapprocher, sans prétendre leur arriver à la cheville, du Petit Prince ou encore de Pinocchio, en y ajoutant un côté un peu plus surréaliste et une imagerie plus débridée. On me parle souvent de Burton - que j’aime beaucoup pour son rapport à la beauté et à la monstruosité - mais je me sens plus proche de Jim Jarmusch et de ses personnages un peu brisés, de Fellini pour son côté baroque et tendre, ou encore du Freaks de Tod Browning qui traite aussi du rapport à la différence, de manière un rien inquiétante mais avec poésie et douceur. Je pourrais encore citer Edward Gorey ou Jean-Pierre Jeunet, qui est un créateur libre que j’apprécie énormément et à qui j’espère rendre hommage à travers ce film. J’aime le mélange des tonalités, c’est pour cela que s’entremêlent le conte et la réalité d’Edimbourg, et que j’ai essayé de faire surgir des émotions très humaines, bien réelles, à partir des images."

 

"J’ai écrit le bouquin, j’ai composé les chansons en ayant à l’esprit d’en faire un film par la suite mais sans aucune certitude. Quand j’ai choisi les voix pour incarner les personnages sur le disque, je me rêvais déjà réalisateur : Rochefort en Méliès, Rossy de Palma en Luna, Arthur H en SDF le plus alcoolique de la ville, sauvé le jour le plus froid du monde car il a trop bu ... Ces idées-là germaient déjà dans ma tête au moment de l’écriture. J’aime bien passer d’un moyen d’expression à un autre et je trouvais génial d’aller explorer l’univers du cinéma avec cette matière en tête. J’ai alors eu la chance incroyable de rencontrer Luc et Virginie Besson qui m’ont aidé à développer ce projet."

Mathias Malzieu

 

 

 

 

Comment vous êtes vous répartis les rôles ?
 
Mathias Malzieu : "Ce que j’ai apprécié, c’est que, justement, on ne se soit pas réparti les rôles : c’est une véritable coréalisation. On a tout fait ensemble, tout le temps. Bien sûr, vers la fin du film, l’un allait à l’étalonnage, tandis que l’autre allait au mixage mais c’est parce qu’une immense confiance régnait entre nous et qu’il fallait gagner du temps. On formait une équipe qui allait dans la même direction, qui se concertait et qui avançait."
 
Stéphane Berla : "Mathias débordait d’idées et je l’aidais à les traduire en termes cinématographiques. Même s’il maitrise parfaitement le langage cinématographique, je lui apportais un regard extérieur et des suggestions créatives ou techniques. C’est une approche qu’on avait adoptée sur les clips, notamment sur «Tais-toi mon cœur», où Jack se transformait en Giant Jack. Mathias avait peur de la 3D et j’ai essayé de le rassurer."


 

 

 

Pourquoi avez-vous choisi de tourner la séquence du voyage en Andalousie en origami ?
 
S.B. : "Mathias voulait du grand spectacle à ce moment du film. Je lui ai alors proposé de raconter la scène de manière spectaculaire mais avec des moyens plus poétiques. Cela nous a permis d’obtenir un résultat esthétiquement satisfaisant et différent sans déséquilibrer le film."

M.M. : "Ce parti pris nous a donné d’autres idées pour le retour vers Edimbourg. On est très fans de pop-up et de tous ces dispositifs où l’on sent la main de l’homme, même si on a travaillé en 3D car, pour le film, c’était plus simple. On avait vraiment envie de retrouver cette sensation-là et une fois qu’on a posé les bases du voyage aller en origami, on s’est dit que le retour se ferait en pop- up. Au départ, on avait même envisagé que ces passages-là soient réellement conçus en papier."
 
S.B. : "On tenait à ce que le film soit palpable. Même si on a utilisé des outils virtuels, on ne voulait pas que le film soit «moderne» dans le sens où il véhicule quelque chose de numérique sur le plan esthétique. Pour autant, on se méfiait de la technique image par image car c’est un peu plus caricatural et très mécanique. Nous, on voulait une animation plus fine. Pour y parvenir, on était obligé d’utiliser la 3D mais on a toujours cherché à faire en sorte que les matériaux et les textures soient tangibles, que les tissus fassent vrais, que les regards soient réalistes, que les peaux ne fassent pas cartoon mais qu’on ait l’impression de pouvoir toucher les personnages."

 

 

 

 

Courtesy of EuropaCorp Distribution

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