Planète Cinéphile

Cette semaine

L'AUTRE SORTIE DE LA SEMAINE : "LES PETITS PRINCES"

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De nombreuses sorties cinématographiques intéressantes ce Mercredi, mais notre coup de coeur de la semaine revient au premier film de Vianney Lebasque, intitulé "Les Petits Princes". Une première oeuvre principalement interprétée par Paul Bartel, Samy Seghir, 
Reda Kateb, Eddy Mitchell et Ralph Amoussou.

 

Rappelez-vous, nous avions été séduit par le film lors de sa projection presse, le mois dernier (@planetecine) - le premier long métrage de Vianney Lebasque est l'une des comédies dramatiques à retenir de ce second semestre 2013 (Prix Cinéma 2013 de la Fondation Diane et Lucien Barrière) ! Sujet sur l'univers impitoyable du sport et, plus particulièrement ici du football, scénaristiquement (rythme, dialogues) & techniquement (image, montage, mixage) bien maîtrisé par le réalisateur, avec la complicité de son scénariste Mathieu Gompel. Simple mais efficace, cette première oeuvre s'avère à la fois sincère et généreuse - tenant le spectateur en haleine jusqu'au coup de sifflet final. De belles intentions servies par un casting cohérent et juste dans son interprétation. Bref, "Les Petits Princes", en plus d'avoir réussi à convaincre la critique, a des chances de remporter un certain succès auprès du jeune publicUne agréable surprise cinématographique, de surcroît française et dont "Planète Cinéphile" vous offre l'interview du metteur en scène Vianney Lebasque. (Note : 3.5/5).

 

 

 

C’est avant tout un film générationnel, non ?

Vianney Lebasque : "Dans ce film, les générations se confrontent. Je souhaitais que les coachs soient d’âge différent, on a donc choisi Reda Kateb et Eddy Mitchell. Le duo incarne la France d’hier qui côtoie, au quotidien, la France d’aujourd’hui, métissée et issue de la diversité. Je trouvais intéressant de créer ce rapprochement entre les générations. C’est, d’ailleurs,une des caractéristiques fondamentales du football, les frontières sociales et générationnelles disparaissent grâce au sport. L’aspect social est prépondérant dans le film : le centre de formation de foot a été pour moi une vraie rencontre entre différents milieux. Généralement, plusieurs milieux modestes sont représentésdansuncentredeformation, desmilieuxquin’ont, pourtant, rien à voir entre eux. L’idée de mélanger des milieux qui, en temps normal, n’auraient pas nature à se rencontrer, m’a beaucoup intéressé. Et c’est, notamment, ce que permet le football chez les jeunes d’aujourd’hui. De même, j’ai souhaité que le personnage féminin soit d’un milieu social plus élevé, et provoquer la rencontre du milieu de l’art et celui du sport, ce qui d’ailleurs n’a jamais été fait auparavant. J’ai l’impression qu’on oppose souvent la campagne à la ville, le monde de l’art au monde du sport sans aboutir à une compréhension mutuelle. Avec Les Petits Princes, nous avons voulu rapprocher ces milieux-là en cassant les frontières sociales."

 Quelles ont été vos références cinématographiques ?

V.L. : "Parler de mes références cinématographiques est un peu compliqué, je pense qu’il y a toujours une part d’inconscient dans nos influences. Si je devais en citer un ce serait sans doute 'Billy Elliott' pour le rôle principal : un ado, des rêves, une relation paternelle compliquée. Ensuite, il y a la musique de Jacques Audiard dont j’avais parlé au compositeur du film, Christophe Ménassier, mais aussi les nappes de 'Drive'. Je me suis également inspiré des bande-originales des films de Klapisch, pour créer une bande-originale trans-générationnelle et moderne. Lors du tournage, j’ai beaucoup pensé à Jacques Audiard et Wes Anderson. Finalement, je me suis inspiré de beaucoup de réalisateurs. Lorsque qu’une mise en scène me plait, je l’interprète et y imprègne ma patte afin qu’elle devienne une grammaire pour mon film. Dans ce film, mes références sont également publicitaires, notamment pour les scènes de football."

Comment avez-vous travaillé les dialogues ?

V.L. : "Avec le co-scénariste, nous avons particulièrement travaillé les formes de langage. Conscients que les expressions employées aujourd’hui n’existeraient peut-être plus demain, nous nous sommes intéressés aux différentes façons de s’exprimer pour les adapter à chaque personnage. El Malah appelle ses camarades 'cousin' lorsque Nimo, lui, appellera ses proches 'frère'. on a essayé de construire des dialogues logiques. Pour nous, le plus important n’était pas qu’ils soient le plus réaliste possible, mais le plus caractéristique. Je n’ai pas hésité à réajuster le texte en fonction du langage propre des comédiens. Cela permet de mieux les identifier et de comprendre l’histoire de chacun."

Le film Les Petits Princes est-il une comédie ?


V.L. : "L’équilibre entre la comédie et le drame a été un réel défi à toutes les étapes du projet. Cela est même devenu une obsession durant le montage. Ayant été monteur pendant 10 ans, j’avais des idées et des envies très précises notamment pour les scènes de sport que j’ai imaginées avec des ralentis et des accélérations, je souhaitais donner un rythme soutenu et moderne. Luc Besson est intervenu pour nous conseiller sur certaines scènes, sa bienveillance restera un très beau souvenir. Le film est amusant en partie grâce aux jeunes talents. C’est un réel plaisir de revoir le film, la manière dont ils se parlent m’amuse, leurs insultes 'affectueuses' me font rire. Entre taquineries et insultes, chacun des jeunes adopte un comportement différent pour exister au sein du groupe. Ils emploient souvent des mots très durs, dits avec une telle subtilité que cela en devient drôle. J’ai essayé de trouver le ton juste, jongler entre la fraîcheur d’un groupe de jeunes et le problème intrinsèque du personnage principal."

Comment avez-vous travaillé la mise en scène ?

V.L. : "Notre première volonté était d’offrir une image plus élégante, plus esthétique au football mais nous voulions également que le public soit au plus proche des personnages. Ainsi, nous avons travaillé avec beaucoup de caméras-épaules qui amènent de la proximité et du réalisme, néanmoins on retrouve également des scènes plus esthétiques afin de sublimer à la fois le milieu du football et celui des adolescents."

Comment avez-vous vécu le tournage avec des comédiens adolescents ?

V.L. : "Très bien ! C’était parfois un peu fatiguant pour mon équipe, mais avec moi, ils ont toujours été super et, tous, comédiens comme figurants, ont fait preuve d’une grande disponibilité. Surtout qu’une scène de groupe ou de soirée est toujours plus compliquée à tourner et dure plus longtemps, mais je pense que nous en garderons tous un bon souvenir."

 

    
   
Synopsis : "JB, jeune prodige de 16 ans, est le dernier à intégrer le centre de formation où évoluent les plus grands espoirs du ballon rond.
Entre l'amitié, la compétition, les rivalités et son attirance pour Lila, une jeune fille passionnée de street art,
JB va devoir se battre malgré le lourd secret qui pourrait l'empêcher d'atteindre son rêve."

 

Sortie (France) : 26 Juin 2013

 

À noter que l'équipe du film sera présente à la première séance de 
l'UGC Ciné Cité les Halles (Forum des Halles - Niveau -3, 75001 Paris), à 9h00 !

 

 

 

Courtesy of EuropaCorp Distribution

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