Planète Cinéphile

Cette semaine

L'AUTRE SORTIE DE LA SEMAINE : "LES AMANTS DU TEXAS"

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Beaucoup de sorties fortes intéressantes ce Mercredi pour les cinéphiles français, qui vont notamment pouvoir découvrir : "Moi & Toi" de Bernardo Bertolucci, notre autre coup de coeur de la semaine - que nous avions découvert lors du dernier Festival de Cannes - "Ma Vie Avec Liberace" de Steven Soderbergh (critique à lire ici), "Elle s'En Va" d'Emmanuelle Bercot, "Riddick" de David Twohy, "Les Miller, Une Famille En Herbe" de Rawson Marshall Thurber, "Les Invincibles" de Frédéric Berthe, sans oublier "Les Amants Du Texas" de David Lowery. "Planète Cinéphile" vous propose ci-dessous l'interview du cinéaste.


 

Qu’est-ce qui a été à l’origine du projet ?

 

David Lowery : "Mon film précédent, St. Nick, était un portrait bucolique et quasi silencieux d’un frère et d’une soeur partis de chez eux, pour vivre dans une cabane abandonnée. Cette fois-ci, je voulais faire quelque chose de radicalement différent et j’ai décidé d’écrire un film d’action. J’avais envie d’écrire un film minimaliste, une histoire de poursuite effrénée. Un type qui s’évade de prison convenait parfaitement. Mais juste après son évasion, le côté action commençait à s’évaporer et comme à mon habitude, j’étais finalement plus intéressé par les conséquences, les répercussions, le temps écoulé. Et puis il y a beaucoup de morts dans les films d’action, et dès que j’écrivais une scène décrivant la mort d’un personnage secondaire méchant dans une fusillade, je culpabilisais en me demandant pourquoi ce pauvre type en était arrivé là. Ces appréhensions m’ont paru plus intéressantes et je me suis concentré là-dessus. Au même moment, des petits éclats de ma vie personnelle se sont frayés un chemin dans le scénario. J’étais amoureux, je devais prendre d’importantes décisions qui chambouleraient ma vie et tout ceci s’est inscrit dans le scénario. Les notions controversées d’amour et de responsabilité ont pris plus d’importance dans l’histoire."

 

 

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

 

D.L. : "Je suis né à Milwaukee, dans le Wisconsin et ma famille a déménagé au Texas quand j’avais 8 ans. A la même époque, j’ai décidé que je voulais faire des films et c’est principalement ce que j’ai fait depuis. J’ai appris tout seul ce que je devais savoir pour réaliser un film. Je n’ai pas fait d’études cinématographiques (j’ai commencé des études de littérature anglaise sans jamais aller jusqu’au diplôme, tout en travaillant sur mes projets). J’ai développé une fibre artistique pour le montage et j’ai commencé à gagner ma vie en montant des films. J’écrivais des tas de choses sur le cinéma, je déterminais mes goûts. Et puis mes courts métrages ont été sélectionnés dans les festivals et j’ai obtenu une bourse pour monter mon premier long métrage, St. Nick, qui a été présenté en avant-première au festival SXSW (South by Southwest, à Austin, Texas) en 2009, puis a fait le tour des festivals du monde entier. C’est pendant cette tournée que j’ai commencé à écrire le scénario des Amants du Texas."

 

 

Parlez-nous du casting et de votre choix des acteurs.

 

D.L. : "Je n’ai pas écrit en pensant aux acteurs, ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise chose. Quand on a commencé le casting, je voulais des acteurs qui pourraient disparaître dans la texture du film, qui ne seraient pas trop modernes. J’ai choisi Rooney, Ben et Casey dès le début. C’est aussi simple que ça."

 

 

Combien de temps a duré le tournage et où avez-vous tourné ?

 

D.L. : "On a tourné pendant 6 semaines au Texas et en Louisiane."



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A quelle époque et où se situe le film ?

 

D.L. : "Le film se situe au début des années 1970 à Meridian (et ses alentours), une petite ville du comté de Bosque, au Texas. On a parcouru le Texas et on a trouvé cette ville à mi-chemin entre Dallas et Austin. J’ai adoré cette ville et son implantation dans le paysage."

 

 

Dites-nous, avec vos mots, de quoi parle le film.

 

 D.L. : "Les Amants du Texas  raconte l’amour maudit de deux hors-la-loi américains pendant la période déclinante de l’Ouest. Il parle de personnes un peu blasées qui sont usées par le temps et deviennent de vraies gens, imparfaits et perdus, et dans un contexte plus global, mais relativement mineur, le film raconte une prise de conscience qui est inversement assez épique."

 

 

Quelle est la scène que vous aimez le plus et quelle a été celle que vous avez préféré tourner ?

 

D.L. : "Ma scène préférée est quand le personnage de Ben Foster entre dans la maison et se confie à Rooney Mara. C’est un moment très personnel et les performances des acteurs, la musique et l’éclairage sont absolument en concordance. Je pourrais regarder cette scène en boucle. Quant à la scène que j’ai préférée tourner, je ne sais que vous répondre. Je serais tenté de dire la dernière scène, quand Ben passe une porte, parce que c’est la dernière scène que nous avons tournée et qu’on sentait un véritable accomplissement. Mais chaque scène a eu ses difficultés autant que ses moments de joie extrême. Les scènes d’action ont été amusantes à tourner par leur côté mécanique. Je n’avais jamais tourné de façon très précise, mais là, tout devait être minuté et parfait, chaque plan devait suivre exactement celui qui le précédait et annoncer celui qui le suivait. C’était très amusant. D’un autre coté, les scènes de dialogues (dont certaines sont très longues) étaient exaltantes ; une fois qu’on avait installé les caméras, on s’asseyait et on observait les acteurs. Quand la caméra, les acteurs et les dialogues faisaient un tout parfait, j’étais aussi heureux qu’un réalisateur peut l’être."

 


Y a-t-il des films qui vous ont inspiré pendant l’écriture du scénario ou le tournage ?

  

D.L. : "Beaucoup de films m’ont inspiré. Mais surtout John McCabe (McCabe & Mrs Miller) de Robert Altman, pour le ton et la façon dont une histoire simple connaît un revirement spectaculaire. There Will Be Blood m’a également inspiré, ainsi que les films de Claire Denis pour leur formalisme et leur surprenante chaleur. Mais avant tout, on a beaucoup puisé dans la musique. Les chansons de Bill Callahan, Bonnie Prince Billy et Joanna Newsom ont eu une place considérable dans la réalisation du film. La littérature également. Les romans de Marilyn Robinson, Chez nous (Home) et Gilead, ainsi que certains romans de Cormac McCarthy."


 

Synopsis : "Bob et Ruth s’aiment, envers et contre tout. Et surtout contre la loi. Un jour, un braquage tourne mal et les deux amants sont pris dans une fusillade. Quand Bob est emmené par la police, Ruth a tout juste le temps de lui annoncer qu’elle est enceinte. Dès lors, Bob n’aura qu’une obsession : s’échapper de prison pour rejoindre sa femme et son enfant. Mais quand il y parvient, quatre ans plus tard, le rêve correspond mal à la réalité. En fuite, poursuivi par la police et par les membres d’un gang, Bob peine à rétablir le lien avec sa famille. Ruth est devenue mère et elle ne veut pas d'une vie de cavale : courtisée par un policier attentionné, la jeune femme devra choisir entre le passé et l'avenir."


Sortie (France) : 18 Septembre 2013

 

 

 

Courtesy of Diaphana Distribution

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