Planète Cinéphile

Cette semaine

L'AUTRE SORTIE DE LA SEMAINE : "LIBRE ET ASSOUPI"

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Semaine calme avant le véritable raz-de-marée qui s'apprête à déferler, la semaine prochaine sur la Croisette, où "Planète Cinéphile" sera bien évidemment présent pour vous faire vivre de l'intérieur l'évènement cinématographique de l'année. Autant vous dire que les canettes de Red Bull sont dans les cartons ! Pour l'heure, retrouvez dans les salles obscures : "La Voie De L'Ennemi" de Rachid Bouchared, "Le Promeneur d'Oiseau" de Philippe Muyl, "Sabotage" de David Ayer, "De Guerre Lasse" de Olivier Panchot, "The Baby" de Matt Bettinelli-Olpin & Tyler Gillett, "Sarah Préfère La Course" de Chloé Robichaud, "L'Armée Du Salut" de Abdellah Taia, le documentaire "Jeune" de Christian Zerbib, la ressortie de "L'Arnaque" de George Roy Hill, sans oublier la nouvelle comédie signée Benjamin Guedj, "Libre Et Assoupi". Petites questions à Charlotte Le Bon, Baptiste Lecaplain & Félix Moati ...

 

 

Comment êtes-vous arrivés sur le projet ?

Baptiste Lecaplain : "C'est par l'intermédiaire de l'attachée de presse que j'ai rencontré Benjamin. Elle était persuadée qu'on s'entendrait bien tous les deux. Benjamin est venu me voir au Théâtre Trévise et le contact est passé tout de suite entre nous : une amitié évidente s'est créée. Il a proposé de me faire lire un scénario, mais il a fallu que je le harcèle pendant trois mois pour qu'il finisse par me l'envoyer ! (rires) Et puis, c'est lui qui s'est mis à m'inonder de SMS pour connaître mon avis. Je l'ai lu d'une seule traite et je lui ai dit tout ce qui m'avait plu et touché. Je crois qu'il était content que j'y sois aussi sensible."

Félix Moati : "Grâce au producteur Jean Cottin. Benjamin n'avait pas trop d'idée pour le personnage de Bruno. Du coup, c'est Jean, qui me connait assez bien – puisqu'il m'a même vu dormir sur son canapé – qui a donné mon nom à Benjamin. Benjamin a d'abord voulu voir Télé Gaucho pour se rendre compte de mon jeu. Puis, nous nous sommes rencontrés, et j'ai aimé sa pudeur, sa timidité, et le personnage de Benjamin m'a intéressé. J'étais également sensible au thème de la peur de l'engagement Au début, quand j'ai lu le scénario, j’avais peur d'en faire trop. Mais j'ai arrêté de me poser des questions parce que c'était une formidable opportunité pour un acteur."

Charlotte Le Bon : "Benjamin Guedj est quelqu'un de très important dans ma vie. Et notre relation s'est construite et renforcée peu à peu. On s'est d'abord rencontrés aux César, et puis on s'est retrouvés sur Astérix et Obélix : Au service de sa Majesté, et on est restés amis depuis. On partage la même fascination pour le monde de l'enfance, pour la fantaisie et le rêve. On a une relation assez poétique en fait ! Et pourtant, au départ, Benjamin ne pensait pas à moi car il se disait que le personnage était trop terne et dur pour moi. Mais je voulais vraiment bosser avec lui. Il a alors retravaillé le rôle et lui a donné un côté plus fantasque, en imaginant l'idée du journal intime par exemple."


Qu'est-ce qui vous a plu dans le scénario ?

B.L. : "Benjamin a mis une grande part de lui-même dans le scénario. C'est un type à la fois modeste et très talentueux. Cette comédie est à son image : sans prétention et sincère. C'est un film très différent des autres mais qui lui ressemble. J'étais heureux de retrouver chez Sébastien la personnalité de Benjamin. Et puis, on a tous rêvé de pouvoir se dire "aujourd'hui, je ne fais rien", et donc ce personnage fait un peu rêver. J'ai adoré l'humour absurde du film, et le comique de situation."

F.M. : "Pour ma part, c'est le langage qui m'a séduit : j'ai adoré le fait que ce soit très écrit. C'est l'anti-oralité par excellence. Il y a beaucoup de texte, et c'est très imagé. Je trouve que l'action vient du verbe, ce qui est très rare dans les comédies. Et j'ai aimé cette part de doute, propre à la jeunesse, surtout à une époque où tout va très vite : le clash entre la rapidité imposée par la société et le manque d'offres qui se présentent à la jeunesse. Et l'insolence qu'a le personnage de ne rien vouloir faire, surtout dans ces débats sur l'assistanat."

B.L. : "Le monologue qui ouvre le film est particulièrement réussi. D'ailleurs, Benjamin était souvent venu me voir sur scène pour savoir si mes phrases étaient improvisées ou pas. Or, tout est très écrit. Mais Benjamin aime bien le fait que j'apprenne mon texte, puis que je me l'approprie."

C.L.B. : "Dès la première lecture, j'ai adoré le texte et j'ai dit oui à Benjamin ! Le script mêle l'humour à la poésie, et c'est un registre très peu exploité en France. Je n'ai pas du tout jugé le personnage de Sébastien à la première lecture. En fait, il m'a décomplexée car j'ai connu des phases comme ça dans le passé : je ne savais pas quoi faire de ma vie, et je me jugeais très durement. L'injonction consistant à dire "Il faut gagner sa vie et on se définit par son travail" est un diktat qui m'a toujours agacée ! Voir un homme heureux dans une sorte d'oisiveté m'a séduite. Il n'a pas d'ambition professionnelle, ce qui ne veut pas dire qu'il n'a pas d'ambition tout court. Et j'ai immédiatement compris pourquoi mon personnage tombait amoureux de lui, même si elle est encore prisonnière de certains préjugés."


 

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Comment Benjamin Guedj vous a dirigé ?

F.M. : "J'ai harcelé Benjamin. Je voulais qu'il m'envoie trois adjectifs pour définir Bruno, correspondant à trois directions de travail. Il m'a répondu "joyeux, naïf enfantin". À partir de là, j'ai fait fonctionner l'imaginaire et nous avons beaucoup échangé. Je ne connaissais pas grand-chose à la comédie, et du coup je l'ai assailli de questions."


B.L. : "J'étais assez angoissé parce que je me demandais si Benjamin voulait retrouver en moi le Baptiste qu'il connaissait sur scène. C'est pour cette raison qu'on a démarré avec Denis Podalydès sur un ton décalé. Puis, il m'a demandé de suivre le texte. Et finalement, tout est allé très vite. Benjamin met à l'aise les comédiens et installe une ambiance super détendue sur le plateau. Je n'ai pas vu passer les 40 jours de tournage. Tout le monde, y compris les techniciens, cherchait à se dépasser et il régnait une vraie rigueur. Chacun pouvait faire des propositions car Benjamin est extrêmement ouvert et accepte toujours de réfléchir à une suggestion. Quand on travaille avec un metteur en scène bienveillant, on a envie de lui donner le meilleur de soi."

 
C.L.B. : "Benjamin m'a fait une totale confiance, ce qui m'a beaucoup touchée. D'ailleurs, il peut avoir un côté très paternel et très protecteur : parfois, je lui envoyais des SMS et je l'appelais pour me rassurer. Sur le plateau, il est constamment à l'écoute des acteurs, même si tout est très écrit. Pour autant, il y a quelques scènes improvisées, comme celle, sur le canapé, où mon personnage veut passer une soirée avec les garçons "entre mecs" : il nous a donné un canevas de départ, et on a improvisé et inventé à partir de là. Ce qui est génial avec Benjamin, c'est qu'il adore ses acteurs et qu'il nous encourage à aller dans cette direction."

 


La complicité entre vous est totale.

B.L. : "On a dîné un soir avec les acteurs et les gens de Gaumont ..."


F.M. : "… et j'étais très intimidé car je ne connaissais personne, alors que les autres se connaissaient bien ! Ça s'est très bien passé parce que j'ai été super bien accueilli."


B.L. : "Je me souviens que Félix m'avait dit un truc qui m'a rassuré "je te trouve touchant."

 
F.M. : "C'est vrai que s'il y a un truc qui me touche chez les humoristes, c'est leur incertitude et leurs doutes."


C.L.B. : "Je connaissais Baptiste depuis un an : je suis une fan inconditionnelle de son travail sur scène ! Il est l'un des rares de sa génération à faire ce qu'il fait : il déploie des trésors d'énergie et c'est une machine à blagues ! Sur un tournage, il est très drôle, ce qui allège tous les moments qui peuvent être un peu gênants ou inconfortables. Il me fait aussi une confiance monstre, ce qui m’aidait beaucoup dans mes moments de doutes. J'ai rencontré Félix un mois avant le tournage : il m'a touchée parce qu'il a apporté son propre ton au personnage. Il est fascinant car il cherche son rythme, au fur et à mesure, alors qu’au final, il est toujours d'une très grande justesse. Il est très peu sûr de lui et il avait parfois peur de ne pas être à la hauteur de l'humour de ses partenaires. Je me retrouve beaucoup en lui. On avait parfois des blagues à dire tous les deux et on demandait à Benjamin de nous aider à nous les approprier."


 

 

Courtesy of Gaumont Distribution

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