Planète Cinéphile

Cette semaine

PLANÈTE CRITIQUE : "QU'EST-CE QUE QU'ON A FAIT AU BON DIEU ?"

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Synopsis :

 

"Claude et Marie Verneuil, issus de la grande bourgeoisie catholique provinciale sont des parents plutôt "vieille France". Mais ils se sont toujours obligés à faire preuve d'ouverture d'esprit ... Les pilules furent cependant bien difficiles à avaler quand leur première fille épousa un musulman, leur seconde un juif et leur troisième un chinois. Leurs espoirs de voir enfin l'une d'elles se marier à l'église se cristallisent donc sur la cadette, qui, alléluia, vient de rencontrer un bon catholique."

 

Sortie (France) : 16 Avril 2014

 

 

Critique :

 

Réalisé et écrit par Philippe de Chauveron, connu pour ses deux adaptations de la bande dessiné "Ducobu". Appuyé par une campagne de promotion gargantuesque, nous ramenant au temps des "Ch'tis", "Qu'Est-Ce Qu'on A Fait Au Bon Dieu ?" réalise un démarrage sur les chapeaux de roue (1 120 000 entrées en 5 jours, second meilleur démarrage 2014).

 



Le film parle d'un couple de catholique (incarné par Christian Clavier et Chantal Lauby) dont trois de leurs quatre filles ont célébré un mariage mixte (avec un musulman, un juif, et un français d'origine chinoise). Ces trois mariages donnant du fil à retordre à leurs valeurs et leur racisme en demi-teinte, ils espèrent que leur dernière fille épousera enfin un français catholique.



 

Une thématique actuelle avec une éthique factice :

 croyant s'amuser avec la brûlante "banalisation du racisme" pour au final glorifier la mixité culturelle de la France, "Qu'Est-Ce Qu'on A Fait Au Bon Dieu ?" nous ment. Ce film est une blague carambar que l'on mâchouille difficilement pendant plus d'1h30.

 

 

Les personnages y sont réduits à leur simple statut communautaire et leurs caractères collent au cliché qui leur correspond. Ils ne deviennent plus des caractères humains potentiellement complexes, ils deviennent des symboliques ... Les incarnations à l'écran des fameux personnages des blagues : "C'est l'histoire d'un arabe, d'un juif, et d'un chinois". Et ce constat seul, suffit à montrer l'échec de Chauveron dans sa tentative de faire une comédie "humaine".



 

Le ressort humoristique de ce film ne tient qu'à un principe : l'humiliation de l'autre. Tout au long du film les personnages se traitent de voleur, pingre, envahisseur, etc. Et tout cela pour nourrir le rire gras du spectateur. Mais voulant faire une comédie humaine ET humaniste Chauveron va se protéger de ces ressorts humoristiques douteux, et faire s'excuser les personnages. Ainsi, après chaque "vanne-insulte raciste" les personnages exprimeront un joyeux : "je plaisantais" ! Le spectateur assiste alors pendant tout le début du film à un déferlement de vannes qui sont immédiatement excusées.


 

Avec ce procédé, Philippe de Chauveron, ne dénonce pas le racisme mais l'approuve tout au long de son film. "Après tout", semble-t-il dire, "Nous pouvons nous amuser à dire toute sortes d'insanités de façon répétitives, tant qu'à chaque fois on s'excuse"

. Dans cette écriture molle et monochromatiquement humoristique, Philippe de Chauvron montre une fois de plus au grand public qu'il n'est pas assez intelligent pour rire d'un humour instructif ou voir même profondément subversif.

 

 

Note :     (0.5/5)

 

 

 

Remerciements à Kévin (Director's Cut)

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