Planète Cinéphile

Cette semaine

REFLEXIONS CINEPHILES : "LE BLOGUEUR-CRITIQUE"

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Quoi de tel pour bien débuter cette nouvelle saison 2013-2014 qu’un peu de réflexions cinéphiles. En cette rentrée, je souhaitais vous parlez de mon rôle de rédacteur en chef du site et plus particulièrement celui de blogueur-critique de cinéma et de séries TV. Aussi évident que cela puisse paraître, un blogueur-critique de cinéma n'est pas un blogueur comme un autre, tout comme un critique n'est pas un journaliste comme un autre. Ce qui me conforte à penser cela c'est ce ressenti d'inégalité, d’instinct que quelque chose dans l’ère du temps avait changé.

   

  Pas plus tard que cette semaine, sur le réseau social Twitter (@planetecine), je découvre des blogueurs-critiques dans le même état d’esprit que le mien. Je décide tout naturellement d'en parler et d’ouvrir une sorte de "débat" à propos du rôle qu’est actuellement le nôtre, celui de blogueur-critique français.

 

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Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je découvris que le sujet intéressait et concernait de nombreuses personnes, blogueurs, journalistes, critiques se retrouvant à RT mon tweet, allant même pour certains dans mon sens ! Prenant conscience d’une véritable problématique et face aux nombreux questionnements, je décide d’y revenir un peu plus longuement ici, et pourquoi pas d'élargir le débat à travers la toile. Je n'ai aucune idée d'où cela peut bien nous mener, mais l'essentiel étant d'avancer - Ayons le mérite de cette réflexion !


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  A y voir de plus près, tellement de questions, tellement de flou autour de l’activité du blogueur-critique de cinéma ! Il me semble légitime pour un blogueur-critique de se poser les bonnes interrogations.

 

Qu'est-ce qu'un critique aujourd’hui, et notamment à l'heure d'internet et des réseaux sociaux ? Qu’est-ce qui fait un critique de cinéma : sa cinéphilie ? Sa plume ? Son e-reputation ? Un critique serait-il plus légitime qu'un blogueur-critique ?

 

Qu’est-ce qu’un blogueur aujourd’hui ? Un blogueur peut-il se déclarer critique de cinéma ? Si oui, pourquoi ne pourrait-il pas être reconnu critique ? Pourquoi n’a t-il aucun statut comme le véritable critique ? Pourquoi pour une même activité, certains ont des avantages que n’ont pas les autres ? Quel est exactement la place du blogueur-critique dans le contexte économique actuel ?

   

N'ayant pas la science infuse, je ne peux malheureusement pas répondre à l'ensemble de ces questionnements qui me trotte dans la tête depuis un petit bout de temps. Quelques éclaircissements et pistes de réflexions que je souhaiterai apporter cependant.

 

Fondamentalement, ce qui est gênant c’est la valeur intrinsèque à notre activité car si le blogueur-critique de cinéma n’a aucun statut, aucun salaire, comme peu l’être le journaliste, alors quel est-il ? Ou plutôt qui est-il ? Je veux dire nous produisons un travail - quel en est sa valeur ? Nous ne sommes pas journalistes, nous ne sommes pas professionnels, mais nous faisons parti du système sans en faire vraiment parti. En témoigne depuis plusieurs années nos invitations aux projections presse, aux avants-premières ainsi qu'aux festivals. Sauf qu'un blogueur-critique de cinéma c'est plus qu'un simple blogueur. Oui. La quasi-majorité des professionnels qui font appels à nos "services" ne doivent quasiment rien savoir de ce qu’est un blogueur-critique, et n'ont probablement jamais véritablement réfléchi au sujet, mais continuent pourtant à être les seuls à s’en approprier les bénéfices. Paradoxalement, on ne peut pas cracher sur les agences de presse et les distributeurs qui depuis quelques années s'ouvrent à internet et font un travail formidable en coopération avec le blogueur-critique. Situation assez ambigue sur le fond - il faudrait que le "deal" soit plus clair, la collaboration davantage rapprochée, d'où l'intérêt d'une discussion à ce sujet.

 

Car si le blogueur-critique n'est professionnellement et administrativement pas reconnu, force est de constater que son rôle doit sûrement être de vendre de l’espace publicitaire à titre gratuit. J'ose le croire mais, objectivement, pire qu'un stagiaire (qui est dédommagé), le blogueur-critique de cinéma n’est pour l'heure rien d’autre qu’un serviteur 2.0. Alors, j'en entends déjà certains s’esclaffer et beugler : « Et la liberté de penser ! Et la passion ?! » Chers amis, la véritable liberté serait de ne plus pouvoir continuer à écrire ce que vous êtes en train de lire - ce n'est pas le sujet. Aussi, la passion n’excuse pas tout. Au-delà de l'amour du septième art, qui n'est plus à prouver sur Planète Cinéphile, il s’agit de véritables modèles économiques pour les distributeurs et les grands studios. Dois-je rappeler qu’en moyenne, la moitié du budget total d’un blockbuster hollywoodien qui sortira à l’international est dedié à sa publicité et son marketing.


S'interroger sur la définition de l’activité du blogueur-critique de cinéma permettrait de déterminer un statut particulier, de continuer à se rapprocher des professionnels du domaine cinématographique et de la communication ainsi que de limiter certains excès.

 

Si vous trouvez cette réflexion louable et pensez qu'un blogueur-critique est critique avant d'être blogueur, qu'un blogueur-critique peut devenir critique ou qu'un blogueur-critique de cinéma peut être complémentaire au critique de cinéma, faites en nous part. Par la suite, comment verriez-vous les choses ? Préféreriez-vous faire circulez une pétition, écrire un texte à plusieurs et l’envoyer au Syndicat Français De La Critique De Cinéma ? D'autres propositions ? 

                                                                   

N’hésitez pas à témoigner, apporter votre soutien, vos idées ou observations, de façon à faire avancer le débat et de façon à ce que chacun puisse amener sa pierre à l’édifice. Je publierai à la suite de ce texte les remarques les plus pertinentes (contact@planete-cinephile.com).

 

 

 

 

Courtesy of Orange & TPS Star

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