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"UNE AUTRE MER, UN AUTRE PERE" - THEODOROS ANGELOPOULOS (1935-2012)

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"Il y a des cinéastes, artistes visionnaires et penseurs, que l'on oubliera jamais : Bergman, Fellini, Kubrick, Piala. Theo Angelopoulos est un de ceux-là ..."


Le réalisateur grec est décédé Mardi soir à l'âge de 76 ans, d'une hémorragie interne dans un hôpital près du Pirée, où il avait été admis après avoir été renversé par un motard dans la rue, a-t-on appris de source hospitalière.

 

"Il avait été admis dans l'unité des soins intensifs, il souffrait de graves blessures crâno-encéphaliques, d'hémorragie interne, de plusieurs fractures partout, au thorax, au bassin, à son pied droit et son bras gauche", a indiqué à l'AFP Georges Géorgiades, directeur de l'unité des soins intensifs de la clinique privée Metropolitan. "Il a même subi des arrêts de coeur au cours de son hospitalisation avant d'être admis dans la salle d'opération (...) mais finalement il a succombé à ses blessures", a ajouté M. Géorgiades. Angelopoulos avait été transféré à un hôpital du Pirée Mardi vers 17H30 GMT, après avoir été grièvement blessé par un motard alors qu'il était en train de traverser le périphérique près de la banlieue de Kératsini au Pirée, port proche d'Athènes. Il a succombé à ses blessures quatre heures plus tard, vers 21H40 GMT.


Lors de l'accident, il était en train de tourner son dernier film, "L'Autre Mer". Theo Angelopoulos se signale dès son premier long métrage, "La reconstitution" (1970), avec un style et une démarche idéologique originaux dans le contexte du cinéma grec. Il filme ensuite une vaste trilogie sur l'histoire de la Grèce contemporaine : "Jours de 36" (1972), "Le voyage des comédiens" (1975) et "Les chasseurs" (1977) retiennent l'attention de la critique internationale. L'auteur y dessine une oeuvre didactique et engagée, qui propose un examen de l'histoire grecque et démonte les mécanismes de la dictature des Colonels. Films d'une grande rigueur formelle et d'une complexité qui déroute souvent le public, ils captivent le regard par leur usage de longs plans séquences jouant sur l'espace et le temps. L'analyse psychologique individuelle en est quasiment absente au profit de l'étude de groupes sociaux."Alexandre le Grand" (1981) est davantage une réflexion sur l'idéologie, s'appuyant sur le portrait d'un brigand grec dont le destin de héros populaire puis de tyran n'est pas sans rappeler celui de Staline. Le cinéaste poursuit son oeuvre de démythification avec "Voyage à Cythère" (1984), histoire cruelle et amère d'un vieux combattant communiste de la guerre civile exilé en URSS et qui s'en retourne dans sa mère patrie. Dans ce film, l'inspiration d'Angelopoulos se déplace et s'attache désormais à la quête intérieure de personnages désenchantés. Ainsi "L'apiculteur" (1986) et "Le pas suspendu de la cigogne" (1990), films pessimistes sur les incertitudes de cette fin de siècle, dont Marcello Mastroianni est la figure principale. Theo Angelopoulos trouve la consécration avec "Le regard d'Ulysse" (1995) qui donne en plusieurs tableaux somptueux une allégorie de l'histoire des Balkans, jusqu'à la ville martyre de Sarajevo. Il obtient la consécration en 1998 au Festival de Cannes avec "L'éternité et un jour, qui remporte la Palme d'Or et, dont nous vous proposons le visionnage. 

 

 

 

Courtesy of AFP & La Cinémathèque Française

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