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BACK 2 CLASSICS: "MOSQUITO COAST" (1986)

BACK 2 CLASSICS: "MOSQUITO COAST" (1986)

L'australien Peter Weir a, dans sa filmographie, quelques oeuvres mémorables. Citons, par exemple: "Le cercle des poètes disparus", "The Truman Show", "L'année de tous les dangers" ou "Witness". Il a également à son tableau de chasse quelques films qui marquèrent moins les mémoires, comme le délicieux "Green card" ou "Mosquito Coast". Ce dernier, tourné dans la foulée de "Witness", avec dans le premier rôle Harrison Ford, à l'époque au sommet de sa gloire, fait partie de ses échecs commerciaux et critiques. A le revoir aujourd'hui, on peut se poser la question: cet insuccès était-il mérité?

 

Allie Fox, inventeur de génie et idéaliste passionné, n'en peut plus de ce qu'est devenu le rêve américain. Un jour, il décide de quitter les Etats-Unis et d'aller s'installer, avec femme et enfants, au cœur de la jungle du Honduras, pour y retrouver la vraie vie. Là, tel des Robinson modernes, la famille Fox va tenter de commencer une nouvelle vie. Cependant, cette nouvelle existence est loin d'être sans dangers.

 

"Mosquito Coast" n'est sans doute pas le plus grand film de Peter Weir, mais il porte néanmoins nombre de thèmes forts. Tiré du roman de Paul Théroux, qui participa d'ailleurs à l'écriture du scénario aux côtés du grand Paul Schrader, "Mosquito Coast" résonne un peu plus fort, près de trente ans après sa sortie. La colère d'Allie Fox face à ce qu'est devenu son pays et, par extension, le monde en général, est communicative. Lorsqu'il va jusqu'au bout de ses idées et décide de jeter les bases d'une nouvelle civilisation, entraînant dans sa croisade sa femme et ses trois enfants, on peut se prendre à l'encourager, parce qu'il réalise le rêve de bien de bon nombre d'entre nous.

 

BACK 2 CLASSICS: "MOSQUITO COAST" (1986)

C'est là la grande force de "Mosquito Coast", que de faire partager au spectateur l'enthousiasme de son héros, sous l’œil admiratif, puis critique de son fils aîné. Remarquable observateur, Peter Weir pose un regard sur le parcours de la famille Fox sans cependant juger leur expérience, laissant au spectateur le soin de se positionner. Il fut un temps, semble-t-il, où le contenu des films n'était pas pré-mâché et où les metteurs en scène faisaient confiance au public pour aborder leurs œuvres sans en livrer toutes les clés.

 

En plus de la remarquable réalisation de Weir et d'une très belle bande originale signée Maurice Jarre (excusez du peu !), le film est sublimé par des acteurs remarquables. Harrison Ford, qui aurait à l'époque pu se contenter de surfer sur ses rôles les plus connus (Indiana Jones et Han Solo, pour ne citer qu'eux), donne toute l'étendue de son immense talent, en incarnant un personnage tour à tour admirable et détestable, et a rarement été aussi bon. Face à lui, on notera l'immense Helen Mirren et le regretté River Phoenix (qui retrouvera d'ailleurs Ford dans le troisième volet des aventures d'Indiana Jones, avant de disparaître prématurément).

 

L'interprétation habitée de Harrison Ford (dont ce film est souvent considéré comme étant son préféré) n'y fit rien: "Mosquito Coast" fut boudé par le public et massacré par pas mal de critiques. Avec le recul, on peut regretter que ce film n'ait pas rencontré le succès en son temps. Il n'est pas trop tard pour entendre le message qu'il portait alors: il est toujours d'actualité. D'autant plus, avec l'adaptation en série télévisée (Apple TV+) diffusée depuis fin avril, avec Justin Theroux dans le rôle principal.

 

Remerciements à Laurent de "Deuxième Séance" & Warner Bros. Pictures

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