Planète Cinéphile

Cette semaine

PLANETE CRITIQUE : "L'ECUME DES JOURS"

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Synopsis :

 

"L’histoire surréelle et poétique d’un jeune homme idéaliste et inventif, Colin, qui rencontre Chloé, une jeune femme semblant être l’incarnation d’un blues de Duke Ellington. Leur mariage idyllique tourne à l’amertume quand Chloé tombe malade d’un nénuphar qui grandit dans son poumon. Pour payer ses soins, dans un Paris fantasmatique, Colin doit travailler dans des conditions de plus en plus absurdes, pendant qu’autour d’eux leur appartement se dégrade et que leur groupe d’amis, dont le talentueux Nicolas, et Chick, fanatique du philosophe Jean-Sol Partre, se délite."

 

Sortie (France) :  24 Avril 2013


 

Critique :

 

Il s‘agit ici de la seconde adaptation cinématographique du roman de Boris Vian, après la version de 1968, réalisée par Charles Belmont. Cette relecture étant, par ailleurs, la première fiction intégralement française réalisée par Michel Gondry. Ce dernier avait effectivement déjà tourné à Paris, pour le film "La Science Des Rêves"  où il dirigeait notamment Charlotte Gainsbourg et Alain Chabat, mais cependant une partie du film était tourné en anglais. Comme beaucoup d’entre vous, j’étais vraiment impatient de voir le résultat et je peux vous assurer que l’attente fut à la hauteur de mes  espérances les plus folles ! "L’Ecume Des Jours" revu et signé par Gondry est tout bonnement son film le plus abouti en terme de réalisation (peut-être également le plus personnel), un cadeau cinéphilique estampillé Made In France comme on n’en voit que très rarement de nos jours et, je pense avec le temps, un futur chef-d’oeuvre du cinéma français.

 

Pendant près de deux heures, l’auteur du déjà très puissant "Eternal Sunshine Of The Spotless Mind", sorti en 2004, nous livre un bouquet final continu d’enchantement audio et visuel qui mêle, tour à tour : Joie et Mélancolie / Poésie & Littérature / Artisanat & Industriel / Couleur & Noirceur. Une ode créatrice et inventive, à la limite de l’expérimentale, qui remixe avec succès l’une des plus grandes œuvres littéraire du siècle passé, le tout servi par un casting 5 étoiles qui s’impose de lui-même. Une adaptation certes non fidèle au roman original, et sur de nombreux points, mais une adaptation réussie grâce à une vision à la fois ingénieuse et mystérieuse (qui tient de la catharsis). En y regardant de plus près, on reste également stupéfait du travail conséquent de la vraie technique cinématographique qui sait s’effacer au profit de la fantaisie poétique opérée par le film. Une lumière naturelle et un cadre souvent fixe signés du chef-opérateur Christophe Beaucarne, juste ce qu’il faut pour ne pas les remarquer en soit. Pour résumer, la forme qui laisse place au fond celui-ci pourtant plus formel que son fond formel.

 

Vous l’aurez compris, "L’Ecume Des Jours" est un objet filmique multi-trips, où l’on se plaît, par exemple, à reconnaître d’excellents seconds couteaux tels que Vincent Rottiers, Laurent Lafitte & Zinedine Soualem, à réinventer en version suédée "L’Atalante" de Jean Vigo, à trafiquer les véhicules automobiles dont on ne saurait reconnaître l’avant de l’arrière; également où l’on donne à voir plusieurs clins d’yeux au classique "Chien Andalou" de Buñuel ou encore l’on se plaît à citer de nombreux anachronismes autoréférencés – qui ne sont en vérité pas anachroniques puisqu’il s’agit d’un Paris temporellement indéterminé (Alain Chabat & Sacha Bourdo que l’on avait déjà vu dans "La Science Des Rêves" , Les survêts avec les trois bandes Adidas des enfants que l’on retrouve dans le vidéo-clip des Dafts "Around The World" ou la bande originale composée par Etienne Charry, ancien membre du groupe Oui-Oui). Un Gondry multi facette donc, telle une boule disco dont les reflets nous embarqueraient pour un voyage spatio-temporel, oscillant sur les flots d’une nouvelle vague surréalistico-existentialiste actuelle.

 

Référence à une french-touch riche de sens, essentiellement emprunte au 20ème Siècle et dont nous nous devons de citer les influences artistiques de : Georges Méliès, Maurice Ravel, Agnès Varda, Jacques Demy, Raymond Queneau, Marcel Carné , Serge Gainsbourg, François Truffaut, Michel Legrand, Cédric Klapisch, Jacques Prévert, Jacques Tati , Jean Cocteau, Boris Vian, Jean Vigo, Erik Satie, Jean-Paul Sartre, Claude Nougaro, Marcel Duchamp, Chris Marker, André Breton, Alain Resnais, Jean-Paul Sartre, Cassius ou encore Jean-Pierre Jeunet. Effectivement, tout cela n’est pas sans rappeler l’époque où un certain "Fabuleux Destin d’Amélie Poulain" sortit en salles, peu de temps avant l'ouverture de la 54ème édition du Festival de Cannes, un 25 Avril 2001 pour être précis, avec à son affiche une encore toute jeune comédienne découverte dans "Vénus Beauté (Institut)", appelée Audrey Tautou et qui allait alors enchanter plus de 32 Millions de spectateurs à travers la planète. Pour ma part, chers amis, je retournerai avec joie, visionner "L’Ecume Des Jours" lors de sa sortie en salles le 24 Avril prochain ! 

 

 

 

 

 

Courtesy of StudioCanal

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