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RÉTROSPECTIVE JULIEN DUVIVIER À LA FONDATION JÉRÔME SEYDOUX-PATHÉ

RÉTROSPECTIVE JULIEN DUVIVIER À LA FONDATION JÉRÔME SEYDOUX-PATHÉ

Il voulait devenir comédien et a été cinéaste. Julien Duvivier prend une caméra à l'âge de 23 ans et ne la lâchera plus. De 1919 à 1930, il réalise 22 films muets. Quatorze d'entre eux seront mis en lumière par la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé. Oeuvres rares à la mise en scène exceptionnelle, ces pépites du septième art seront accompagnées au piano par les musiciens issus de la classe d'improvisation de Jean-François Zygel (Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris).

 

C'est après la Grande Guerre que Julien Duvivier entreprend l'écriture, la réalisation et le montage de son premier long métrage: "Haceldama" (1919). Esthétiquement, le film a l'ambition d'un western américain magnifié par les paysages de la Corrèze. Témoignage d'une profonde sensibilité pour les prises de vues en plein air, le premier film de Duvivier atteste d'une importance particulière accordée aux scènes d'extérieurs qui deviennent alors un élément dramatique central.

 

En 1922, il écrit le scénario de son nouveau projet tourné à Nice et ses alentours. "Le Reflet" de Claude Mercoeur (1923) explore le thème du double que Duvivier revisitera et déclinera tout au long de sa carrière. À sa sortie, le film est un véritable succès et marque le départ de nombreuses collaborations entre le cinéaste et l'acteur Gaston Jacquet.

 

L'année suivante, Julien Duvivier réalise "Credo ou la Tragédie de Lourdes". Il se rend in situ pour filmer les lieux saints et va même jusqu'à reconstituer une scène de pèlerinage dans les rues de Nice. Suivront "L'Agonie de Jérusalem" (1927) dont quelques scènes, par souci d'authenticité, ont été réalisées en Palestine, et "La Vie miraculeuse de Thérèse Martin" (1929) d'après le récit de Sainte Thérèse de Lisieux, béatifiée et canonisée en 1925.

 

RÉTROSPECTIVE JULIEN DUVIVIER À LA FONDATION JÉRÔME SEYDOUX-PATHÉRÉTROSPECTIVE JULIEN DUVIVIER À LA FONDATION JÉRÔME SEYDOUX-PATHÉ

Réalisateur prolifique et éclectique, il coréalise avec Henri Lepage l'un des premiers documentaires sur le cinéma depuis ses origines (La Machine à refaire la vie). Ensemble, ils le complèteront au fil des ans en ajoutant des extraits de films plus récents jusqu'à sa sonorisation en 1933, avant qu'Henri Lepage opère un remontage dans les années 1940. Cette dernière version sera montrée lors de cette programmation.

 

En 1925, Lepage est nommé assistant sur l'adaptation cinématographique de "Poil de Carotte". Oscillant entre perfidie et sensibilité, cette œuvre littéraire s'accorde à l'univers de Duvivier, qui en réalisera deux versions, l'une muette et l'autre parlante. Dans la première, programmée dans ce cycle, il modifie quelque peu la trame initiale du récit, innove et propose des cadrages audacieux dont une déclinaison de champ-contrechamp.

 

En 1930, Julien Duvivier transpose "Au Bonheur des Dames" d'Émile Zola et c'est l'actrice allemande Dita Parlo qui prête ses traits à Denise Baudu, nouvelle recrue d'un grand magasin parisien. Tourné en grande partie dans les Galeries Lafayette, le cinéaste capture des plans d'un Paris effervescent en dissimulant une caméra qui lui permet de suivre l'arrivée de Denise à la capitale depuis la Gare Saint-Lazare.

 

À l'avènement du cinéma parlant, Julien Duvivier s'approprie les nouvelles méthodes liées à cette révolution technique. Entouré de fidèles, comme Armand Thirard, directeur de la photographie de nombreux de ses long métrages muets, Duvivier continue d'explorer la complexité du langage cinématographique et, ainsi, de sonder l'âme humaine avec mélancolie ("La Fin du jour", 1939) et noirceur ("Voici le temps des assassins", 1956).

 

Également au programme : "L'Homme à l'Hispano" (1926), "Le Tourbillon de Paris" (1928), "La Divine croisière" (1929) et "Maman Colibri" (1929).

 

Plus d'infos: www.fondation-jeromeseydoux-pathe.com

 

RÉTROSPECTIVE JULIEN DUVIVIER À LA FONDATION JÉRÔME SEYDOUX-PATHÉ

Courtesy of Institut Lumière et Pathé avec la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé - Droits réservés

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